École de technologie supérieure - Montréal est reconnu comme un leader mondial dans la normalisation logicielle
L'École de technologie supérieure (ÉTS) a reçu récemment l'ISO Award for Higher Education in Standardization au cours de l'assemblée générale annuelle de l'Organisation internationale de normalisation (ISO), à New Delhi, en Inde. Depuis plusieurs années, l'ÉTS s'affaire dans le secteur du génie logiciel tout en mettant son expertise à contribution auprès des jeunes et dans la petite entreprise.
Une reconnaissance à l'échelle internationale, une somme de 15 000 euros et un prix de mérite: tout cela a été octroyé au Département de génie logiciel et des TI de l'ÉTS: «On nous rend hommage pour l'utilisation des normes dans l'enseignement et la recherche, de même que pour l'engagement des professeurs dans l'élaboration de celles-ci», laisse savoir François Coallier, directeur du développement technologique et des services académiques de cet établissement rattaché à l'Université du Québec.
Mais qu'en est-il au juste de la normalisation logicielle? Aujourd'hui professeur de génie logiciel à l'ÉTS, Claude Laporte est d'abord un physicien de formation dont le savoir a profité durant de nombreuses années aux forces armées, avant qu'il n'occupe ses fonctions actuelles en 2000. Il fournit cette explication: «Jadis, on se souvient que, lorsqu'on a suivi nos cours en physique, en chimie, en biologie, il y avait des lois qui s'appliquaient et qu'on appelle les lois de la nature: celles de Newton et celles des équilibres chimiques, entre autres, qui sont toujours strictement valides, peu importe la situation, le jour de la semaine, la température, l'altitude et tout cela.»
Il en va autrement dans une sphère scientifique relativement jeune: «En génie logiciel, contrairement aux autres disciplines du même ordre comme le génie électrique, dont les fondations sont liées à ces lois de la nature qui sont toujours gagnantes et qu'on ne peut déjouer, on ne possède pas cette base de référence. Du temps où j'étais militaire, on a donc commencé à développer des logiciels dans un monde où c'était encore tout petit; on avait une idée d'une fonctionnalité, on commençait à coder et le tour était joué.» La situation a évolué: «Peu à peu, on s'est mis à produire de gros logiciels qui nécessitaient une approche un peu plus structurée; comme il n'y avait pas de loi en présence, les gens ont fait des découvertes au fur et à mesure qu'ils progressaient.»
Définition de normes
Les normes ont ainsi vu le jour: «On a commencé à définir graduellement des éléments, des morceaux, en se questionnant, par exemple, sur ce qui devait entrer dans un cahier des charges. Après plusieurs années, on s'est mis d'accord et on a réuni un consensus autour de la question; on a décidé d'appeler cela une spécification ou une norme de rédaction du cahier des charges.»
M. Coallier résume les propos de son collègue: «C'est en fait une documentation des bonnes pratiques basée sur un consensus d'experts internationaux qui suivent un processus très rigoureux, qui est celui de l'ISO.» Il ajoute: «Une norme, on la définit comme des patrons, des bonnes pratiques qui ont été documentées; l'ingénieur aura tendance à l'utiliser quand cela fait l'affaire, même si elle ne se présente pas comme la solution parfaite à 100 %. On peut obtenir un résultat de 80 % qui s'avère suffisant; inutile de chercher la perfection, qui n'existe pas sauf pour des projets qui coûtent très cher et qui n'aboutissent pas.»
Formation et marché
Le Département de génie logiciel est animé par 19 professeurs, et les étudiants des trois cycles universitaires sont au nombre d'environ 800. Le directeur, qui enseigne toujours, résume le programme: «Toutes les disciplines du génie sont basées sur les sciences, et celle qui sert de fondement pour le génie logiciel, c'est l'informatique; il y a en parallèle une très forte connotation de génie des systèmes et de génie industriel. Nos étudiants viennent des formations techniques collégiales; ils ont appris à programmer là-bas et, nous, on leur enseigne à concevoir et trouver des solutions.»
