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Des signes de conscience chez des patients dans un état végétatif

«Certains pourraient éventuellement exprimer leurs pensées, contrôler leur environnement et ainsi accroître leur qualité de vie»

Pauline Gravel   5 février 2010  Science et technologie
Cerveau
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On se souvient du Belge Rom Houben, que l'on croyait plongé dans un état végétatif à la suite d'un traumatisme crânien, et qui pendant les 22 ans qui ont suivi son accident d'automobile était pourtant conscient sans jamais pouvoir communiquer. Le neurologue belge qui avait réussi à prouver en 2006 qu'Houben était bel et bien conscient a poursuivi ses recherches sur d'autres patients. Et voici qu'en collaboration avec des collègues belges et britanniques, il affirme dans un article publié hier dans le New England Journal of Medicine (NEJM) avoir mis en évidence des signes de conscience dans le cerveau de cinq patients ayant été cliniquement déclarés dans un état végétatif, c'est-à-dire dans un éveil inconscient.

Les patients qui se trouvent dans un état végétatif traversent un cycle de sommeil et d'éveil. «Ils ont les yeux fermés ou ouverts selon qu'ils sont endormis ou éveillés, mais ils n'établissent aucun contact avec leur environnement. On a beau solliciter un contact, attendre une réponse à nos ordres, nous ne voyons aucune réaction. Si la personne est consciente à l'intérieur d'elle-même et qu'elle est incapable de le démontrer par une action motrice, nous n'en saurons rien», explique d'entrée de jeu la Dre Jeanne Teitelbaum, neurologue spécialisée dans les soins intensifs à l'Institut neurologique de Montréal de l'Université McGill.

40% des patients

Selon les auteurs de la publication du NEJM, environ 40 % des patients que l'on croit dans un état végétatif parce qu'ils sont totalement incapables de communiquer seraient potentiellement conscients.

«Depuis longtemps, on cherchait des moyens de savoir ce qui se passe dans le cerveau de ces personnes afin d'obtenir des signes qui pourraient nous indiquer notamment si elles ont des chances d'émerger un jour de leur état végétatif ou si elles y resteront pour toujours, comme c'est le cas pour la grande majorité des patients, poursuit la Dre Teitelbaum. Aujourd'hui, l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle [IRMF] nous le permet en nous montrant l'intensité de la perfusion sanguine dans les différentes régions du cerveau, une information qui nous renseigne sur l'intensité de l'activité des neurones de chaque région.»

L'expérience

Les équipes du Dr Steven Laureys, du Service de neurologie de l'Hôpital universitaire de Liège en Belgique, et du neuroscientifique Adrian Owen, du Medical Research Council à Cambridge en Angleterre, ont demandé à 54 patients se trouvant dans un état végétatif et que l'on avait introduit dans un scanner d'IRMF, d'imaginer dans un premier temps qu'ils jouaient au tennis, et dans un second temps qu'ils se déplaçaient dans leur maison d'une pièce à l'autre. Chez 5 de ces 54 patients, le fait de penser à l'activité motrice associée au tennis a induit l'activation du cortex moteur du cerveau (l'aire motrice supplémentaire), tandis que le fait de se visualiser dans leur maison a suscité une mise en branle des aires spatiales (le gyrus parahippocampal). «Cette expérience a démontré que ces cinq patients avaient la capacité de décoder l'information et de moduler leur activité cérébrale», souligne la Dre Teitelbaum.

Les chercheurs ont ensuite réussi à établir une voie de communication avec l'un de ces cinq patients, après lui avoir donné la consigne de penser au tennis lorsqu'il voudrait dire «oui» et de s'imaginer dans sa maison quand il désirerait prononcer «non». Grâce à l'IRMF, les chercheurs ont ensuite pu mettre en évidence que ce jeune de 29 ans — qu'on disait dans un état de «conscience minimale», car on avait décelé chez lui de façon intermittente une réponse physique à des questions — était effectivement conscient puisqu'il a répondu correctement à diverses questions d'ordre autobiographique.

«Cette méthode pourrait servir à demander aux patients s'ils éprouvent de la douleur et cette information pourrait être utile pour déterminer s'il est souhaitable de leur administrer des analgésiques. Elle pourrait aussi permettre à certains patients d'exprimer leurs pensées, de contrôler leur environnement, et ainsi d'accroître leur qualité de vie», font valoir les chercheurs dans leur publication.

