Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Cancer - Une stratégie pour perturber la migration des métastases

<br />
Photo : Hôpital Bumrungrad International
Des chercheurs de Montréal et de Baltimore ont découvert un mécanisme de communication cellulaire qui permet à plusieurs cellules, cancéreuses par exemple, de migrer collectivement dans une direction donnée. En visant les protéines qui orchestrent cette communication au sein des cellules cancéreuses, les chercheurs espèrent pouvoir freiner le développement de métastases.

La protéine qui coordonne le mouvement collectif n’est active que dans une seule des cellules du groupe qui migre. Quand elle est active, cette protéine, dénommée GTPase Rac, induit à la surface de la cellule la formation d’extensions qui lui permettent d’avancer. « La protéine envoie également des signaux aux autres cellules du groupe pour les obliger à désactiver leur protéine GTPase Rac afin qu’elles ne cherchent pas à tirer le groupe dans d’autres directions, car de telles forces contradictoires empêcheraient le groupe de bouger. Grâce à ce mécanisme de communication, une seule cellule située à l’avant formera des extensions », explique Gregory Emery de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal, qui est le chercheur principal de l’étude dont les résultats sont publiés dans la revue Nature Cell Biology. M. Emery compare ce phénomène biologique à « un traîneau tiré par des chiens. Si chacun des chiens tire dans une direction différente, le traîneau ne bougera pas, tandis que si un chien mène la meute, le traîneau avancera plus efficacement », illustre-t-il.


Les chercheurs ont également observé qu’une autre protéine clé, la moésine, rigidifie non pas la membrane de chaque cellule du groupe, mais « la bordure extérieure du groupe de cellules afin que celui-ci ressemble à une seule cellule ».

 

Briser la communication


Les chercheurs de l’IRIC ont mis en évidence ce mécanisme au cours du développement normal de la « chambre d’oeuf » qui contient l’ovaire chez les drosophiles, ou mouches à fruit. La migration cellulaire qui se produit lors de ce phénomène ressemble beaucoup à celle qu’effectuent les métastases, et c’est pour cette raison que les chercheurs l’ont choisie comme modèle. Il faudra bien sûr confirmer son existence dans des cancers, affirme M. Emery. Mais chose certaine, « les protéines de signalisation sont souvent surexprimées, ou mal activées, dans de nombreux cancers », précise le chercheur.


Pour empêcher la dissémination de métastases, « nous pourrions essayer de briser cette communication, alors chaque cellule chercherait à tirer dans une direction différente et le groupe de cellules n’avancerait plus », propose M. Emery. Or, les chercheurs disposent déjà de molécules capables de contrecarrer l’activité de la GTPase Rac, mais le problème est que cette protéine, tout comme la moésine, est impliquée dans de nombreux autres processus biologiques. Le blocage de ces autres processus par ces molécules « risque donc d’entraîner d’importants effets secondaires », prévient le scientifique avant d’ajouter qu’il « faudra trouver des molécules qui agissent plus spécifiquement au niveau des cellules cancéreuses ».

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel