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    Chine - «Barack Obama», pilier d’un cybercafé

    Tous les moyens sont bons pour utiliser la Toile incognito

    Cybercafé à Jiashan, ville côtière située dans la province du Zhejiang.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Cybercafé à Jiashan, ville côtière située dans la province du Zhejiang.
    Pékin – Comment « surfer » incognito sur Internet dans un pays - la Chine - où les cybercafés requièrent la présentation d’un document attestant son identité et son enregistrement ? Pour contourner cette exigence des autorités chinoises, M. Guo, le gérant d’un cybercafé situé à Jinan, dans la province de Shandong, avait trouvé un moyen imparable : il mettait à la disposition de ses clients une fausse carte d’identité au nom du président américain, Barack Obama.

    Le document portait la photo du locataire de la Maison-Blanche et son adresse, 1600 Pennsylvania Avenue, ainsi que son « origine ethnique » - « kenyan » - conformément à la loi chinoise qui exige cette mention sur les cartes d’identité (le père de Barack Obama était né au Kenya). Ce faux document avait été confectionné à partir d’une vraie carte d’identité oubliée par un client du cybercafé en 2010. Les mentions d’origine avaient simplement été modifiées.


    « Barack Obama » a beaucoup surfé dans cet établissement de Jinan. La fausse carte était largement utilisée, non seulement par les clients en quête d’anonymat, mais aussi par les mineurs qui ne possèdent pas de carte d’identité.


    Mais le rêve américain du « surf » libre sur la Toile s’est achevé. Les policiers de Jinan y ont mis fin. Stupéfaits, ils ont découvert, lors d’un contrôle de routine, le mardi 28 mai, que M. « Obama » était un pilier du cybercafé de M. Guo. Le site officiel Sdnews.com.cn, relayé par l’AFP, indique que le gérant libéral a été condamné à « une peine » non précisée. En Chine, l’usage d’une fausse carte d’identité est sanctionné par une amende de 1000 yuans (167 $ CAN) et une peine allant jusqu’à dix jours de prison.


    Les cybercafés chinois servent couramment de lieu d’hébergement discret pour des citoyens en rupture qui souhaitent échapper au contrôle social. Alors que, dans les hôtels, l’identité des clients est systématiquement transmise aux services de police, pétitionnaires, plaignants, blogueurs et autres contestataires apprécient le contrôle plus flexible exercé dans les cybercafés. Et il n’est pas rare qu’ils y passent la nuit.


    Censure


    Ces établissements accueillent aussi des jeunes totalement dépendants des jeux vidéo. Le Beijing Times a récemment brossé le portrait de Li Meng, qui a passé ces six dernières années rivé à un écran dans un cybercafé de Changchun (nord-est), moyennant un « loyer » de 80 dollars par mois. Déjà, en 2011, la presse avait rapporté la mort, dans un cybercafé de Pékin, d’un homme d’une trentaine d’années qui y avait passé trois jours et trois nuits sans dormir ni se nourrir, pris dans l’action d’un jeu en ligne où il combattait des extraterrestres.


    La fausse carte d’identité de Barack Obama dans le cybercafé de Jinan, elle, évoque plutôt la plaidoirie du président américain en faveur d’un Internet délivré de la censure, lors de sa visite à Shanghaï, en 2009. L’ambassade américaine avait alors sollicité les internautes chinois pour qu’ils posent leurs questions au président lors d’un clavardage, indépendamment des circuits officiels chinois où elles sont soigneusement filtrées. Les blogueurs chinois influents s’y étaient amplement exprimés.













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