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Technologie: Des visionnaires tendent la main à l'industrie du disque et à ses créateurs

Michel Dumais   3 novembre 2003  Science et technologie
Plusieurs intervenants du monde des nouvelles technologies, dont l'auteur de ces lignes qui sera animateur, tendent la main aux dirigeants de l'industrie du disque et aux artistes pour trouver des solutions au problème actuel du piratage et de la multiplication des canaux d'échange de fichiers numérisés. Nul doute que les idées qui seront mises sur le tapis seront audacieuses. Que répondra le milieu du disque ?

Interrogez les personnes travaillant dans le milieu des technologies, et presque toutes vous diront que les problèmes auxquels est confrontée l'industrie du disque étaient prévisibles. Que l'industrie ne soit pas d'accord, soit. Un fait demeure, le génie numérique est sorti de sa bouteille, et croyez-moi, il n'a pas du tout l'intention d'y revenir.

De même, la quasi-totalité des personnes oeuvrant en technologies vous le diront : l'enjeu principal pour l'industrie du disque n'est surtout pas la technologies, c'est tout bête, mais quelle que soit la solution technique imaginée par l'industrie pour limiter la reproduction et l'échange de fichiers numérisés, elle se verra contrecarrer par une parade le lendemain.

Que faire ?

Alors, on fait quoi ? Les deux mondes peuvent continuer de se regarder comme chiens de faïence et s'accuser mutuellement de tous les maux. Et pendant ce temps, l'échange illégal de fichiers continue à se répandre à et gagner toutes les couches d'âges de la population. Évidemment, il y a bien une autre solution...

Faisant fi du passé, les « nerdz » passent à l'action. Enfin, peut-on appeler « nerdz » des spécialistes comme Jacques Nantel, titulaire de la chaire de commerce électronique aux HEC, Michel Cartier, professeur de communications et visionnaire en NTIC, Philippe Le Roux de VDL2, stratège Internet et spécialiste en veille technologique, Monique Savoie, fondatrice et directrice de la Société des arts technologiques (SAT) et sa bande de créateurs-innovateurs, Karym Benyekhlef du Centre de recherches en droit public (CRDP), Carl-Frédéric Decelles, économiste de formation et fondateur d'Ixmédia, une boîte Internet de Québec, René Barsalo, fondateur du défunt Forum des Inforoutes et Multimédia et spécialiste lui aussi en commerce électronique et j'en passe.

Bref, toutes ces personnes tendent la main aux créateurs et aux producteurs de l'industrie du disque d'ici pour une rencontre, qui aura lieu le 10 janvier prochain, dans les locaux de la SAT. Une rencontre de type « grassroots », au ras des pâquerettes, sans qu'il soit question de politique, où le corporatisme sera absent. Une rencontre où seront abordés les intérêts collectifs de cette industrie. Une rencontre organisée par et pour des individus, par des gens, des citoyens, qui se sentent interpellés socialement. N'y cherchez donc pas d'organismes et d'associations.

Trouver des solutions

Le but : trouver ensemble des solutions aux problèmes de l'industrie du disque. Favoriser l'émergence de nouveaux canaux permettant de passer outre à l'entêtement des radios commerciales à ne vouloir diffuser la musique des mêmes quinze ou vingt artistes. Inventer des nouveaux concepts de promotion en s'appropriant les technologies, et non pas en les rejetant. Qui sait, imaginer une nouvelle industrie peut-être.

Nul doute que les solutions proposées lors de cette rencontre seront audacieuses. Cependant, il faut bien comprendre que le concept sous-jacent derrière cette rencontre est d'instaurer un climat de collaboration entre les deux mondes.

Évidemment, outre ces spécialistes en nouvelles technologies, il est important, sinon essentiel que tous les intervenants du milieu du disque soient présents : producteurs, mais aussi, artistes. Oui, l'artiste, celui qui est malheureusement souvent oublié lors ces discussions.

Bientôt, un espace Web sera mis à la disposition des participants, un espace où tous seront invités à mettre des « clips » de veille, des résumés et des interprétations d'études sur l'industrie, des chiffres valides sur les baisses de ventes de disques.

