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    Rideau au Planétarium

    Sur la photo, le projecteur Zeiss, qui recrée la voûte étoilée à chaque représentation, depuis 45 ans.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Sur la photo, le projecteur Zeiss, qui recrée la voûte étoilée à chaque représentation, depuis 45 ans.
    Alors qu’ils s’apprêtent à quitter pour de bon le Planétarium de Montréal pour de nouvelles installations, des employés y ont fait une curieuse découverte, la semaine dernière: une boîte de métal enfouie depuis des décennies derrière une pierre de la façade de l’édifice. «C’était courant dans les années 60 de cacher des objets lors de la construction d’un bâtiment», explique le directeur du Planétarium, Pierre Lacombe. À l’intérieur de la boîte, des coupures de journaux, dont la une du Devoir du 16 juillet 1965. En manchette: un congrès du NPD, une grève des facteurs, et la sonde Mariner-4 qui vient de transmettre à la Terre les premières images de la planète Mars. C’était un an avant l’inauguration du «Planétarium Dow», à deux pas de la gare Windsor, le premier grand planétarium du Canada.

    Dans cette capsule temporelle, on trouve, entre autres, une lettre d’un astronome amateur, Pierre Gendron. Il était aussi président de la défunte Brasserie Dow, qui a financé la construction du Planétarium. Une autre lettre, signée par le maire de l’époque, Jean Drapeau, annonce que l’institution «fera désormais partie de la vie culturelle et scientifique de notre Métropole.» La promesse fut tenue puisque, depuis le 1er avril 1966, plus de 6 millions de visiteurs ont assisté aux quelque 300 spectacles qui y ont été présentés. Les thèmes explorés vont de la vie dans l’espace aux trous noirs, en passant par les traditionnelles représentations du ciel étoilé.

    Au printemps 2013, le nouveau Planétarium Rio Tinto Alcan ira rejoindre les autres Muséums nature — Jardin botanique, Insectarium et Biodôme —, à deux pas du Stade olympique, dans des installations entièrement renouvelées. En effet, le planétaire — ce projecteur de marque Zeiss qui permet de recréer la voûte stellaire — commence à se faire vieux. L’objet aux allures de vaisseau spatial trône au centre de la salle de projection depuis l’inauguration, il y a 45 ans. «Les pièces du projecteur sont usées et il est de plus en plus difficile de les réparer», explique l’astronome du Planétarium et animateur de télévision, Pierre Chastenay. «Il arrive même qu’il y ait des étincelles pendant le spectacle!»

    À la réouverture du Planétarium, un projecteur plus moderne remplacera le Zeiss. «Ce sera la technologie la plus avancée au monde», annonce M. Chastenay. Pas question, toutefois, de se débarrasser de l’ancien. «Nos fantômes viennent avec nous!», lance-t-il en riant. Ainsi, le planétaire, de même que la statue de l’astronome Nicolas Copernic et le cadran solaire installés devant l’édifice actuel, seront exposés bien en vue au nouveau Planétarium.

    On proposera aussi deux salles de projection plutôt qu’une, et trois salles d’exposition. Les visiteurs pourront toujours admirer le ciel nocturne dans toute sa splendeur — constellations, Voie lactée, galaxies, aurores boréales, étoiles filantes —, mais M. Chastenay explique que la nouvelle technologie permettra également de voyager en profondeur dans l’Univers, de manière interactive, selon les désirs du public.

    Le nouvel édifice, en chantier depuis l’été, respectera les normes environnementales LEED Platine, explique le directeur du Planétarium, Pierre Lacombe. Le bâtiment sera notamment doté d’un toit de verdure, d’un système de récupération des eaux de pluie et sera construit en partie avec des matériaux recyclés. Quant à l’édifice qui abrite actuellement le Planétarium, son sort n’a pas encore été fixé. M. Lacombe affirme toutefois que l’École de technologie supérieure s’est montrée intéressée par l’emplacement.

    Après presque un demi-siècle, l’intérêt du public pour un tel musée de l’espace sera-t-il encore au rendez-vous? Pierre Lacombe et Pierre Chastenay sont convaincus que oui. «Les gens sont mieux informés qu’avant de ce qui passe en astronomie, mais la passion pour l’espace sera toujours là», croit M. Lacombe. Quant à M. Chastenay, c’est une visite, adolescent, qui a fait naître sa vocation d’astronome, comme bien d’autres visiteurs qu’il a rencontrés durant sa carrière.

    M. Lacombe espère que le nouvel emplacement, au centre d’un pôle touristique de la ville, fera doubler le nombre de visiteurs. En attendant la réouverture, les plus jeunes peuvent profiter du «Planétarium sur la route», un dôme gonflable qui se déplace dans les écoles. Pour les autres, il reste encore cinq jours pour voir le spectacle à l’affiche, «Fragments de système solaire». Ce lundi, M. Lacombe promet d’accueillir un par un les visiteurs qui viendront assister aux toutes dernières représentations, dans cette institution emblématique de Montréal.












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