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    Réflexions sur le numérique en société

    Montréal accueille 750 spécialistes des sciences sociales provenant de 80 pays

    5 octobre 2013 |Pierre Vallée | Science et technologie
    Est-ce que le numérique change la façon dont nous enseignons ? Pouvons-nous enseigner la géographie de la même manière à l’heure de Google Maps ? Ce sont des questions que soulève l’ère numérique.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Karen Bleier Est-ce que le numérique change la façon dont nous enseignons ? Pouvons-nous enseigner la géographie de la même manière à l’heure de Google Maps ? Ce sont des questions que soulève l’ère numérique.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    La seconde édition du Forum mondial des sciences sociales du Conseil international des sciences sociales (CISS) se tiendra du 13 au 15 octobre 2013, au Palais des congrès de Montréal. L’organisation locale de l’événement, qui se tient sous le parrainage de l’UNESCO, relève de la responsabilité de l’Association internationale de science politique (AISP), dont le siège social se situe justement à Montréal.

     

    « Le CISS est, au fond, une association d’associations, dont fait partie la nôtre, précise Guy Lachapelle, politologue et secrétaire général de l’AISP. C’est la raison pour laquelle l’organisation du Forum nous a été confiée. D’ailleurs, les deux organisations ont vu le jour à la même époque, soit autour de 1950, au moment où l’on assistait dans le monde à un intérêt grandissant pour les sciences sociales. »

     

    Cette seconde édition du Forum mondial des sciences sociales accueillera environ 750 participants en provenance de 80 pays. De plus, l’événement ratisse large, puisque le programme compte près de 600 communications portant sur une multitude de sujets. L’événement comprend aussi un volet d’exposition.

     

    « Chacune des disciplines en sciences sociales organise ses propres communications. Par contre, nous avons aussi organisé chaque jour trois groupes majeurs avec des conférenciers-vedettes et nous avons prévu à l’horaire des séances plénières. Ces deux mesures cherchent à éviter que le Forum se déroule en silos. Il faut au contraire qu’il soit une occasion d’établir un dialogue entre les disciplines, et on encourage les participants à assister à des communications données dans d’autres disciplines que la leur. D’ailleurs, les enjeux de la thématique retenue pour cette édition vont bien au-delà de nos propres disciplines. »

     

    La thématique de cette deuxième édition porte sur les transformations sociales et l’ère numérique, une thématique bien à propos puisque l’informatique et les technologies de l’information et des communications (TIC) font maintenant partie de la vie courante, et ce, aux quatre coins du monde. « Les technologies ne peuvent pas remplacer la réflexion, et il est temps d’amorcer une importante réflexion sur la présence du numérique en société et sur ses conséquences. »

     

    De plus, certaines de ces conséquences touchent directement les sciences sociales. « D’une part, le numérique permet aux chercheurs de partager aisément les résultats de leurs recherches. Il accélère donc l’échange des connaissances. D’autre part, le numérique permet aussi d’accéder à une foule de données autrefois difficiles à consulter. Mais cette abondance de données, utile pour le chercheur, certes, pose aussi un autre problème. Comment s’assurer de la qualité des données et des informations ? Comment classifier ces informations ? Comment, par exemple, repérer les bons sites dans Internet ? D’ailleurs, à l’AISP, nous avons mis en place une politique de recension d’articles en science politique, dans le but justement d’éclairer nos chercheurs à cet effet. Ne devrait-on pas le faire pour toutes les disciplines ? »

     

    De plus, l’abondance de ces données et leur accès facile soulèvent aussi des questions éthiques, croit Guy Lachapelle. « Est-ce que toutes les données doivent être accessibles à tout le monde ? C’est une question que les actions d’Assange et de Wikileaks ont placée au centre de nos préoccupations. En tant que chercheur, à qui dois-je rendre accessibles les données de mes recherches ? Dans quelles circonstances doit-on restreindre l’accès à ces données ? On voit là qu’il y a un débat éthique à faire. »

     

    Le numérique a aussi une influence sur l’enseignement. « Est-ce que le numérique change la façon dont nous enseignons ? Pouvons-nous enseigner la géographie de la même manière à l’heure de Google Maps ? Est-ce que les enseignants se servent bien de cet outil que sont les TIC ? Autrefois, un professeur donnait à ses étudiants une sélection de livres et d’ouvrages qu’il considérait comme essentiels. Aujourd’hui, ce même professeur doit rajouter à cette liste une sélection de sites Internet qu’il juge pertinents. »

     

    Le choix de Montréal

     

    Le choix de tenir à Montréal la seconde édition du Forum mondial des sciences sociales relève évidemment des atouts propres à Montréal, mais aussi un peu du hasard. « La seconde édition devait se tenir à Shanghaï en 2012, mais il fut impossible de l’organiser. Lors du premier Forum, tenu à Bergen, en Norvège, où j’étais présent, j’avais proposé Montréal comme ville hôtesse aux membres du CISS. Lorsque l’événement à Shanghaï est tombé à l’eau, le CISS s’est alors tourné vers Montréal. On a dû mettre les bouchées doubles, puisque nous n’avons eu qu’une année pour l’organiser. »

     

    Parmi les atouts de Montréal qui justifient la présence d’un événement international de cette ampleur, il y a le fait que Montréal est, ce qu’on a parfois tendance à oublier, une ville universitaire. « Le nombre d’établissements universitaires ainsi que le nombre de professeurs, de chercheurs et d’étudiants de deuxième et de troisième cycles font de Montréal une ville idéale pour ce genre d’événement. »

     

    Et un événement comme le Forum mondial des sciences sociales ne peut qu’attirer l’attention de la communauté scientifique internationale sur la recherche qui se fait à Montréal. « Malgré les coupes dans les subventions en recherche scientifique, cette recherche est encore soutenue par les organismes subventionneurs. On ne s’en rend pas toujours compte, mais nous sommes à cet égard privilégiés. Plusieurs de mes collègues étrangers aimeraient bien avoir accès aux ressources dont nous disposons. En matière de soutien à la recherche scientifique, le Canada et le Québec, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, figurent en tête de peloton. »

     


    Collaborateur

    Est-ce que le numérique change la façon dont nous enseignons ? Pouvons-nous enseigner la géographie de la même manière à l’heure de Google Maps ? Ce sont des questions que soulève l’ère numérique. Les technologies de l’information et des communications faisant partie de la vie courante, elles ont une influence sur diverses sphères, comme la consommation. Montréal, en tant que ville universitaire, est l’endroit tout désigné pour recevoir la seconde édition du Forum mondial des sciences sociales du Conseil international des sciences sociales.












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