Des dauphins font bande à part
Ces résultats, basés sur 22 années d’observation, fourniraient ainsi la première preuve connue de comportement culturel dans le règne animal, indiquent les chercheurs de l’Université de Georgetown à Washington.
Ils ont étudié un groupe de dauphins de la baie Shark, en Australie, dont certains ont pris l’habitude de se recouvrir le rostre d’une éponge de mer comme protection pour explorer le fond de l’océan et en déloger leurs proies.
Les scientifiques ont constaté que ces dauphins outillés d’éponges forgeaient des liens plus étroits avec leurs congénères maîtrisant la même technique de chasse qu’avec les autres dauphins. « Comme les humains, qui s’associent de préférence avec ceux qui partagent leur sous-culture », soulignent les chercheurs, pour qui ce constat « suggère fortement que l’utilisation de l’éponge comme outil est un comportement culturel ».
Les dauphins qui utilisent une éponge comme instrument « passent beaucoup de temps à chasser, ont tendance à être solitaires, mais ils n’hésitent pas à se retrouver quand ils le peuvent. Vous pouvez les considérer comme des dauphins “ bourreaux de travail ” qui préfèrent se retrouver avec d’autres “ bourreaux de travail ” », explique Janet Mann, une des scientifiques.
Une culture animale
L’étude s’inscrit dans le cadre d’un travail de recherches en cours pour faire la preuve d’une culture animale - définie grossièrement comme une forme d’apprentissage social qui établit une distinction entre des groupes.
Normalement, lorsque certains membres d’un groupe d’animaux développent l’utilisation d’un outil, le reste du groupe en fait également l’apprentissage, comme les chimpanzés qui utilisent des bâtons pour attraper les termites dans leurs nids ou les éléphants qui chassent les mouches avec des branchages. Dans le cas des dauphins outillés d’éponges de la baie Shark, la pratique reste limitée à un petit sous-groupe, représentant moins de 5 % d’une population de 3000 individus, principalement des femelles.
Aucun autre exemple de sous-culture n’a déjà été montré en dehors de l’espèce humaine, selon les chercheurs.








