Agriculture - Québec songe à décréter des zones protégées des OGM
Le Québec pourrait sous peu voir apparaître sur son territoire des «zones agricoles protégée» exemptes de cultures d'organismes génétiquement modifiés (OGM). C'est du moins le souhait exprimé par la ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Françoise Gauthier, qui espère ainsi préserver les cultures biologiques des contaminations environnementales par des transgènes.
Invitée à commenter les résultats de l'analyse en laboratoire de produits certifiés biologiques commandée par Le Devoir — analyse qui a révélé des traces d'OGM dans plusieurs de ces produits —, Mme Gauthier s'est dite «étonnée» par une telle contamination mais en même temps ravie de voir que le Conseil d'accréditation du Québec (CAQ) a réagi avec célérité en déclenchant une enquête au lendemain des révélations pour découvrir la source du problème.
«Je pensais que le milieu [du bio] était assez protégé et assez hermétique», a-t-elle expliqué au Devoir jeudi alors qu'elle participait au caucus présessionnel du Parti libéral à Saint-Sauveur. «Je vais donc attendre désormais les résultats de l'enquête du CAQ, qui devraient sans doute guider l'élaboration de notre politique sur les produits bio.» Cette politique a été annoncée dans le programme du PLQ lors de la dernière campagne électorale.
Toujours au stade embryonnaire, avoue-t-elle, l'exercice législatif, dont le résultat doit être dévoilé au printemps prochain, pourrait intégrer plusieurs pistes de solutions avancées depuis quelques jours par des acteurs du bio passablement irrités par la présence de traces d'OGM dans le fruit de leur labeur. À commencer par l'instauration de «zones» ou d'«aires» agricoles franches, où les gènes modifiés de Monsanto, Novartis et consorts ne seraient pas les bienvenus.
Une solution envisageable
«C'est envisageable, dit-elle. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait d'ailleurs très bien s'y prêter en raison de sa situation géographique, qui la rend moins tributaire des éléments. Il y a les montagnes d'un côté, la mer de l'autre, ce qui peut nous donner beaucoup de possibilités [pour concrétiser ce projet].» Elle a ensuite ajouté: «Le choix de cette région n'a rien à voir avec le fait que j'en suis originaire.»
Consciente de l'importance du secteur biologique aujourd'hui au Québec — secteur stimulé par de plus en plus d'adeptes—, Mme Gauthier estime par ailleurs qu'il est encore «trop tôt» pour envisager un moratoire au Québec sur les cultures transgéniques, une solution pourtant avancée par la Table filière biologique du Québec qui s'inquiète depuis quelques mois du risque que font peser les OGM sur le développement économique du secteur biologique québécois. «On n'en est pas rendus là, dit-elle. Le bio, ce n'est pas la panacée pour tout le monde. Sur le terrain, j'entends aussi des gens qui ne craignent pas les OGM. Il faut donc envisager des solutions pour que tout le monde y trouve son compte. Mais je ne pense pas que le Québec puisse produire uniquement des produits biologiques.»
Des produits dont, du reste, les normes d'encadrement devraient sans doute être revues et corrigées, poursuit la ministre, pour leur permettre de mieux s'inscrire dans la nouvelle réalité écologique. «On pourrait tolérer dans ces aliments un niveau inférieur à 0,9 % d'OGM, la norme internationale, dit-elle. Mais il ne faudrait pas descendre plus bas.»
Invitée à commenter les résultats de l'analyse en laboratoire de produits certifiés biologiques commandée par Le Devoir — analyse qui a révélé des traces d'OGM dans plusieurs de ces produits —, Mme Gauthier s'est dite «étonnée» par une telle contamination mais en même temps ravie de voir que le Conseil d'accréditation du Québec (CAQ) a réagi avec célérité en déclenchant une enquête au lendemain des révélations pour découvrir la source du problème.
«Je pensais que le milieu [du bio] était assez protégé et assez hermétique», a-t-elle expliqué au Devoir jeudi alors qu'elle participait au caucus présessionnel du Parti libéral à Saint-Sauveur. «Je vais donc attendre désormais les résultats de l'enquête du CAQ, qui devraient sans doute guider l'élaboration de notre politique sur les produits bio.» Cette politique a été annoncée dans le programme du PLQ lors de la dernière campagne électorale.
Toujours au stade embryonnaire, avoue-t-elle, l'exercice législatif, dont le résultat doit être dévoilé au printemps prochain, pourrait intégrer plusieurs pistes de solutions avancées depuis quelques jours par des acteurs du bio passablement irrités par la présence de traces d'OGM dans le fruit de leur labeur. À commencer par l'instauration de «zones» ou d'«aires» agricoles franches, où les gènes modifiés de Monsanto, Novartis et consorts ne seraient pas les bienvenus.
Une solution envisageable
«C'est envisageable, dit-elle. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait d'ailleurs très bien s'y prêter en raison de sa situation géographique, qui la rend moins tributaire des éléments. Il y a les montagnes d'un côté, la mer de l'autre, ce qui peut nous donner beaucoup de possibilités [pour concrétiser ce projet].» Elle a ensuite ajouté: «Le choix de cette région n'a rien à voir avec le fait que j'en suis originaire.»
Consciente de l'importance du secteur biologique aujourd'hui au Québec — secteur stimulé par de plus en plus d'adeptes—, Mme Gauthier estime par ailleurs qu'il est encore «trop tôt» pour envisager un moratoire au Québec sur les cultures transgéniques, une solution pourtant avancée par la Table filière biologique du Québec qui s'inquiète depuis quelques mois du risque que font peser les OGM sur le développement économique du secteur biologique québécois. «On n'en est pas rendus là, dit-elle. Le bio, ce n'est pas la panacée pour tout le monde. Sur le terrain, j'entends aussi des gens qui ne craignent pas les OGM. Il faut donc envisager des solutions pour que tout le monde y trouve son compte. Mais je ne pense pas que le Québec puisse produire uniquement des produits biologiques.»
Des produits dont, du reste, les normes d'encadrement devraient sans doute être revues et corrigées, poursuit la ministre, pour leur permettre de mieux s'inscrire dans la nouvelle réalité écologique. «On pourrait tolérer dans ces aliments un niveau inférieur à 0,9 % d'OGM, la norme internationale, dit-elle. Mais il ne faudrait pas descendre plus bas.»
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