L'appel est donc lancé. Que les intervenants de l'industrie du disque, que les artistes se lèvent. Comme le déclarait la semaine dernière au Devoir le stratège Internet Philippe Le Roux, à cause de sa spécificité particulière, « l'industrie locale a de 15 à 18 mois devant elle pour inventer et lancer avec succès un projet qui permettra aux producteurs de demeurer "sur la mappe". Passé cette période, c'est "game over"».

Internet pour contourner les obstacles

Un de ceux qui comptent participer à cette rencontre, Carl-Frédéric Decelles, dans son carnet Web, résume d'ailleurs en bonne partie l'esprit dans lequel il entend aborder les problèmes : « Peut-être comprendrons-nous que nous avons [l'industrie des NTIC et celle du disque] beaucoup en commun ? Peut-être comprendront-ils que l'Internet a été conçu dans l'idée de contourner les obstacles ? Peut-être comprendront-ils qu'investir de l'énergie "contre" l'Internet et ses utilisateurs, c'est un gaspillage ? Peut-être comprendrons-nous qu'ensemble, en suivant le "flow", on peut faire plus et mieux avec la même énergie ? Ne pas se battre contre le changement, mais trouver moyen de le tourner à son avantage. [...] Peut-être sommes-nous capables ensemble de trouver une nouvelle approche ? »

Il le faut, car un de nos souhaits les plus chers est d'entendre et de réentendre encore longtemps la voix de cette merveilleuse Ariane Moffat, de rire et s'amuser tout autant aux fantastiques événements concerts des Cowboys Frigants, et d'écouter dans le ravissement le plus pur cette relecture des oeuvres d'André Mathieu par Alain Lefèvre. N'en doutez pas, les « nerdz » aiment la musique, et ils veulent que les créateurs continuent à nous faire rêver, rire et pleurer. D'où cette rencontre.






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Vos réactions

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  • André Langlois
    Inscrit
    lundi 3 novembre 2003 06h24
    Back to the future
    « Dans ma jeunesse, lorsqu'une chanson tait populaireet me plaisait je l'achetais ; sur l'autre côté du disque il y avait une quelconque autre chanson.

    Aujourd'hui lorsqu'une chanson me plaît je dois payer 23,95 $ + taxes pour cette chanson et 8 ou 10 autres quelconques chansons !

    L'industrie du disque nous a pris pour des cons. Pour eux le problème c'est l'acheteur. Désolé le problème c'est l'Industrie, pas la technologie, pas les internautes. »

  • Jesse Dooling
    Inscrit
    mercredi 5 novembre 2003 16h48
    Industrie du disque comme un vieillard
    « L'industrie du disque n'a pas été en l'avant-garde de la technologie pour l'utiliser à son avantage. Maintenant cette industrie dit se faire "manger" à cause de l'internet. À qui la faute? Tout comme Postes Canada qui voulait commencer à charger 5 cents par email, indiquant que l'internet nuisait à l'envoi de lettres par la poste. (J'avais lu ça il y a longtemps, je ne sais pas si le cas de Postes Canada est vrai ou simplement une rumeur sans fondement).

    Si les grosses compagnies de disques arrêtaient de nous surcharcher pour acheter leurs produits nous serions plus enclins à les acheter.

    Il faut comprendre aussi que la diffusion massive de la musique est aussi un grand outil de marketing. Plus il y a de personnes exposées au matériel, plus le matériel a des chances d'être acheté s'il est bon. D'ailleurs l'internet m'a permi de découvrir du matériel que je n'aurais jamais eu autrement.

    Pour ma part j'achète les disques pour la musique que j'aime pour avoir la qualité intégrale numérique, pas une compression médiocre utilisée sur l'internet. Seul les vrais audiophiles comprendront ce point. À mon avis des MP3 à 128kbit ne sont pas "Qualité CD" ou des reproductions fidèles même si la majorité de la population s'y contente.

    Si les compagnies de disques donnaient plus de revenus à leurs artistes à la place de s'enrichie ça serait un début.

    Pour finir, je me dis que si un artiste peut faire 40 à 50 mille en revenus annuels, il est capable de vivre de sa musique comme toute autre personne qui se fait vivre avec un autre type d'emploi. Tout ce qu'un artiste gagnera en surplus de son 50 mille n'est qu'un extra non-nécessaire à la survie et n'a pas sa place pour se plaindre.

    Si quelqu'un vole quelque chose, ce sont bien les grosses compagnies de disques. »

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