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    De la garderie à la colonie de vacances - Bienvenue au club!

    5 novembre 2011 |Claude Lafleur | Science et technologie
    Chaque année, près de 42 000 jeunes participent à l'une ou l'autre des activités offertes par le Club des Débrouillards<br />
    Photo: Source Les Débrouillards Chaque année, près de 42 000 jeunes participent à l'une ou l'autre des activités offertes par le Club des Débrouillards
    «À bien y penser, on fait des sports depuis qu'on est tout petits. On fait aussi des arts depuis qu'on est tout petits... On peut tout aussi bien faire de la science, même lorsqu'on est tout petit!» Voilà l'idée qui anime depuis trente ans le Club des Débrouillards, telle que résumée par Isabelle Jutras, coordonnatrice nationale du Club des Débrouillards et du Défi apprenti génie, au Conseil de développement du loisir scientifique.

    «Le nom du Club peut porter à confusion, fait remarquer Isabelle Jutras, puisqu'il donne l'impression qu'il faut être membre d'un club pour participer à nos activités. Le Club, c'est la branche animation du mouvement des Débrouillards.» Ce club regroupe en fait des animateurs professionnels qui, d'un bout à l'autre du Québec, vont dans les écoles primaires, dans les familles à l'occasion de fêtes d'enfants, en colonie de vacances et durant la semaine de relâche scolaire, ainsi que dans les garderies ou les écoles à l'heure du dîner.

    «Lorsqu'on demande aux enfants du primaire quelle est leur matière favorite, il n'est pas rare qu'ils répondent que c'est la science, rapporte Mme Jutras. Et les professeurs nous disent que leurs élèves adorent faire de la science en classe. Voilà justement ce que nous faisons, mais toujours sous l'angle du jeu.»

    Attention à vos narines !

    C'est à l'automne 1981 que Félix Maltais et Robert Richards, qui dirigeaient l'Agence Science-Presse, décident de créer le Club des Débrouillards. Ils s'associent alors à Claude Benoît et à Michel Bois, du Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS), organisme à la tête d'un réseau de neuf Conseils du loisir scientifique régionaux (CLS). Ce réseau forme donc des animateurs qui amènent les jeunes à s'amuser à faire de petites expériences scientifiques.

    «On part toujours de ce que vivent les enfants, souligne Isabelle Jutras. Par exemple, l'une de nos expériences porte sur le liquide amniotique. Si on arrive dans une classe où l'enseignante est ou a été enceinte, ce sera notre point de départ. On commence toujours avec ce qui est connu des enfants.»

    Dans le cas de cette expérience, il s'agit de montrer que le liquide amniotique protège le foetus contre les chocs extérieurs. L'animateur et les enfants conçoivent donc une solution à base d'huile dans laquelle ils plongent un oeuf, raconte Mme Jutras. Il s'agit ensuite de tenter de briser l'oeuf en brassant le pot... «On montre ainsi aux enfants, tout en s'amusant, que le liquide sert de coussin.»

    Tout domaine


    De la même manière, les animateurs exploitent tout ce qu'il y a dans l'environnement des enfants pour les amener à acquérir diverses notions scientifiques, dont en chimie, par l'entremise de la cuisine moléculaire. Ils réalisent même des expériences de mathématiques en jouant avec le concept des probabilités qui se cachent derrière les jeux de hasard. «Nous touchons à tout — bio, chimie, physique, astronomie, écologie — comme dans le magazine Les Débrouillards», résume la coordonnatrice du programme.

    Si ces expériences sont toujours liées à la vie courante de l'enfant, l'enseignant voit très bien qu'elles se rattachent également à son programme scolaire. «On va même souvent plus loin [que le programme scolaire], puisqu'on constate que les enfants ont de grandes capacités lorsqu'on les plonge dans l'action, relate Isabelle Jutras. Ce qui est vraiment important, c'est qu'il faut non seulement que l'enfant manipule quelque chose, mais aussi qu'il réfléchisse. On le fait donc réfléchir en lui posant des questions: qu'est-ce qu'il observe, qu'en pense-t-il? On peut même essayer des variantes de l'expérience, proposées par les enfants. Qu'importe même si ça ne fonctionne pas! On doit s'amuser tout en réfléchissant.»

    De cette façon, sans même s'en rendre compte, les enfants acquièrent des parcelles de la méthode scientifique, notamment l'observation, la déduction et la réflexion. Les animateurs en profitent également pour les initier à l'utilisation d'appareils scientifiques, comme les balances électroniques et autres instruments de mesure. «On lui montre aussi certaines techniques, ne serait-ce que lorsqu'on veut sentir un produit chimique, on ne place pas son nez directement au-dessus de la substance... au risque de se décaper les narines!»

    C'est ainsi que, chaque année, près de 42 000 jeunes participent à l'une ou l'autre des activités offertes par le Club des Débrouillards. Les animateurs ont ainsi accès à plus de 700 expériences différentes. «Et nous évoluons toujours, nous dit Mme Jutras. On retravaille sans cesse nos expériences, on les dépoussière et leur redonne un certain lustre.»

    Fêtes d'enfants

    Les animateurs organisent même des fêtes d'enfants. «Ça n'a rien à voir avec un cours de science, c'est vraiment une tout autre approche, lance Isabelle Jutras. Il s'agit de faire faire aux enfants de petites expériences qui les "allumeront". Les parents sont ravis, puisque les six à huit enfants ont alors accès à un animateur.» Le coût de la visite des Débrouillards en fête variant de 85 $ à 165 $, «ce n'est pas plus élevé que de faire venir un clown!», de souligner Mme Jutras.

    Le Club offre entre autres nouveautés des camps durant la période de relâche scolaire. «Avec les années, on s'adapte aux besoins de la population, dit-elle, et, étant donné que les parents travaillent durant la semaine de relâche scolaire, nous organisons des camps de jour. C'est l'occasion pour nous d'offrir aux jeunes des activités scientifiques et ainsi de marier sports d'hiver et science!»

    «De tout temps, les jeunes sont curieux et allumés, observe-t-elle, mais on a l'impression que ceux d'aujourd'hui connaissent davantage de choses et qu'ils saisissent rapidement des notions scientifiques qu'on n'aurait peut-être pas abordées il y a quinze ans... Ce que je vous dis là, c'est intuitif, mais ce serait intéressant de le vérifier.»

    ***

    Collaborateur du Devoir












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