lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Téléphonie - Le secteur des télécommunications semble enfin émerger du marasme économique

La téléphonie cellulaire poursuit sur sa lancée

Congédiements, faillites, le secteur des télécommunications a été durement touché par la crise qui a duré près de deux ans. La situation semble toutefois se stabiliser et certains secteurs, tels que la téléphonie cellulaire, sont épargnés. «Ça semble aller beaucoup mieux, mais cela n'est dû qu'aux stratégies internes des compagnies — congédiements, plans de faillite ou de recapitalisation — et non à une reprise du marché», précise Mark Quigley, analyste financier pour la firme nord-américaine Yankee's Group.

Suite à l'ouverture des marchés des télécommunications dans les années 1990 et grâce aux innombrables innovations technologiques, l'industrie a connu une croissance fulgurante. Frappé de plein fouet par une crise financière, le secteur des télécommunications a dû réagir à une baisse de cette croissance exponentielle.

«On observe présentement une tendance qui laisse entrevoir une lueur d'espoir, mais il serait faux de parler d'un retour à la normale, car l'industrie était, depuis les cinq dernières années, loin de connaître une croissance normale, explique Mark Quigley. L'industrie grandissait au rythme surréaliste de 10 % par année et les fournisseurs se sont emballés en produisant beaucoup trop.»

Lorsque la bulle de l'Internet a éclaté et que les investisseurs ont tourné le dos aux télécommunications, les revenus étaient loin d'être suffisants pour combler les pertes, qui se chiffraient en milliards. Les producteurs d'équipements en fibres optiques — Nortel (Canada), Alcatel (France), Lucent (États-Unis) — ont été grandement touchés, des milliers d'emplois à l'échelle mondiale ont été supprimés et l'économie entière en a ressenti les contrecoups. Récemment ouvert à la concurrence, le secteur des télécommunications canadien a perdu plusieurs joueurs tels qu'Axent, Norigen, Teleglobe et GT Telecom.

Il reste aujourd'hui cinq grandes compagnies de télécommunications canadiennes: BCE, Telus, AT&T Canada, 360 Network et Call-Net.

Des stratégies

Le holding de Bell Canada — BCE — annonçait récemment un produit d'exploitation de 4902 millions de dollars pour son premier trimestre. Il s'agit d'une amélioration incontestable depuis 2001, où le numéro un des télécommunications canadiennes affichait une perte de 144 millions: «Pour nous, ça va beaucoup mieux depuis l'an dernier, mais c'est surtout grâce à notre stratégie de changement de normes comptables», souligne Nick Kaminaris, directeur des communications chez BCE. «L'industrie a connu un ralentissement ces derniers temps, mais nous avons tous travaillé très fort à l'interne pour stabiliser les revenus et les pertes et nous avons des résultats très décents.» La société de portefeuille a racheté à SBC (Texas) les 20 % qu'elle ne détenait pas encore l'automne dernier. Marc Quigley estime toutefois que ces bénéfices, autant chez BCE que chez Telus, n'augmentent pas assez rapidement et que c'est le signe que la crise n'est pas encore tout à fait terminée.

Selon les chiffres communiqués par BCE, le secteur du câble, de la haute vitesse et de la téléphonie cellulaire sont toujours en hausse. Dans la conférence qui a suivi l'annonce du bilan financier du premier trimestre 2003, le président et chef de la direction, Michel Sabia, s'est dit particulièrement fier de sa division sans fil (Bell Mobilité) qui, malgré le contexte difficile, a rapporté 70 000 nouveaux abonnés pour le trimestre.

Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies

Depuis qu'elle a obtenu une ordonnance de la Cour supérieure de justice de l'Ontario en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), AT&T Canada est arrivée à une entente avec les porteurs d'obligations de la société concernant son plan de restructuration du capital: «Nous sommes sur la bonne voie pour mettre en place une structure financière viable pour la société», déclare John Mc Lennan, vice-président du conseil et chef de la direction d'AT&T Canada.

Cette ordonnance permettra à la société de continuer à opérer et à payer ses employés et fournisseurs en réduisant le risque d'une poursuite en justice. John Mc Lennan se dit satisfait des progrès continus de son entreprise: «AT&T Canada a continué d'intensifier ses relations d'affaires existantes et de décrocher de nouveaux contrats avec des entreprises de premier plan, en dépit du ralentissement que l'on peut constater en Amérique du Nord dans l'industrie des télécommunications.»