Prudence de mise

Mais comme le fait remarquer le neurologue Allan Ropper, de Brigham et du Women's Hospital à Boston dans un éditorial publié dans le NEJM et intitulé «Cogito ergo sum by MRI», il faut être prudent avant d'affirmer qu'une activité neuronale est signe d'une pensée pleinement consciente, comme l'a défini René Descartes. Ne sachant pas jusqu'à quel point la conscience qui subsiste chez ces patients est élaborée, il faudra interpréter prudemment les réponses qu'ils donneront aux «questions subtiles qui exigent l'intégration de beaucoup d'informations, et d'éthique et de cogitation», ajoute la Dre Teitelbaum, qui souligne le fait que ce nouvel article «nous montre avant tout qu'il est possible d'établir une certaine communication avec ces patients».

«L'article ne se prononce toutefois pas sur le pronostic. La suite de cette recherche consistera à répondre à cette deuxième question et à voir s'il est possible de réveiller ces patients et de leur redonner la capacité de communiquer de façon motrice», comme cela a été possible pour Rom Houben, qui peut aujourd'hui taper ce qu'il veut dire sur un écran d'ordinateur. Des recherches sont en effet menées dans le but de mettre au point des traitements qui permettraient de moduler l'activité cérébrale et ainsi de redonner aux patients la possibilité de communiquer de façon motrice. Parmi les traitements explorés, on trouve la stimulation électrique de certaines régions du cerveau et le recours à des médicaments susceptibles d'influer sur la concentration de certains neurotransmetteurs du cerveau.

Selon la Dre Teitelbaum, «cette nouvelle étude nous aidera à identifier les patients qui ont un réel potentiel de récupération», car comme le confirment les auteurs de la publication, ceux-ci sont loin de représenter la majorité des cas. L'article souligne aussi le fait que les examens cliniques qui sont effectués au chevet du patient sont parfois insuffisants pour mesurer le véritable état de conscience de certains patients incapables de manifester physiquement ce qu'ils pensent.
 
 
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    5 février 2010 07 h 21
    Une conscience comatique
    Il y a une 20aine d'années, suite à une opération, et à des complications majeures, mon père a été plongé dans un coma profond... selon les médecins. Au soir de la 10e journée, le médecin traitant nous a informé que papa ne verrait pas le lendemain. Mon frère aîné et le cadet décidèrent de passer la nuit, et je raccompagnai maman à la maison paternelle.

    Le lendemain, vers les six heures, mon frère m'appela et me dit:


    -- Quelqu'un veut te parler.

    C'était mon père. Je n'en croyais pas mes oreilles. Je sautai dans la voiture et me rendit à l'hôpital pour y retrouver mon père, très blème mais souriant. Dans les semaines qui suivirent, il nous raconta qu'il nous entendait parler et pleurer...

    Le médecin traitant n'a pas été en mesure d'expliquer ce retournement des choses,,,
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  •  
  • Yvon Roy - Abonnée
    5 février 2010 09 h 10
    politiciens
    On pourrait peut-être faire passer ce test à quelques politiciens.
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  • France Marcotte - Abonnée
    5 février 2010 10 h 19
    Mourir en Occident
    Cette découverte et son annonce coïncident avec les préoccupations actuelles sur l'euthanasie et le suicide assisté. Imaginer qu'une personne, même ou surtout âgée, puisse entendre ses proches décider de sa mort alors qu'elle ne peut pas intervenir est assez terrifiant. J'aimerais qu'on fasse autant de cas des milliers de personnes conscientes qui meurent de faim chaque jour.
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  • Sara Di Pietrantonio - Inscrit
    5 février 2010 10 h 35
    frissons
    Augustin, votre histoire m'a donné le froid dans le dos!
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  •  
  • LeRévoltéTranquille - Abonné
    5 février 2010 11 h 16
    La Science triomphe toujours, s'agit de s'en servir à bon escient
    En cette p'tite journée tranquille au bureau, coup de tonnerre dans ma tête et dans mon esprit.

    Toutes mes certitudes autant que mes incertitudes viennent de voler en éclats. La Science vient de triompher sur un mystère épais dont quiconque de sensible aux autres et à la souffrance humaine se doutait depuis longtemps, mais n'osait pas verbaliser sans preuves solides.

    Toutes mes excuses aux grefféEs qui me liront, mais une responsabilité personnelle involontairement immense de continuer à vivre vous imcomberait si tout ça était avéré.

    Va-t'on vivre un retour du sacré et de l'absolu dans la vie ?

    Cette nouvelle est émouvante à en pleurer, surtout quand à mon âge (fin de quarantaine) on a vu quelques proches nous quitter (bel euphémisme) sans réellement savoir s'ils ou elles étaient vraiement 'mûrEs'.

    L'effroi devant le grand vertige de la vie me ramène à notre finalité et notre dignité, aux limites de la liberté d'autrui et de la très grande prétention de quiconque dit savoir quand et comment la vie se termine, d'autant plus que ce quiconcque est diplôméE pour ce faire.

