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Une première ébauche du génome du porc

Il aura fallu près de vingt ans de travail pour proposer une première ébauche du génome du porc, un pas important franchi hier par une équipe internationale. Cette avancée n'est pas anodine sachant que le porc n'est pas qu'un habitué de nos assiettes. Le porc est aussi un allié thérapeutique précieux, spécialement en ces temps de pandémie où chaque fragment d'informations vaut son pesant d'or.

Par sa constitution, «le porc partage de nombreuses similitudes avec l'homme», tant sur le plan physiologique que génétique, confirme Larry Schook, professeur de sciences biomédicales à l'Université de l'Illinois et principal responsable de ce projet de séquençage. Le porc a notamment sa place en chirurgie cardiaque et dans les greffes de peau ou certains modèles immunologiques, pour ne citer que quelques exemples parmi les infimes possibilités découvertes par les scientifiques au fil des ans.

Sans oublier des clés importantes pour comprendre les virus de la grippe, y compris le fameux A(H1N1) dont la souche était, rappelons-le, à l'origine strictement porcine. Selon le Dr Richard Gibbs, un chercheur américain qui n'a pas participé au projet, ces travaux constituent d'ailleurs un «pas important» dans la recherche de nouveaux vaccins protégeant les porcins de la grippe A(H1N1).

Des leçons pourront aussi être tirées sur le mode de vie moderne, le cochon partageant avec l'homme certaines parentés sur le plan des besoins nutritionnels. «Le porc est l'animal idéal pour observer les questions de mode de vie et de santé», estime Larry Schook, qui cite des études intéressantes sur l'obésité.

Sur le plan strictement alimentaire, les avancées s'annoncent aussi importantes, rappelle Steve Kappes, un des responsables du service de recherche agricole au ministère américain de l'Agriculture. Selon lui, le séquençage du porc d'élevage «devrait accélérer les progrès dans l'amélioration génétique de la race porcine comme le séquençage du bovin a un important impact génétique sur la production laitière».

Précisons que l'équipe de chercheurs, qui comprend des Américains et des Européens, a décodé 98 % des gènes du Duroc, une lignée figurant parmi les cinq races porcines les plus utilisées dans le monde pour la production de viande.

*****

Avec l'Agence France-Presse et l'Associated Press
 
 
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