Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Les insectes, aliment de l’avenir?

    L’Espace pour la vie sera l’hôte du premier congrès international sur l’entomophagie

    Selon certains, la consommation d’insectes pourrait nous aider à réduire notre empreinte écologique.
    Photo: Espace pour la vie Claudie Camirand Selon certains, la consommation d’insectes pourrait nous aider à réduire notre empreinte écologique.

    Il y a 20 ans, les Occidentaux levaient le nez sur les sushis composés de poissons crus. Aujourd’hui, nous sommes tout aussi nombreux à repousser d’un air répugnant des falafels aux ténébrions et des biscuits couronnés d’un criquet grillé. Pourtant, plus de deux milliards d’humains consomment régulièrement des insectes pour se nourrir. Et dans son rapport de 2013, la Food and Agriculture Organization (FAO) présentait l’entomophagie comme une piste à développer pour assurer la sécurité alimentaire sur notre planète.

     

    Cette proposition semble faire son chemin, car mercredi, Journée mondiale de l’alimentation, on annonçait à l’Insectarium de Montréal que le complexe Espace pour la vie, dont fait partie l’Insectarium, sera l’hôte du premier congrès international sur l’entomophagie en Amérique du Nord, qui aura lieu du 26 au 28 août 2014. Le Future Food Salon Group (groupe de concertation sur l’alimentation du futur), qui organise ce congrès en collaboration avec l’Insectarium, désire rassembler des spécialistes de différents aspects de l’entomophagie, soit autant la recherche scientifique et sociale que l’élevage et la commercialisation.

     

    La directrice de l’Insectarium, Anne Charpentier, se réjouit d’être partenaire de cet événement, car l’Insectarium a « un savoir-faire de plus de 20 ans en entomophagie. Et aussi c’est une avenue que nous devons continuer à explorer pour réduire notre empreinte écologique sur la planète », a-t-elle rappelé.

     

    Ferme d’élevage

     

    Parmi les coorganisateurs du congrès figure Jakub Dzamba, doctorant en architecture à l’Université McGill, qui, par passion pour l’entomophagie, a mis au point une ferme d’élevage de criquets de petite taille pouvant trouver sa place dans un appartement de ville. « Cette ferme devait être propre, inodore, facile d’entretien et hermétique pour qu’aucun criquet ne puisse s’échapper, a précisé M. Dzamba. Les criquets atteignent leur maturité en 8 à 9 semaines. Les femelles pondent alors entre 1000 et 2000 oeufs et c’est à ce moment qu’on les retire de la fermepour les mettre au frigo, où ils tombent endormis. Une fois qu’ils sont inconscients, on les transfère au congélateur. »

     

    « Élever des insectes est beaucoup plus rentable que tout autre élevage, explique Dzamba. Parce qu’ils sont des animaux à sang froid, les insectes convertissent une plus grande portion de la nourriture qu’ils mangent en masse corporelle. Une vache doit consommer 10 livres d’aliments pour produire une livre de masse corporelle. Avec la même quantité d’aliments, un criquet produira trois à quatre livres de masse corporelle. »

     

    De plus, les criquets peuvent manger de l’herbe et nos restes de nourriture, ajoute le jeune architecte dont le projet commence tout juste à être apprécié de ses professeurs. « On peut même utiliser nos eaux usées [de la douche ou de l’évier de cuisine] pour faire pousser des algues qui assainiront l’eau et pourront servir d’aliments pour les criquets. »

     

    L’Américain David Gracer, du Rhode Island, qui milite pour l’entomophagie pour des raisons philosophiques, participe aussi à l’organisation du congrès. En plus de donner des conférences sur l’entomophagie, M. Gracer vend des insectes exotiques congelés pour cuisiner. Il s’approvisionne en Chine, au Mexique, en Centrafrique et aussi dans les marchés thaïlandais et cambodgiens de sa propre ville. « En Thaïlande, l’élevage d’insectes est devenu une industrie florissante, car ce type d’aliments est de plus en plus populaire. On y compte 15 000 fermes d’élevage certifiées », a-t-il raconté.

     

    On connaît au moins 2000 espèces d’insectes comestibles, dont plusieurs pourraient se prêter à un élevage industriel, croit M. Gracer.

     

    Mme Charpentier promet que, dans le nouvel Insectarium qui verra le jour en 2017, on offrira des insectes à manger en permanence au bistro qui sera intégré au bâtiment.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Populaires|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.