La téléphonie cellulaire: un secteur épargné

Malgré la tourmente dans laquelle s'est enlisée l'industrie des télécommunications, le secteur de la téléphonie cellulaire reste intact. «Une crise? Mais quelle crise?», demande Daniel Benetteau, vice-président de Telus Mobilité. Selon lui, comme chez la majorité des dirigeants de compagnies de sans-fil, l'industrie est en pleine croissance, indépendamment de la crise des télécommunications: «Les actions de la compagnie mère ont bien sûr été affectées mais pour ce qui est de Telus Mobilité, nous nous en sortons très bien grâce au positionnement que nous a donné le mariage de Telus avec QuébecTel et Clearnet.» Daniel Benetteau se dit extrêmement optimiste quant à l'avenir: «Nous anticipons que le taux de pénétration va doubler au cours des prochaines années, alors le potentiel est énorme.»

Le taux de pénétration, c'est-à-dire le nombre de gens qui possèdent un téléphone cellulaire, est particulièrement bas au Canada et c'est ce qui donne espoir aux fournisseurs de services sans-fil. Alors qu'il atteint presque 100 % en Asie, le taux de pénétration se situe autour de 70 % en Europe et frôle les 60 % aux États-Unis. Le Canada est loin derrière avec son maigre 35 %. Ce taux très faible a permis aux entreprises de désarçonner la crise. «La crise des télécommunications a frappé beaucoup plus durement en Europe ou en Asie, car le marché pour le sans-fil plafonne, explique Peter Barnes, président de l'Association canadienne des télécommunications sans-fil (ACTS). Au Canada, nous avons tout de même réussi à aller chercher une augmentation annuelle de 20 % de la clientèle, ce qui a permis aux entreprises de se consolider.»

Peter Barnes décrit la situation comme une crise de perception. «Les gens associent télécommunications et téléphonie cellulaire, alors les investisseurs perdent confiance même si notre marché affiche une croissance soutenue. C'est juste une question de mauvaise perception.»

Ce sont naturellement les nouvelles compagnies qui écopent le plus. Microcell (Fido) est le plus petit des quatre opérateurs cellulaires canadiens après Bell Mobilité, Telus et Rogers AT&T. Il est le seul nouveau concurrent qui, depuis 1997, a survécu à la féroce compétition. Même si Microcell affiche un résultat de plus de 100 millions en 2002, la compagnie doit s'astreindre à une sévère discipline financière.

«Grâce à la mise en oeuvre d'un plan de recapitalisation, la société retrouvera sa solidité financière avec des liquidités disponibles, une dette largement réduite et des paiements d'intérêts annuels considérablement allégés, annonce André Tremblay, président et chef de la direction de Microcell, suite à l'annonce des résultats. Nous sommes maintenant en excellente position pour rétablir notre présence commerciale et poursuivre notre croissance.»

Les pertes des dernières années ne sont pourtant pas associées à la crise des télécommunications, selon les dirigeants: «Nous travaillons dans un domaine où rien ne peut être rentable avant plusieurs années car les coûts relatifs aux infrastructures sont astronomiques», souligne Dean Proctor, vice-président des affaires réglementaires chez Microcell.

Les milliards nécessaires à la création de réseaux prennent du temps à récupérer lorsque l'on sait qu'un abonné dépense en moyenne 48 dollars par mois. Selon Dean Proctor, le problème réside dans la réglementation canadienne, qui empêche un investisseur étranger d'acquérir plus de 20 % des parts d'une entreprise canadienne. «Cette restriction a un impact direct sur l'accès au capital. Il faut alors trouver des créanciers canadiens qui acceptent de nous financer à des coûts plus élevés, ce qui contribue à faire perdurer la crise», déplore-t-il.

De nouvelles dispositions pour contrer la crise

Le Conseil de radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) réglemente les tarifs des compagnies historiques — les anciens monopoles — afin qu'ils n'augmentent pas trop leurs prix ou qu'ils éliminent la concurrence en fixant leurs tarifs sous le prix coûtant. Suite à la crise, le CRTC a dû intervenir.

«En juin dernier, à la lumière du dossier public, nous avons tenté de faciliter les conditions en abaissant les tarifs pour les concurrents qui veulent avoir accès aux réseaux des anciens monopoles», explique David Colville, vice-président du CRTC. «Nous avons traversé le pire, mais le problème aujourd'hui, c'est que la majorité des compagnies qui survivent sortent d'une faillite. Ils ont donc des réseaux mais pas de dettes, ce qui pourrait les encourager à couper leurs tarifs en dessous du prix coûtant pour éliminer la concurrence», soupire-t-il. «Il est toujours difficile de prédire l'avenir, mais j'espère personnellement qu'il restera au moins trois grands joueurs dans les télécommunications sur le plan national», conclut-il.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012