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Un bateau au service des scientifiques

La station mobile sillonne depuis juillet dernier les eaux intérieures et côtières du Nunavik

Le fondateur du Centre d’études nordiques, Louis-Edmond Hamelin, a inauguré cette semaine un tout nouvel outil scientifique: un petit navire dédié à l’étude des eaux du Nord québécois.<br />
Photo : Clément Allard - Le Devoir Le fondateur du Centre d’études nordiques, Louis-Edmond Hamelin, a inauguré cette semaine un tout nouvel outil scientifique: un petit navire dédié à l’étude des eaux du Nord québécois.
Le nouveau bateau scientifique du Centre d'études nordiques (CEN), nommé le Louis-Edmond Hamelin, en l'honneur du fondateur du CEN, a été officiellement inauguré le 2 août. Il a toutefois connu son véritable baptême de l'eau en juillet , lors de sa toute première mission scientifique.

Le Louis-Edmond Hamelin est aujourd'hui une composante intégrale du réseau de stations de recherche du CEN. Pourtant, ce n'est pas ce qui avait été prévu au départ. «En 2006, nous avons reçu une subvention de Fonds canadien de l'innovation et du ministère de l'Éducation du Québec afin d'améliorer nos infrastructures de recherche, explique Claudia Zimmerman, responsable du dossier au CEN. Il était alors question d'acheter un bateau pour le transport, mais c'est seulement plus tard que nous avons pris la décision de faire de ce bateau une station de recherche mobile.»

Fabriqué par une firme terre-neuvienne, le Louis-Edmond Hamelin est un bateau (Sylver Dolphin) en aluminium de 26 pieds propulsé par deux moteurs de 135 chevaux-vapeur. Sa valeur se chiffre à 920 000 $. L'ensemble de l'équipement scientifique vaut à lui seul environ 800 000 $. Une cabine fermée occupe plus de la moitié du pont. «La cabine permet aux chercheurs de travailler à l'abri des intempéries, explique Patrick Lajeunesse, chercheur au CEN spécialisé dans la cartographie de milieux subaquatiques et principal utilisateur du petit navire. Nous avons choisi ce modèle de bateau car il est très stable et résiste donc aux fortes vagues puisqu'il peut même prendre la mer.»

Des instruments précis

Il n'est toutefois pas question pour autant de naviguer sur le Saint-Laurent ou de longer la côte atlantique pour se rendre au Nunavik. Le bateau est remorqué par la route jusqu'à l'endroit où il peut être mis à l'eau. Et si la destination à atteindre n'est pas desservie par une route? «Nous le remorquerons alors à notre station de recherche à Kuujjuarapik, que l'on appelait autrefois Poste-de-la-Baleine, et de là un pilote inuit le mènera vers le nord. Le bateau servira principalement à cartographier le fond des lacs et les fonds côtiers», affirme M. Lajeunesse.

En règle générale, le bateau accueillera trois ou quatre chercheurs. Il n'y a pas d'espace d'hébergement sur le Louis-Edmond Hamelin, les chercheurs doivent donc faire du camping sur la terre ferme ou si possible loger dans un camp.

Le Louis-Edmond Hamelin est équipé de plusieurs instruments scientifiques, dont au premier chef un échosondeur multifaisceaux. «Ce sonar peut atteindre une profondeur de 300 mètres, dit le chercheur. Comme son faisceau est plus large, cela réduit le nombre de passages à effectuer pour cartographier un lac. Cet instrument nous donne une cartographie 3D de la morphologie de la surface du fond et permet d'identifier le type de sédiment, que ce soit du roc, du gravier ou du sable.»

Il y a aussi un profileur de sous surface. «Ce sonar émet une onde sonore de basse fréquence qui nous permet de pénétrer sous la surface, jusqu'à une profondeur de 40 à 50 mètres. Cet instrument nous permet de voir les différentes couches de sédiment et d'établir une séquence sédimentaire que nous pouvons dater», explique M. Lajeunesse, ajoutant que pour plus de précision, une carotte de sédiment pourra être prélevée pour ensuite être datée au carbone 14.

«Le troisième sonar que nous utilisons est un sonar à balayage latéral. Cet instrument nous donne une sorte d'image 2D du fond, un peu comme une photographie.»

Au gré des besoins

Tous ces instruments sont évidemment connectés à un ordinateur et les données recueillies sont affichées sur les trois ou quatre écrans reliés à ce dernier. Ce sont ces instruments qui ont servi lors de la première mission scientifique du Louis-Edmond Hamelin par Patrick Lajeunesse et son équipe, qui ont réalisé une étude géomorphologique du fond du lac Walker, un lac de vallée glaciaire situé sur la Côte-Nord, dans la réserve faunique Port-Cartier-Sept-Îles, à une trentaine de kilomètres au nord de Port-Cartier.

Fait à noter, aucun de ces instruments scientifiques n'est fixé de manière permanente au bateau. Il faut donc environ deux jours pour les installer. «Nous avons choisi de ne pas fixer les instruments en permanence afin de donner davantage de polyvalence au bateau. Il est donc possible pour d'autres chercheurs d'installer d'autres instruments scientifiques. Le Louis-Edmond Hamelin peut ainsi servir à faire différents types de recherches, selon les besoins des chercheurs», conclut M. Lajeunesse.

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