Beaucoup d'entre eux se dirigent vers la PME et, comme ils sont polyvalents, plusieurs vont également vers la grande entreprise: «On couvre les trois grands domaines où on trouve du logiciel: il y a le secteur de l'informatique de gestion, où on compte tous les CGI de ce monde, il y a le champ de ce qu'on appelle les systèmes embarqués, regroupant l'aérospatiale et les transports, et finalement il y a le monde du multimédia, qui couvre davantage que les jeux, avec la présence notamment de CAE créant des environnements virtuels pour l'apprentissage et la simulation.» Compte tenu de la vitalité de ces secteurs d'activité dans la grande région de Montréal, l'ÉTS manque d'é-tudiants pour répondre à l'offre d'emplois.
Un travail de défricheur
Le professeur Claude Laporte rapporte que l'histoire du génie logiciel ici ressemble quelque peu à celle de l'oeuf et de la poule: «Qui peut enseigner à des ingénieurs la formation dans ce domaine, quand il n'existe pas d'ingénieur de logiciels? L'ÉTS a donc puisé dans son réseau de contacts et a trouvé des hommes comme
M. Coallier et d'autres personnes qui étaient déjà dans l'industrie depuis déjà 10, 15, 20, 25 ou 30 ans; ces gens travaillaient dans différents domaines: l'un était chez Bell Canada, l'autre à la Banque Nationale et, personnellement, j'arrivais de la défense nationale. On s'est tous joints au département pour former le bac en génie logiciel.»
Chacun a puisé dans son domaine de compétence le savoir requis en matière de normes: «La plupart des gens qui se sont joints au corps professoral étaient dans des industries qui utilisaient déjà des normes. Chez Bell, c'était l'aspect des télécoms, le monde bancaire possédait son propre jeu de normes et le ministère de la Défense nationale avait également le sien.» L'ÉTS a profité de leur présence: «On avait acquis un intérêt dans ce domaine-là et, de fil en aiguille, on a investi du temps dans les différents comités de travail pour élaborer un cahier de normes en provenance de notre expertise.»
Cette équipe, appuyée par d'autres enseignants de l'ÉTS, s'applique à sensibiliser les jeunes à une normalisation logicielle encore inconnue d'eux et à faire en sorte éventuellement que les petites entreprises soient en mesure d'en faire usage plus largement et adéquatement, pour faciliter leurs activités et augmenter leur rendement.
***
Collaborateur du Devoir
Une reconnaissance à l'échelle internationale, une somme de 15 000 euros et un prix de mérite: tout cela a été octroyé au Département de génie logiciel et des TI de l'ÉTS: «On nous rend hommage pour l'utilisation des normes dans l'enseignement et la recherche, de même que pour l'engagement des professeurs dans l'élaboration de celles-ci», laisse savoir François Coallier, directeur du développement technologique et des services académiques de cet établissement rattaché à l'Université du Québec.
Mais qu'en est-il au juste de la normalisation logicielle? Aujourd'hui professeur de génie logiciel à l'ÉTS, Claude Laporte est d'abord un physicien de formation dont le savoir a profité durant de nombreuses années aux forces armées, avant qu'il n'occupe ses fonctions actuelles en 2000. Il fournit cette explication: «Jadis, on se souvient que, lorsqu'on a suivi nos cours en physique, en chimie, en biologie, il y avait des lois qui s'appliquaient et qu'on appelle les lois de la nature: celles de Newton et celles des équilibres chimiques, entre autres, qui sont toujours strictement valides, peu importe la situation, le jour de la semaine, la température, l'altitude et tout cela.»
Il en va autrement dans une sphère scientifique relativement jeune: «En génie logiciel, contrairement aux autres disciplines du même ordre comme le génie électrique, dont les fondations sont liées à ces lois de la nature qui sont toujours gagnantes et qu'on ne peut déjouer, on ne possède pas cette base de référence. Du temps où j'étais militaire, on a donc commencé à développer des logiciels dans un monde où c'était encore tout petit; on avait une idée d'une fonctionnalité, on commençait à coder et le tour était joué.» La situation a évolué: «Peu à peu, on s'est mis à produire de gros logiciels qui nécessitaient une approche un peu plus structurée; comme il n'y avait pas de loi en présence, les gens ont fait des découvertes au fur et à mesure qu'ils progressaient.»
