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La voie de l'avenir

Le climat était fait d'une accumulation de catastrophes. La Bourse de Toronto voyait les actions de Nortel se déprécier à une vitesse accélérée. Le NASDAQ à New York se dévalorisait au jour le jour. De l'autre côté de la grande mare atlantique, les investisseurs français de France Télécom voyaient leur plan de retraite connaître de fort mauvais jours, les actions de la compagnie ayant fondu en valeur de moitié.

Puis, reprise. Ainsi, le holding de Bell Canada — BCE — vient de déposer un rapport financier plus qu'encourageant: un bénéfice net aux actions ordinaires de 498 millions de dollars pour son premier trimestre. Partout, le marché se stabilise. Que s'était-il donc produit? «Durant la période des fameux "point-com", il y a eu une croissance phénoménale dans le développement du réseau Internet, de sorte qu'aujourd'hui encore, nous disposons toujours d'une surcapacité de diffusion», explique Louis Fortier, directeur de l'Équipe Développement et transfert technologiques du Centre de recherche informatique de Montréal.

Le futur est déjà là

S'il fallait aujourd'hui démontrer que le marché boursier n'est pas un barème valable pour évaluer le développement d'une société, fut-elle aussi orientée vers l'économie que l'est l'occidentale, le secteur des télécommunications en ferait la preuve.

Car, parlons-nous de téléphonie, la communication par cellulaire connaît des beaux jours, de fort beaux jours. Ainsi les utilisateurs du GSM (acronyme pour décrire un système universel de télécommunication mobile) en Europe se chiffrent à 392 millions et, en Asie-Pacifique, à 313 millions. Pendant ce temps, en Amérique, leur nombre a doublé pour dépasser les 20 millions en février dernier. La terre serait ainsi devenue un immense réseau cellulaire: il ne resterait plus qu'à s'entendre sur les fréquences de diffusion, et là, l'Amérique traîne la patte, l'argent n'étant point au rendez-vous.

Dans les maisons, nord-américaines cette fois, un nouveau monde se met en place. Tous le savent, surtout ceux qui ont à décider entre ce qui est offert par les grands fournisseurs de services Internet. Ainsi, tant Bell que Vidéotron approchent les consommateurs québécois pour leur proposer la haute vitesse, la très haute vitesse de transmission. Et là, ce service est presque trois fois plus rapide que le service haute vitesse de base avec plus de 3 Mbit/s en aval et de 640 Kbit/s en amont, et une bande passante accrue. «Il s'agit de tirer le maximum de la technologie haute vitesse, proclame ainsi Peter Constanzo, de Bell Sympatico, et ce service est destiné aux gros usagers, ceux qui téléchargent de la musique et des vidéoclips, par exemple.» Qui a à la maison un adolescent sait ce que cela veut dire: les films sont «piratés» en abondance et la demande est forte pour un ordinateur dont le processeur roule à près de 3 gigabits (offert d'ailleurs à des prix nettement inférieurs, de moitié même, à ce qui était exigé pour un MAC 5290 il y a six ou sept ans).

D'ailleurs, ne dit-on pas que la maison électronique serait pour demain?
 
 
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