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Le train numérique passe, le Québec reste à quai

Un retard dans les technologies de l'information risque d'isoler la province, dit un spécialiste

Les technologies de l’information souffrent au Québec d’un manque d’investissements.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les technologies de l’information souffrent au Québec d’un manque d’investissements.
Le train numérique passe et le Québec serait sur le point de le manquer. Pis, un retard accumulé dans l'adoption des technologies de l'information (TI), et ce, dans toutes les sphères de l'activité humaine, risque à terme d'aggraver l'appauvrissement général de la province et sa capacité à interagir avec le reste du monde, croit l'universitaire Benoît Aubert, qui appelle à une remise en question profonde du modèle québécois pour l'inscrire bel et bien dans son temps.

«En matière de technologies de l'information, le Québec est en retard, lance le professeur de HEC Montréal et chercheur au Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO). Les gens ne le voient pas parce qu'ils ne mesurent pas ce qui se passe ailleurs dans le monde. Ici, ça ne bouge pas vite. C'est problématique. Et ça devient même inquiétant.»

Pour le CEFRIO, qui tient aujourd'hui à Québec un débat sur l'avenir numérique du «modèle québécois» — débat auquel M. Aubert va prendre part —, la chose est pourtant entendue: les technologies de l'information permettent dans une société des gains de productivité importants, mais aussi la mise en place d'innovations structurantes qui, à terme, peuvent permettre la création de richesse et, par effet d'entraînement, l'accroissement des perceptions fiscales pour financer les services publics.

Or, faute d'investissements suffisants dans le domaine des technologies de l'information, cette perspective est en train d'échapper au Québec, estime M. Aubert. «Pour le moment, on fait du sur-place, dit-il. Nos PME n'investissent pas assez dans les TI. Elles n'ont pas la technologie d'entreprises modernes d'aujourd'hui. Leur présence sur le Web est statique. Rares sont celles qui favorisent les transactions en ligne. Elles vont se faire dépasser.»

La critique serait valable aussi pour le gouvernement, dont la mise en format numérique de ses rapports avec les citoyens est loin d'impressionner le chercheur. «Prenez le dossier patient [l'informatisation des informations médicales], dit-il. Regardez ce qui se fait au Québec [où les ratés de ce nouveau système ont été récemment dénoncés] et allez voir ce qui se fait dans des pays développés. C'est le jour et la nuit.»

Pour M. Aubert, le temps est donc venu de sortir de la paralysie — c'est ainsi qu'il qualifie le modèle québécois — en mettant les TI à toutes les sauces. «C'est un moyen pour être plus productif, pour faire mieux les choses et plus rapidement, dit-il. Si l'on ne prend pas ces moyens-là, on va finir par ne plus pouvoir financer de projet de société, quel qu'il soit.»

Selon lui, le gouvernement doit d'ailleurs donner le ton, en stimulant et en créant un environnement propice au développement des TI. «Dans plusieurs pays, on peut payer son parcomètre avec son téléphone cellulaire, ses billets de train, d'autobus ou de spectacle, dit-il. Mais pas ici. Le coût des communications sans fil est souvent présenté comme un frein à ces applications. C'est en partie vrai, et les décideurs publics ont des responsabilités à prendre.» Comment? En laissant entre autres jouer la concurrence sur ce marché, dit l'universitaire, afin de faire chuter les prix, au profit du consommateur.

«Au début du XXe siècle, certaines personnes disaient que le téléphone n'était pas utile, puisqu'on pouvait s'écrire, souligne M. Aubert. Aujourd'hui, on peut effectivement dire que le paiement en ligne n'est pas une nécessité. Mais, dans une époque où les outils de développement sont technologiques, il faut accepter aussi de vivre avec les conséquences.»
 
