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Une UQAM internationale - « L'internationalisation est devenue incontournable »

De façon officielle, l'UQAM collabore étroitement à des projets de recherche dans plusieurs parties du globe. Et nombre de ses chercheurs le parcourent pour conduire des travaux qui échappent à des protocoles formels. Pour la plupart des cerveaux, l'international, sous une forme ou une autre, c'est devenu la norme. Le nouveau vice-recteur à la recherche et à la création en témoigne.

Jusqu'à tout récemment, Yves Mauffette était le doyen de la faculté des sciences, mais le voilà devenu vice-recteur à la recherche et à la création de l'université francophone du centre-ville montréalais. Il dresse ce bilan global des activités de recherche à l'international: «La majorité des travaux, soit au moins 50 % à 60 % de ceux-ci, sont effectués avec la France. La langue facilite les choses, mais il existe aussi de longues associations d'anciens professeurs français qui sont ici et qui maintiennent les liens entre les deux pays. Sur un autre plan, le gouvernement amorce des projets entre la France et le Québec qui servent à promouvoir les échanges.»

L'UQAM s'ouvre sur d'autres horizons. Pour un, le Laboratoire international d'étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord fréquente la Finlande, la Suède et tous ces coins de terre où vivent les Inuits. Du côté de la Bolivie, la recherche porte sur l'éclosion du phénomène de la coopération internationale au cours de la dernière décennie. Au département des sciences de la terre et de l'atmosphère, des chercheurs portent leur intérêt vers l'ancestrale Italie, pendant que d'autres ¶uvrant au département des sciences juridiques se tournent vers la reconnaissance de l'individu comme sujet de droit en Chine. Le voisin américain et d'autres nations captent l'attention d'autres savantes personnes.

Yves Mauffette, à défaut de livrer un bilan exhaustif de toutes les initiatives en cours, pose ce regard sur une réalité difficilement cernable: «Il faut tenir compte de la collaboration. Il devient difficile de tout compiler, parce que beaucoup de chercheurs collaborent avec des collègues à l'international par le biais de rencontres ou de colloques à l'étranger. Je donne un exemple: on n'a pas un recensement complet de toute la recherche qui se ferait avec les États-Unis, mais on sait très bien que bon nombre de nos chercheurs cosignent des articles et travaillent ensemble sur des projets; ce pays est présent de façon formelle mais pas de façon officialisée ou listée. Chaque individu conduit des travaux de son côté. Moi, je connais très bien le domaine de la foresterie et je sais qu'un de mes collègues travaille beaucoup avec les Américains et avec les Scandinaves; dans ce secteur, il y a eu beaucoup de développement, d'échanges entres profs et étudiants, de rencontres avec les Finlandais et les Suédois.»


Officiellement

L'UQAM emprunte également la voie d'une recherche davantage balisée: «Par contre, celle-ci existe dans des projets qui ont cours dans des pays en développement de l'Amérique latine et de l'Afrique. Il y a là une structure des programmes qui se développe, parce qu'il y a des fonds qui visent spécifiquement l'international.»

Sur ce plan, l'université possède deux organismes voués à ce type d'activité: «On a le Centre d'études et de recherche Brésil (CERB), au sein duquel on retrouve 12 universités brésiliennes et l'UQAM; on dispose là d'un financement proprement dit, c'est structuré et on les appuie. Plusieurs thématiques sont abordées; nous avons commencé avec le thème de la littérature, et le tout est maintenant logé à la faculté des communications.» Il y a de plus le Centre international de formation et de recherche en tourisme (CIFORT), qui est intégré à l'École des sciences de la gestion: «C'est un leadership qui appartient à l'UQAM en matière de tourisme, mais les gens du centre sont associés à l'Université de La Rochelle et à d'autres établissements à travers le monde.»


Démarchage et soutien

Le Service aux relations internationales apporte à sa façon sa contribution. «Il se livre à du démarchage dans différents pays. Prenons un exemple récent, avec le Mexique: l'équipe du service a pu rencontrer des gens et établir des contacts, de sorte qu'on a un chercheur dans ce pays qui va se pencher sur l'algue bleue.»

Le vice-recteur précise: «Le service agit comme facilitateur pour établir des liens dans certains cas. Dans d'autres, un projet peut démarrer à la suite d'une rencontre entre chercheurs dans un colloque; ils établissent un protocole ou un fondement de recherche, pour venir par la suite travailler avec le service pour la suite des choses. Il y a comme deux façons d'intervenir: la première, c'est d'assister les chercheurs de la base pour des demandes de subvention ou pour l'identification de programmes qui pourraient exister. D'autre part, il peut s'agir de démarchage par l'entremise de nos services de recherche, qui sont sollicités et qui sont en mesure d'aller rencontrer les gens sur place pour établir des pôles d'interaction.»

Cela dit, Yves Mauffette assure que la recherche à caractère international continuera de connaître des progrès constants: «Il y a toujours un développement local qui se poursuit pour répondre à des besoins spécifiques. L'internationalisation est devenue un incontournable.»

Collaborateur du Devoir






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