L'INRS en réseau - Les changements climatiques sont pris en charge par la planète
Les changements climatiques représentent l'un des grands défis que le monde devra relever au cours des prochaines années. Heureusement, pour aider les gouvernements à s'adapter à ces changements, des chercheurs travaillent d'arrache-pied pour élaborer des scénarios possibles. C'est ce que fait Taha Ouarda, professeur à l'Institut national de recherche scientifique (INRS), CentreEau Terre Environnement, avec des collègues d'autres universités québécoises et étrangères.
Le projet intitulé «Modélisation probabiliste des changements régionaux dans la variabilité climatique» réunit des chercheurs de l'INRS, de l'Université McGill, de l'UQAM, de l'Université de la Colombie-Britannique et de nombreux partenai-res étrangers.
«L'idée, c'est de développer des scénarios climatiques qui tiennent compte des variabilités et pas seulement des tendances globales. Parce qu'on peut avoir deux scénarios qui ont une même moyenne de réchauffement, mais l'un dont les extrêmes sont très éloignés de la moyenne, alors que, dans l'autre, ils sont très proches. Les conséquences de ces deux scénarios ne seront pas du tout les mêmes», affirme M. Ouarda.
Parce que, évidemment, ce sont ces extrêmes qui causent souvent les plus grands dommages aux populations. Un bon exemple, d'après le chercheur: la canicule qui a frappé la France en 2003 et qui a fait des milliers de morts. «Nous ne sommes pas à l'abri de ça au Québec. Pour pouvoir se préparer en conséquence, il faut développer des scénarios climatiques extrêmes plausibles, et aussi déterminer quel-les sont les probabilités qu'ils se produisent», explique Taha Ouarda, spécialisé en hydrologie statistique.
Prévoir l'incertain
Les chercheurs tiennent aussi compte des incertitudes. Parce que, lorsqu'on étudie les extrêmes, comme plus ou moins 5 % ou encore plus ou moins 10 % dans un scénario, cela fait toute une différence. «Nous faisons des évaluations systématiques et consistantes des incertitudes pour leur donner une valeur», précise-t-il.
En plus de travailler sur les variations de température, les chercheurs se penchent sur les précipitations. Une augmentation des précipitations a des effets positifs comme des effets négatifs, et, dans un cas comme dans l'autre, les gouvernements doivent s'adapter.
«Par exemple, des précipitations plus abondantes ont pour effet qu'on peut faire plus d'hydroélectricité avec le même ouvrage, ce qui est une bonne chose. Toutefois, il faut gérer le barrage pour qu'il soit capable de prendre ce surplus d'eau», indique M. Ouarda.
Les gouvernements doivent aussi protéger les populations contre les inondations. «On peut penser que des événements comme le déluge du Saguenay qui s'est produit en 1996 deviendront plus fréquents avec le réchauffement climatique. Les gouvernements doivent donc modifier leurs ouvrages de drainage urbain pour qu'ils soient en mesure de recevoir plus de pluie, afin d'éviter les inondations et ainsi de protéger les populations», explique M. Ouarda.
Un travail en collaboration
Ce grand projet de recherche international réunit des scientifiques du Canada, de l'Europe et des États-Unis, mais chacun travaille sur son coin de pays. «C'est aussi une question de financement. Chaque chercheur doit utiliser le financement qui provient de sa région pour travailler sur des problèmes qui ont un impact sur sa région. C'est logique», indique M. Ouarda.
Les volets québécois et canadien du projet de modélisation probabiliste des changements régionaux dans la variabilité climatique ont reçu une subvention de 472 000 $ du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et de 610 000 $ du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada. Les nombreux partenaires internationaux du projet peuvent compter sur un financement de plus de 14,5 millions.
Les différents chercheurs arrivent tout de même à travailler en équipe. «Comme nous avons des objectifs similaires, mais adaptés à des régions différentes, nous partageons nos méthodes, nous échangeons et nous profitons des recherches des autres», ajoute-t-il.
Au Québec, outre M. Ouarda, les principaux chercheurs engagés dans ce projet de recherche sont Philippe Gachon, de l'UQAM et d'Environnement Canada, Van Thanh Van Nguyen, de l'Université McGill, André Saint-Hilaire, de l'INRS, et René Laprise, de l'UQAM. Viennent se greffer à l'équipe William Shieh, de l'Université de la Colombie-Britannique, et de nombreux partenaires étrangers.
***
Un laboratoire hydraulique de 8,6 millions pour l'INRS
Les recherches de l'INRS - Centre Eau Terre Environnement sur les conséquences des changements climatiques ont le vent dans les voiles. Industrie Canada et le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation viennent tout juste d'annoncer la construction d'un laboratoire hydraulique pour mettre au point des démarches durables de gestion du littoral en érosion, dans le contexte des changements climatiques.
«Nous pourrons tester les modèles que nous avons développés dans cet immense canal de 120 mètres de long, qui contiendra 3000 mètres cubes d'eau et dans lequel nous simulerons des vagues. Ainsi, nous pourrons simuler les conditions physiques existantes dans tous les cours d'eau du Québec», affirme Yves Bégin, directeur du Centre Eau Terre Environnement de l'INRS.
Ce type d'infrastructure aidera énormément des entreprises comme Hydro-Québec dans la gestion et la construction de barrages. «Les barrages doivent maintenir un certain débit d'eau pour, par exemple, protéger certaines espèces de poissons. Avec nos nouvelles installations, nous pourrons arriver avec des données précises et vérifiées», ajoute M. Bégin.
