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    Papillons en liberté

    Un ballet volant soigneusement orchestré

    Chaque matin, les techniciens recueillent les quelque 200 à 300 papillons qui viennent d’éclore dans la pouponnière et les relâchent dans la grande serre.
    Photo: André Sarrazin, Espace pour la vie Chaque matin, les techniciens recueillent les quelque 200 à 300 papillons qui viennent d’éclore dans la pouponnière et les relâchent dans la grande serre.
    Concert visuel
    En marge de cette rencontre avec les papillons, les jeunes visiteurs de huit ans et plus sont conviés à un concert visuel qui se veut une métaphore poétique du cycle de vie des papillons. Produit par le Moulin à musique, Au rythme des papillons est une création du compositeur Georges Forget et de l’artiste visuelle Eugénia Reznik. Sur scène, une violoniste et une claviériste donnent vie à l’œuf, à la chenille, à la chrysalide et au papillon par leur gestuelle et leur musique mixte qui marie partition instrumentale et sons électroacoustiques. La magie atteint son point culminant quand la chrysalide accouche d’un papillon multicolore qui, après avoir déployé ses ailes, prend lentement son envol grâce à l’élan que lui donnent la violoniste par ses tractions et la claviériste par sa musique. En photos, c'est par ici: http://bit.ly/1d9U77i

    Le concert musical aura lieu à l'auditorium Henry-Teuscher du Jardin botanique:
    20, 21, 22, 27, 28 février et 1er, 6, 7, 8 mars 2014

    Papillons en liberté
    20 février au 27 avril 2014
    Jardin botanique de Montréal
    Depuis jeudi, plus de 2000 papillons appartenant à près de 75 espèces provenant de huit pays différents virevoltent dans la grande serre du Jardin botanique de Montréal, pour le bonheur des petits comme des grands. Cet événement toujours aussi magique malgré ses 17 ans d’existence résulte d’un délicat travail de préparation que quelques médias, dont Le Devoir, ont été invités à observer.

    Pour rassembler autant de papillons, l’Insectarium de Montréal achète des chrysalides de fermes d’élevage équitables situées au Costa Rica, au Salvador, au Kenya, en Malaisie, aux Philippines, en Tanzanie et aux États-Unis. La chrysalide sera justement la vedette de cette 17e édition de Papillons en liberté. Informe et immobile, la chrysalide paraît inanimée, pourtant elle est le siège d’une extraordinaire métamorphose. « Il s’agit d’une étape du cycle de vie qui est encore empreinte de mystère. Même les scientifiques cherchent encore à comprendre ce qui se passe durant cette étape où se développent tous les organes du papillon, y compris ses ailes », explique Sonia Charest, la responsable des programmes publics et éducatifs à l’Insectarium.

    Tout commence toutefois par l’œuf qu’un papillon femelle pond sur une plante particulière, comme le goyavier, la lime de Tahiti ou l’asclépiade, qui servira de nourriture à la chenille que deviendra cet œuf. Véritable machine à dévorer, la chenille peut atteindre, à la suite de plusieurs mues, jusqu’à 2700 fois son poids à sa naissance. À la fin de son dernier stade, la chenille tisse au bout de son abdomen un coussinet de soie qui lui permettra de se fixer à une branche ou à une feuille où elle expulsera son exosquelette, dévoilant alors la chrysalide, une structure sans tête ni bouche pour se nourrir, mais qui respire grâce à de petites perforations dans l’exosquelette. Pendant 10 jours, voire plusieurs mois pour certaines espèces, se développent ensuite sous l’influence hormonale les muscles du vol, le système digestif, le cœur, le système reproducteur.

    Dès leur arrivée à l’Insectarium, les chrysalides sont accrochées sur des plaques de cèdre de telle sorte qu’elles se retrouvent dans la position qu’elles adopteraient dans la nature, qui pour la plupart est la tête en bas. « Depuis 15 ans, nous avons raffiné nos techniques d’accrochage afin de favoriser l’éclosion », précise Mme Charest. Un pistolet à colle chaude est utilisé pour fixer le coussinet de soie des chrysalides de Morphos blancs (Morpho polyphemus) et de papillons-chouettes (Caligo) sur les plaques de cèdre, qui sont ensuite introduites dans des cages pouponnières maintenues dans l’obscurité et une atmosphère humide. « Les Papillonidæ qui préfèrent demeurer la tête en haut se tissent un ceinturon qui les maintient dans cette position. Mais à leur arrivée à l’Insectarium, le ceinturon a généralement disparu, on refait donc une charnière en papier que l’on colle à la planche », explique Pierre Veilleux, technicien à l’Insectarium de Montréal.

    Fragiles chrysalides

    Au cours de l’événement Papillons en liberté, près de 18 000 chrysalides sont ainsi accrochées une à une, et entreposées jusqu’à leur éclosion. « Entre 75 et 90 % des chrysalides se rendent à l’éclosion dans les pouponnières de l’Insectarium, où il n’y a pas de prédateurs, alors que dans la nature, le rendement n’est que de 10 à 30 % », souligne Maxim Larrivée, chef des collections entomologiques et recherches. Extrêmement vulnérables, les immobiles chrysalides usent souvent de camouflage pour passer inaperçues dans la nature. La chrysalide du Morpho blanc est d’un vert identique à celui du feuillage de la forêt tropicale, tandis que celle du Caligo ressemble à une feuille morte. Les chenilles de papillons de nuit s’enveloppent quant à elles d’un cocon de soie qui fournira une protection supplémentaire à la chrysalide.

    Chaque matin, les techniciens recueillent les quelque 200 à 300 papillons qui viennent d’éclore et les relâchent dans la grande serre du Jardin botanique, où ils vivront de deux à cinq semaines. « Parfois, quand le papillon a du mal à sortir de la chrysalide, nous procédons à une sorte de césarienne. Nous pratiquons des entailles dans la chitine de la chrysalide afin que le papillon réussisse à s’extraire et que l’hémolymphe [le sang] envahisse le système de tubulures qui parcourt ses ailes et qui leur permet de se déployer. Avant de prélever les papillons, nous attendons quelques heures, le temps que les ailes sèchent », fait remarquer M. Veilleux.

    Une fois libérés dans la grande serre, les papillons n’auront qu’un but en tête : s’accoupler. C’est pourquoi les techniciens ramassent régulièrement les œufs que les femelles ont pondus sur les feuilles de goyavier, de lime de Tahiti et d’asclépiade pour éviter qu’elles ne soient dévorées par les chenilles qui émergeront de ces œufs. Et comme tout cycle de vie se termine par la mort, on ramasse chaque matin les cadavres et on les incinère.
    Chaque matin, les techniciens recueillent les quelque 200 à 300 papillons qui viennent d’éclore dans la pouponnière et les relâchent dans la grande serre. Les chrysalides verront le jour dans les pouponnières de l'Insectarium. Elles seront ensuite transférées dans la grande serre du Jardin botanique. Les chrysalides verront le jour dans les pouponnières de l'Insectarium. Elles seront ensuite transférées dans la grande serre du Jardin botanique. Les chrysalides verront le jour dans les pouponnières de l'Insectarium. Elles seront ensuite transférées dans la grande serre du Jardin botanique. Monarques Morpho Idea Leucone












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