Les mathématiques pour comprendre notre planète
Cet événement planétaire sous le patronage de l’UNESCO est l’initiative d’une mathématicienne de l’Université de Montréal, Christiane Rousseau, qui est aussi vice-présidente de l’Union mathématique internationale. « Il vise à montrer ce que les mathématiques peuvent faire pour notre planète ainsi que leur rôle dans la compréhension des problèmes planétaires qui nous interpellent. Il sera aussi l’occasion de rapprocher des chercheurs de diverses disciplines et, je l’espère, d’attirer de nouveaux chercheurs dans le domaine », explique Mme Rousseau, qui a eu l’idée d’un tel événement alors qu’elle était directrice du Centre de recherches mathématiques (CRM), un institut national situé sur le campus de l’Université de Montréal.
Apport mathématique à la connaissance du monde
« C’est une mathématicienne danoise, Inge Lehman, qui a découvert en 1936 que le noyau interne de la Terre est solide en analysant les signaux sismiques des grands tremblements de terre », rappelle d’entrée de jeu Mme Rousseau.
La prédiction du climat, la gestion des ressources naturelles, le développement durable et les questions économiques sont autant de sujets qui font appel aux mathématiques et qui seront abordés durant cette Année des mathématiques de la planète Terre, ajoute Mme Rousseau. Des ateliers de recherche ont donc été organisés, notamment sur les modèles et méthodes mathématiques utilisés en écologie, en épidémiologie et en santé publique. Cet été se tiendra un atelier sur les mouvements planétaires, la dynamique des satellites et les orbites des engins et débris spatiaux.
L’automne prochain, le CRM sera l’hôte de diverses activités de recherche sur le thème de la biodiversité. « Les modèles mathématiques simulant la compétition entre les espèces semblent prédire l’extinction de maintes espèces. Or, cela apparaît en parfaite contradiction avec la grande biodiversité que nous observons sur terre. Mais il ne faut pas oublier qu’une des grandes forces de la nature qui entre aussi en jeu est la coopération », explique Mme Rousseau pour résumer les sujets qui seront abordés.
Vulgarisation
Tout au long de l’année, des conférences de vulgarisation scientifique seront aussi proposées au grand public. Au début d’avril, la célèbre mathématicienne Ingrid Daubechies a présenté ses travaux sur la décomposition en ondelettes des signaux sismiques qui ont permis de mieux comprendre un phénomène géologique se produisant à l’intérieur de la Terre (lire l’entrevue avec Mme Daubechies en page Sciences).
Dans le cadre des 24 heures de science, le vendredi 10 mai à 19 h 30, Paul Embrechts, de l’École polytechnique fédérale de Zurich, un spécialiste de la gestion du risque et de l’étude des événements extrêmes qui ont une très petite probabilité mais dont les conséquences sont immenses, viendra parler des ponts de Königsberg, des digues des Pays-Bas et de la chute de Wall Street.