 
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  • jacques noel - Inscrit
    17 juin 2010 07 h 44
    Le vrai scandale: le cout
    Le vrai scandale c'est le cout des télécoms au Canada.
    En France, on peut avoir le cell, le cable et l'internet, pour 30 euros, moins de 40 piasses. Icite, y'a rien en bas de 100 piasses par mois. Pis encore.
    Pour baisser les prix, faut ouvrir le Canada à la compétition. Hélas, le gouvernement protège ses tinamis plutot que de penser aux consommateurs.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    17 juin 2010 09 h 23
    Un autre scandale: le corporatisme
    Les tinamis, Monsieur Noel, sont aussi parmi nous. Nos libraires, nos médias, nos enseignants, nos docteurs défendent tous leur pré carré sans égard aux technologies. Chaque réseau numérique qui s'installe chasse un peu plus le corporatisme dominant au Québec, parce que la clientèle québécoise peut dès lors acheter ailleurs, s'instruire ailleurs, ou consulter qui elle veut tout en payant moins cher. Le bilinguisme tant décrié vient multiplier les possibilités, au grand dam de nos élites.
    Dans le Québec captif parce que francophone, ces nouveaux réseaux menacent bien des monopoles. Mais il est également vrai, comme vous le dites, que nous payons beaucoup trop cher pour accéder à ces services libérateurs.
    Nous sommes cocus deux fois.
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  • Gilles Denis - Abonné
    17 juin 2010 10 h 10
    Coût du billet est trop élevé
    Monsieur Aubert semble un passionné des TI et il attribue à celles-ci tellement de vertus que nous pouvons douter un peu de celles-ci Les erreurs de programmations dans les TI causent souvent des pertes aussi importantes que les économies réalisées. Reconnaissons toutefois qu'un pays comme le Canada devrait normalement suivre ses semblables et faire un meilleur effort pour améliorer la situation. Comme l'a souligné le professeur et les commentateurs le coût élevé frêne actuellement notre train. Au départ, le CRCTC était un organisme de régularisation dans le domaine des communications fort utile pour les Canadiens en protégeant notamment notre souveraineté culturelle. Depuis la mondialisation des communications notamment à l'aide des satellites et de l'internet, cet organisme peut parfois constituer un frein au développement des TI en diminuant la concurrence. Plusieurs consommateurs ne peuvent pas assumer les coûts tres élevées reliés à l'internent et à la téléphonie sans fil. Le quasi monopole existant actuellement dans le monde des communications empêchent une évolution semblable à celle de nos partenaires.
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  • Helene Bouchard - Abonnée
    17 juin 2010 10 h 22
    I have a dream
    Je fais un rêve...d'avoir l'internet haute vitesse ( la vraie) chez moi.
    Rien ne se rend, sauf par satellite à 199$ par mois, pour une vitesse moyenne réelle de meme pas 750k ( même si on annonce 2M ). Regarder une video sur youtube? pas plus que 3, windows fait sa mise à jour?on coupe la vitesse ...partage équitable. Et je reste à 30 minutes de Sherbrooke. Il y a environ 10 ans , on avait encore des téléphones partagés à 4 dans les campagnes du Québec.
    Honnêtement , je ne savais même pas que le train passait et qu'il existait des rails!
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  • Claude Archambault - Inscrit
    17 juin 2010 10 h 33
    M Noel
    Vous dites des sottises, Internet coute en moyenne $30 par mois et Vidéotron offre pour environ 65$ une très grande vitesse avec 100 gig par mois.

    Avez vous déjà voyagé? Ici dans presque tous les hôtel internet est gratuit, en Europe, En Espagne particulièrement çà peut atteindre 15 Euro par jour.

