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Prix Marcel-Vincent - Information pour tous

Pierre Vallée   10 octobre 2009  Science et technologie
Professeure en technologies de l'information et titulaire de la Chaire de gestion stratégique des technologies de l'information à l'École des hautes études commerciales de Montréal (HEC), Suzanne Rivard a largement contribué, par ses recherches et ses écrits, à l'avancement dans le domaine de la gestion des technologies de l'information. La qualité de son travail, reconnue internationalement, lui vaut aujourd'hui le prix Marcel-Vincent.

Suzanne Rivard fait d'abord ses études collégiales en sciences pures, puis elle s'inscrit au baccalauréat en administration des affaires aux HEC. Pourquoi ce choix, en apparence contradictoire? « C'est parce qu'à cet âge, explique-t-elle, j'hésitais. J'étais attirée par le côté formel des sciences pures, mais j'étais aussi attirée par la dimension humaine que l'on trouve dans les sciences humaines. En administration des affaires, j'y retrouvais ces deux aspects. D'un côté, l'aspect formel avec les maths, l'économie et les statistiques; et de l'autre côté, l'aspect humain avec la gestion du personnel, la psychologie industrielle et le marketing. »

En 1975, elle obtient sa maîtrise en administration des affaires, puis elle s'inscrit au doctorat à l'Université Western Ontario. C'est alors qu'elle s'intéresse de façon particulière aux technologies de l'information et qu'elle obtient, en 1983, son doctorat en systèmes d'information. Sa thèse de doctorat porte sur les utilisateurs de l'informatique. « Auparavant, les technologies de l'information appartenaient aux seuls informaticiens. Mais tout cela a changé avec l'apparition des micro-ordinateurs. »

Gestion des systèmes

Tout au long de sa carrière, Suzanne Rivard a mené de nombreux projets de recherche sur plusieurs aspects de la gestion des technologies de l'information. Elle s'est particulièrement intéressée, ces dernières années, à l'évaluation et à la gestion du risque dans l'implantation des systèmes d'information. « Le risque varie selon le projet. Prenons, par exemple, la taille du système d'information. Plus il y a d'informations et plus il y a de personnes qui les utilisent, plus le système est complexe. Le lieu aussi compte. Il est plus facile d'implanter un système rejoignant 10 000 utilisateurs dans un seul lieu qu'un système rejoignant le même nombre d'utilisateurs mais en plusieurs lieux. L'utilisation d'une technologie nouvelle peut aussi faire augmenter le risque. »

Que doit-on faire pour minimiser ce risque? « Dès la conceptualisation d'un projet, il faut déjà préciser les éléments qui pourraient être un risque et prévoir le mécanisme à mettre en place pour l'éviter, poursuit-elle. Mais, comme il y a de multiples possibilités d'utilisation des technologies de l'information, il faut aussi bien cerner ce que l'entreprise veut faire. Avant de se lancer dans toutes sortes d'applications, il faut donc d'abord bien définir son alignement stratégique. »

Dans le même ordre d'idées, Suzanne Rivard s'est aussi penchée sur le cas de l'impartition, par une entreprise, de son système d'information. « Cela se décide évidemment au cas par cas, mais parfois l'impartition est le choix le plus efficace. Par ailleurs, dans la vie de tous les jours, nous faisons tous de l'impartition. Par exemple, je laisse à d'autres la fabrication du beurre que je consomme. Par contre, il faut s'assurer de bien gérer l'entente d'impartition. Il faut tenir compte de la culture des entreprises. Par exemple, qu'est-ce que le client et le fournisseur entendent par "rapidement"? »

La résistance à l'implantation des technologies de l'information est un autre sujet qu'elle a étudié. « La résistance se produit chez l'utilisateur lorsqu'il perçoit une menace et se sent insécurisé. »

Partager ses connaissances

Suzanne Rivard s'est aussi distinguée par le nombre et la qualité des articlesqu'elle a publiés dans de nombreuses revues scientifiques, dont la prestigieuse revue MIS Quartely, qui lui a attribué en 2005 son Prix de l'article de l'année (Paper of the Year Award). « J'adore écrire. Lorsque j'entreprends un projet de recherche, j'ai hâte à la période de rédaction, parce que rédiger est un immense plaisir. J'ai même du plaisir à écrire la base théorique de mes recherches. »

L'enseignement et le con-tact avec les étudiants sont aussi des sources de satisfaction. « J'aime discuter avec mes étudiants et essayer de bien les outiller. » Elle tient aussi à sortir du cadre universitaire et à se rapprocher des entreprises et des organisations, pour lesquelles elle agit parfois à titre de conseillère.

« Je m'intéresse aux problèmes qui occupent les entreprises et les gestionnaires. Ce que ces derniers me disent alimente ma recherche. »

Ce désir de marier la recherche universitaire au côté pratique de l'entreprise ne date pas d'hier. En fait, il a coloré toute sa carrière. « Le premier jour de mon doctorat, le recteur nous a adressé la parole. Il nous a dit que, si la recherche que nous voulions entreprendre n'était pas pertinente pour l'entreprise, elle n'était pas pertinente pour son école. Et cela correspondait précisément à ce que je voulais faire. »

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