    L'humilité que j'éprouve s'incline devant la Science qui élucide les mystères que Dieu (ou la Nature) nous a laissés à résoudre.

    Et toute personne un tant soit peu sensible à ces choses devrait éprouver le même sentiment d'intense et immense humilité.

    Raison de plus pour faire prévaloir le droit à la vie dans son testament ou son mandat d'inaptitude.

    J'aimerais entendre (ou lire) le père Benoît Lacroix ou J-Claude Leclerc notamment, là-dessus.
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  •  
  • Maurice Monette - Abonné
    5 février 2010 12 h 36
    Il faut être très prudent en interprétant de tels résultats car,...
    ...si les Médecins Spécialistes obtiennent diverses réponses de ces quelques exceptions, notons tout de même qu'il ne s'agit que de réactions répondant à des stimuli d'ordre physiologique. Ce qui ne demande aucune somatisation de la part du véhicule charnel(le) ou corps physique. Ces quelques exceptions avec lesquelles on semblent avoir pu entrer en contact, ne seraient plutôt que des réponses par automatisme animal. Invraisemblablement, ce ne sont que des réponses "machinales" qu'on semblent vouloir associer à une possibilité que l'esprit ou âme des patients(s) soit de retour dans leur véhivule charnel(le) ou corps physique mais, il n'en est rien !

    Quelques personnes ont déjà "eu vent" de ma propre période de seconde naissance, suite à un sévère accident d'automobile survenue le 16 décembre 1982, vers 07:00 hres. Mon corps physique ou le véhicule charnel de mon esprit fut amené à l'hôpital où on a dû stabiliser l'état traumatique dans lequel il était. Mais, moi, mon esprit ou âme conscient(e) de ce qui se passait, ne pouvais qu'observer les gens qui s'affairaient pour le stabiliser et le panser. J'ai bien essayé quelques fois de les prévenir que j'allais bien, ce, jusqu'à ce que je prenne conscience que j'étais à l'extérieur de celui-ci et qu'on ne pouvait percevoir mes paroles (messages) car, j'étais dans une autre dimension plus éthérée. J'ai alors été "aspiré" dans un "tunnel" et me suis retrouvé parmi mes parents et amis(es) qui étaient décédés(es) pendant que j'étais dans mon corps physique, durant les temps qui ont précédés mon "incident du 16-12-82".

    Puis, j'ai eu droit à une session intensive d'informations sur le travail qui m'attendrait si je choisissais de retourner dans mon corps physique, mon véhicule charnel. Ce fut une période de coma profond d'environ 18 jours, pendant laquelle mon corps physique est resté amorphe. Cette période fut suivie de ce qu'on appellent une étape de semi-coma (qui a durée environ un (1) mois et demie) où nous sommes en "retraite fermée" pour décider si nous relevons la Tâche qui est attendue de nous. Pendant cette période, notre corps physique répond à diverses impulsions très primitives. Ce ne sont que des réflexes machinaux (mécaniques) de celui-ci. Puis, ayant accepté de relever le Défi qui m'était proposé, je (mon égo, mon esprit, mon âme ou mon corps spirituel, etc...) suis revenu entièrement dans son corps physique ou son véhicule charnel ayant subis maints traumatismes assez graves. D'une gravité ayant nécessité au moins vingt (20) ans pour pouvoir dire que je suis redevenu physiquement l'homme que j'étais avant cette date d'initiation. Certains(es), dont je suis, appellent Ça une seconde naissance.

    Bref, nous sommes loin du sujet de l'Article auquel cette Réaction est destinée. Sauf que, le fait qu'on obtient des réponses à divers stimuli qui devraient provoquer une telle réaction machinale de la part de ces corps physiques inhabités, ne doit pas être pris pour une preuve que l'esprit ou âme de la personne en situation de "caténaire" (situation de recevoir l'impulsion de vie ) est revenu(e) dans celui-ci car, l'esprit ou âme n'y retournera jamais. C'est que de nos jours, avec tous les progrès technologiques qui ont été faits, il n'y a plus de limite lorsqu'il s'agit de maintenir vivant un corps physique inhabité et ça devient de l'acharnement pour tenter de prouver qu'un corps physique , le véhicule charnel(le) potentiel(le) d'un esprit ou d'une âme, n'a pas besoin d'être maîtrisé(e) par celui / celle-ci pour dire qu'il ou elle vit.

    C,est tellement dénué de sens profond de ce qu'est la Vie Incarnée Ici-bas, qu'on voient bien que ce n'est qu'une "baudruche" pour soutirer des fonds de recherches pour les hôpitaux spécialisés dans les domaines neurologiques. Il y a toujours bien une limite à ce qui est humainement possible.

    Votre Ami,
    Mairice Monette
    Biologiste #939
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