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    Gouvernement ouvert - Le Québec ne manque pas d'exemples à suivre

    Toronto, Vancouver, Ottawa, Edmonton, Nanaimo: le conseil municipal de Montréal peut s’inspirer de plusieurs villes canadiennes pour aller plus loin que l’ouverture des données liées à l’univers récréatif.<br />
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Toronto, Vancouver, Ottawa, Edmonton, Nanaimo: le conseil municipal de Montréal peut s’inspirer de plusieurs villes canadiennes pour aller plus loin que l’ouverture des données liées à l’univers récréatif.
    Le chiffre est étourdissant: 390 136. C'est le nombre de bases de données brutes et de données géolocalisées qui, en date d'hier, ont été placées dans la sphère publique par le gouvernement américain, précurseur en matière d'ouverture de données publiques et de gouvernement ouvert.

    Au pays de Barack Obama, qui s'est illustré lors du dernier scrutin fédéral pour avoir mis le Web participatif, dont les réseaux sociaux font partie, au service de son élection à la tête du pays, cette logique d'ouverture des données produites par l'administration a permis à ce jour la création de 1119 applications imaginées par l'administration elle-même, 236 par des citoyens, dont 51 sont en format mobile.

    Parmi elles, des «apps», comme on dit, qui permettent d'informer les services d'entretien de sa ville des travaux de réparation à faire dans son quartier, de suivre les variations de la taxation dans l'espace et dans le temps, de se tenir informer des rappels de produits ou de suivre en temps réel les alertes météo. Entre autres.

    Transparence par le numérique et le partage d'informations, non nominatives s'entend, assemblées avec les deniers de l'État: le mouvement est amorcé et pas juste aux États-Unis, mais également en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni, où les gouvernements centraux tout comme les municipalités sont en train d'écrire la modernité démocratique en explorant les chemins de l'«open data» et de l'«open government», comme on dit là-bas.

    L'exemple municipal

    «Les municipalités sont aux premières loges pour mettre en place de telles politiques d'ouverture», lance Patrick Parent, d'e-Gouv Québec, un groupe de fonctionnaires qui fait la promotion et l'éducation de cette transparence numérique dans leur milieu de travail. «Les administrations sont moins grosses, plus proches des citoyens et du coup, il est possible de développer des applications concrètes qui très vite parlent autant aux gens qu'aux fonctionnaires, qui comprennent alors les avantages de telles politiques.»

    Au Canada, Toronto, Vancouver, Ottawa, Edmonton ou encore Nanaimo — en Colombie-Britannique — ont succombé à l'appel de l'ouverture qui permet, comme le dit la Ville reine, de «construire une ville qui pense comme le Web». Dans le fief du pourtant très conservateur Rob Ford, les programmeurs de tout acabit peuvent aujourd'hui y manipuler, par exemple, les données «anonymisées» des appels faits au service 311 — les appels des citoyens pour s'informer de services ou signaler des problèmes —, ou encore toutes les informations produites par les services d'entretien des infrastructures, de planification

    financière, les appels d'offres, les dépenses par service, le rôle d'évaluation... et de croiser tout ça pour en dresser des portraits inédits ou éclairer les enjeux municipaux autrement.

    Une poignée d'applications


    «Les possibilités sont infinies», résume James McKinney, de l'organisme Nord Ouvert, un OSBL qui fait la promotion de la transparence numérique et de l'engagement numérique des citoyens. Le groupe planche actuellement sur un système permettant de suivre les activités des élus municipaux de Montréal, sur la base des données publiques. «Mais pour le moment, au Québec, l'idée s'installe délicatement.»

    À ce jour, les données publiques n'ont donné naissance qu'à une minuscule poignée d'applications, dont ZoneCone.ca, qui propose de suivre en temps réel l'emplacement des travaux sur le réseau routier du Québec, ou encore

    Patiner Montréal, qui indique aux internautes l'état des patinoires publiques de leur quartier. Il y a aussi Resto Net, qui croise les bases de données des restaurants du Québec avec celle des inspections de routine en matière de salubrité, ainsi qu'un projet pilote de budget participatif numérique, Budget Plateau, pour l'arrondissement du même nom. Les citoyens y étaient invités à frotter leurs convictions à la dure réalité des finances publiques.

    Une résistance à vaincre


    «Pour le moment, c'est assez limité parce que les données fiables et libres sont rares», dit M. McKinney. Avec sa politique d'ouverture des données, adoptée la semaine dernière, Montréal compte toutefois multiplier les bases de données versées dans l'espace public au rythme de 10 par mois. L'administration reconnaît d'ailleurs avoir à surmonter quelques craintes de fonctionnaires, qui anticipent une perte de pouvoir en perdant le contrôle sur les données, mais doit également composer avec des contraintes techniques majeures: des données ont été et sont encore accumulées sur des systèmes informatiques obsolètes, dans des formats que les appareils numériques d'aujourd'hui ne peuvent pas toujours «lire».

    «L'ouverture des données représente un enjeu démocratique et civique important, poursuit l'homme derrière Nord Ouvert. Bien sûr, quand on avance dans la voie de la transparence, ça fait toujours peur à quelqu'un. Mais les côtés positifs sont trop importants. Quand la Ville va aller plus loin que les données liées à l'univers récréatif, les programmeurs vont pouvoir commencer à développer des choses un peu plus consistantes», comme des applications mobiles permettant de recevoir les horaires d'autobus en arrivant à l'arrêt, des «apps» pour informer la Ville du nid-de-poule toujours pas réparé, pour être informé en temps réel du passage de la déneigeuse dans sa rue — et donc déplacer sa voiture 30 minutes avant, seulement —, pour suivre l'attribution des contrats dans le monde de la construction, les retards dans les travaux...

    Le tout pour un monde idéal, prétendent les défenseurs du «tout ouvert», que le progrès en marche, même si certains cherchent à le ralentir, ne peut que contribuer à façonner.
     
     
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