    Arrêtez de freaker sur les tinami. Car sans tinami on est malheureux dans le monde. Ceux qui n'ont pas de tinami habituellement sont des gens détestables.
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  • Régis Desrosiers - Inscrit
    17 juin 2010 13 h 54
    Je me lève debout et j'applaudis M. Aubert.
    Je suis 100% d'accord avec M. Aubert. Le Québec est très en retard et ce, dans plusieurs domaines comme la distribution de films en ligne et les livres électroniques. En France, ils ont accès à des films Français sur iTunes mais au Québec, les seuls films québecois qu'on y tronve, comme Polytechnique, y sont en version unilingue angaise. C'est à croire que les gens de la régie du cinéma ne considèrent pas Internet comme un moyen sérieux de distribution. Aucune station de télé québecoise ne permet d'acheter des émissions en ligne. Aux États-Unis, des dizaines et des dizaines de canaux le permettent. C'est la même histoire pour les livres en format électronique. "jelis.ca" vends timidement quelques livres mais les auteurs québecois s'y font très rares. Le résultat c'est que les consommateurs d'ici n'ont pas le choix que de se tourner vers la culture américaine. C'est très grave.
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  • s bilodeau vaillancourt - Inscrit
    17 juin 2010 17 h 37
    différence
    Sincerement je croit qu'il voulais juste chialer notre Aubert. Car sincerement par chez nous on a internet illimiter, haute vitesse, téléphone, cable pour 67$ par mois. Nous avons pas super ultra vitesse sa sert absolument a rien , j'écoute exclusivement ma musique sur youtube et je le met toujours en HD et sa bug pas aucun temps d'attente, mon ordinateur stun 2005 et il est beaucoup plus rapide que plusieur ordinateur, je peux etre sur youtube, facebook, le devoir ,msn, Limewire (pour télécharger des video) Utorrent (pour faire du téléchargement multiple a partir d'internet) et jouer a un jeux en mem temps et j'ai aucun bug/ralentissement/ou difficulter avec mon ordinateur et en plus j'habite en campagne ! Alors trouver vous d'autre raison de chialer, la vitesse sur internet ses pas cher et accessible
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  • Régis Desrosiers - Inscrit
    18 juin 2010 08 h 06
    Mais que fait on avec toute cette vitesse?
    Ce qui est grave, ce n'est pas le taux de transfert, c'est ce qu'on fait avec. Je ne sais pas pourquoi au Québec, nous avons l'impression d'être à l'avant garde (peut-être parce que Daniel Langlois à écrit une application il y a 20 ans) mais c'est loin d'être le cas. Où sont les cours universitaires en ligne comme iTunesU? Où sont les livres audio québecois comme Audible? Combien de roman québecois peut-on acheter pour mettre dans un Kindle? Combien de films québecois peut-on acheter par AppleTV? Combien de magazines québecois peut-on lire dans un iPad? Combien de film québecois peut-on télécharger par Netflix? Combien de Podcast vidéo? Que fait-on au Québec pour faire la promotion de notre culture pourtant si riche et si distincte par Internet? On vent des t-shirt des têtes à claques? À Montréal, l’achalandage annuel des trains de banlieue est de près de 16 millions de passagers, ces 16 millions de passagers ne peuvent écouter des séries télé québecoises achetés en ligne. Ils sont forcés de se tourner vers les séries télé américaines comme Lost, Heroes et autres. Ils n'ont tout simplement pas d'autres choix.
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  • Mapoisson - Inscrit
    19 juin 2010 09 h 16
    Les leaders du Québec
    Pour toute grande initiative, tout grand programme, ça prend des leaders, des champions. Or, à l'exception des gens qui vivent des TI (et qui ne sont souvent pas connus du grand public), quel leader politique québécois (pour ne parler que de ceux-là) se fait (et s'est fait dans le passé) le champion des TI? Landry? Non! Bouchard? Certainement pas! Charest? Pas vraiment! Marois? À moins que les choses changent, nada! Il y a peut êlre le maire de Québec qui fait de la modernisation des TI de la ville un enjeux important ... à travers 20 autres enjeux importants!

    Par comparaison (et soyons extrèmes), regardez Obama. C'est un utilisateur de TI, il est lui même un champion des TI et nomme un umber-champion, un CIO fédéral passionné. Des miliards d'investissements sont engagés en TI ... Pour le dossier patient entre autres.
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  • Chryst - Abonné
    29 juin 2010 15 h 59
    Le train numérique offre d’insoupçonnables possibilités
    Comme le disait au Devoir l’inventeur du numérique, parlant de nos administrateurs : « they don't know what they don’t know »

    Malgré peut-être la pire forme de l’ataxie, nous sommes plus productif que jamais grâce à l’ordinateur qui nous permet presque tout.

    L’ordinateur, le numérique, la toile et les multiples applications, quelles merveilleuses inventions. Ces dernières sont toutefois sous-utilisées, comme le prétend monsieur Aubert.

    S’il connaît un peu la base de données, il saura que les paramètres de localisation de tout point d’échantillonnage, obtenu par satellites, peuvent être intégrés à toute banque de données pour servir ensuite à la cartographie des points voulus. Et ce n’est là qu’un aperçu des possibilités multiples de la base de données.

    Michel Thibault ing. f. m. sc.
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