Le projet de 8,6 millions, financé dans le cadre du Programme d'infrastructure du savoir, sera réalisé dans le Parc technologique à Québec. Il s'agira alors du quatrième laboratoire en importance du genre dans le monde, après ceux actifs aux Pays-Bas, au Japon et aux États-Unis (Oregon).
Collaboratrice du Devoir
Le projet intitulé «Modélisation probabiliste des changements régionaux dans la variabilité climatique» réunit des chercheurs de l'INRS, de l'Université McGill, de l'UQAM, de l'Université de la Colombie-Britannique et de nombreux partenai-res étrangers.
«L'idée, c'est de développer des scénarios climatiques qui tiennent compte des variabilités et pas seulement des tendances globales. Parce qu'on peut avoir deux scénarios qui ont une même moyenne de réchauffement, mais l'un dont les extrêmes sont très éloignés de la moyenne, alors que, dans l'autre, ils sont très proches. Les conséquences de ces deux scénarios ne seront pas du tout les mêmes», affirme M. Ouarda.
Parce que, évidemment, ce sont ces extrêmes qui causent souvent les plus grands dommages aux populations. Un bon exemple, d'après le chercheur: la canicule qui a frappé la France en 2003 et qui a fait des milliers de morts. «Nous ne sommes pas à l'abri de ça au Québec. Pour pouvoir se préparer en conséquence, il faut développer des scénarios climatiques extrêmes plausibles, et aussi déterminer quel-les sont les probabilités qu'ils se produisent», explique Taha Ouarda, spécialisé en hydrologie statistique.
Prévoir l'incertain
Les chercheurs tiennent aussi compte des incertitudes. Parce que, lorsqu'on étudie les extrêmes, comme plus ou moins 5 % ou encore plus ou moins 10 % dans un scénario, cela fait toute une différence. «Nous faisons des évaluations systématiques et consistantes des incertitudes pour leur donner une valeur», précise-t-il.
En plus de travailler sur les variations de température, les chercheurs se penchent sur les précipitations. Une augmentation des précipitations a des effets positifs comme des effets négatifs, et, dans un cas comme dans l'autre, les gouvernements doivent s'adapter.
«Par exemple, des précipitations plus abondantes ont pour effet qu'on peut faire plus d'hydroélectricité avec le même ouvrage, ce qui est une bonne chose. Toutefois, il faut gérer le barrage pour qu'il soit capable de prendre ce surplus d'eau», indique M. Ouarda.
Les gouvernements doivent aussi protéger les populations contre les inondations. «On peut penser que des événements comme le déluge du Saguenay qui s'est produit en 1996 deviendront plus fréquents avec le réchauffement climatique. Les gouvernements doivent donc modifier leurs ouvrages de drainage urbain pour qu'ils soient en mesure de recevoir plus de pluie, afin d'éviter les inondations et ainsi de protéger les populations», explique M. Ouarda.
Un travail en collaboration
Ce grand projet de recherche international réunit des scientifiques du Canada, de l'Europe et des États-Unis, mais chacun travaille sur son coin de pays. «C'est aussi une question de financement. Chaque chercheur doit utiliser le financement qui provient de sa région pour travailler sur des problèmes qui ont un impact sur sa région. C'est logique», indique M. Ouarda.
Les volets québécois et canadien du projet de modélisation probabiliste des changements régionaux dans la variabilité climatique ont reçu une subvention de 472 000 $ du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et de 610 000 $ du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada. Les nombreux partenaires internationaux du projet peuvent compter sur un financement de plus de 14,5 millions.
Les différents chercheurs arrivent tout de même à travailler en équipe. «Comme nous avons des objectifs similaires, mais adaptés à des régions différentes, nous partageons nos méthodes, nous échangeons et nous profitons des recherches des autres», ajoute-t-il.
Au Québec, outre M. Ouarda, les principaux chercheurs engagés dans ce projet de recherche sont Philippe Gachon, de l'UQAM et d'Environnement Canada, Van Thanh Van Nguyen, de l'Université McGill, André Saint-Hilaire, de l'INRS, et René Laprise, de l'UQAM. Viennent se greffer à l'équipe William Shieh, de l'Université de la Colombie-Britannique, et de nombreux partenaires étrangers.
***
Un laboratoire hydraulique de 8,6 millions pour l'INRS
Les recherches de l'INRS - Centre Eau Terre Environnement sur les conséquences des changements climatiques ont le vent dans les voiles. Industrie Canada et le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation viennent tout juste d'annoncer la construction d'un laboratoire hydraulique pour mettre au point des démarches durables de gestion du littoral en érosion, dans le contexte des changements climatiques.
«Nous pourrons tester les modèles que nous avons développés dans cet immense canal de 120 mètres de long, qui contiendra 3000 mètres cubes d'eau et dans lequel nous simulerons des vagues. Ainsi, nous pourrons simuler les conditions physiques existantes dans tous les cours d'eau du Québec», affirme Yves Bégin, directeur du Centre Eau Terre Environnement de l'INRS.
Ce type d'infrastructure aidera énormément des entreprises comme Hydro-Québec dans la gestion et la construction de barrages. «Les barrages doivent maintenir un certain débit d'eau pour, par exemple, protéger certaines espèces de poissons. Avec nos nouvelles installations, nous pourrons arriver avec des données précises et vérifiées», ajoute M. Bégin.
Le projet de 8,6 millions, financé dans le cadre du Programme d'infrastructure du savoir, sera réalisé dans le Parc technologique à Québec. Il s'agira alors du quatrième laboratoire en importance du genre dans le monde, après ceux actifs aux Pays-Bas, au Japon et aux États-Unis (Oregon).
Collaboratrice du Devoir
Haut de la page