Définition de normes
Les normes ont ainsi vu le jour: «On a commencé à définir graduellement des éléments, des morceaux, en se questionnant, par exemple, sur ce qui devait entrer dans un cahier des charges. Après plusieurs années, on s'est mis d'accord et on a réuni un consensus autour de la question; on a décidé d'appeler cela une spécification ou une norme de rédaction du cahier des charges.»
M. Coallier résume les propos de son collègue: «C'est en fait une documentation des bonnes pratiques basée sur un consensus d'experts internationaux qui suivent un processus très rigoureux, qui est celui de l'ISO.» Il ajoute: «Une norme, on la définit comme des patrons, des bonnes pratiques qui ont été documentées; l'ingénieur aura tendance à l'utiliser quand cela fait l'affaire, même si elle ne se présente pas comme la solution parfaite à 100 %. On peut obtenir un résultat de 80 % qui s'avère suffisant; inutile de chercher la perfection, qui n'existe pas sauf pour des projets qui coûtent très cher et qui n'aboutissent pas.»
Formation et marché
Le Département de génie logiciel est animé par 19 professeurs, et les étudiants des trois cycles universitaires sont au nombre d'environ 800. Le directeur, qui enseigne toujours, résume le programme: «Toutes les disciplines du génie sont basées sur les sciences, et celle qui sert de fondement pour le génie logiciel, c'est l'informatique; il y a en parallèle une très forte connotation de génie des systèmes et de génie industriel. Nos étudiants viennent des formations techniques collégiales; ils ont appris à programmer là-bas et, nous, on leur enseigne à concevoir et trouver des solutions.»
Beaucoup d'entre eux se dirigent vers la PME et, comme ils sont polyvalents, plusieurs vont également vers la grande entreprise: «On couvre les trois grands domaines où on trouve du logiciel: il y a le secteur de l'informatique de gestion, où on compte tous les CGI de ce monde, il y a le champ de ce qu'on appelle les systèmes embarqués, regroupant l'aérospatiale et les transports, et finalement il y a le monde du multimédia, qui couvre davantage que les jeux, avec la présence notamment de CAE créant des environnements virtuels pour l'apprentissage et la simulation.» Compte tenu de la vitalité de ces secteurs d'activité dans la grande région de Montréal, l'ÉTS manque d'é-tudiants pour répondre à l'offre d'emplois.
Un travail de défricheur
Le professeur Claude Laporte rapporte que l'histoire du génie logiciel ici ressemble quelque peu à celle de l'oeuf et de la poule: «Qui peut enseigner à des ingénieurs la formation dans ce domaine, quand il n'existe pas d'ingénieur de logiciels? L'ÉTS a donc puisé dans son réseau de contacts et a trouvé des hommes comme
M. Coallier et d'autres personnes qui étaient déjà dans l'industrie depuis déjà 10, 15, 20, 25 ou 30 ans; ces gens travaillaient dans différents domaines: l'un était chez Bell Canada, l'autre à la Banque Nationale et, personnellement, j'arrivais de la défense nationale. On s'est tous joints au département pour former le bac en génie logiciel.»
Chacun a puisé dans son domaine de compétence le savoir requis en matière de normes: «La plupart des gens qui se sont joints au corps professoral étaient dans des industries qui utilisaient déjà des normes. Chez Bell, c'était l'aspect des télécoms, le monde bancaire possédait son propre jeu de normes et le ministère de la Défense nationale avait également le sien.» L'ÉTS a profité de leur présence: «On avait acquis un intérêt dans ce domaine-là et, de fil en aiguille, on a investi du temps dans les différents comités de travail pour élaborer un cahier de normes en provenance de notre expertise.»
Cette équipe, appuyée par d'autres enseignants de l'ÉTS, s'applique à sensibiliser les jeunes à une normalisation logicielle encore inconnue d'eux et à faire en sorte éventuellement que les petites entreprises soient en mesure d'en faire usage plus largement et adéquatement, pour faciliter leurs activités et augmenter leur rendement.
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Collaborateur du Devoir








