Prix Léo-Pariseau - Le VIH traqué !
Inspiré par deux maîtres qui l'ont guidé dans sa carrière de chercheur, Michel J. Tremblay a pris en chasse le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), qu'il traque depuis les années 1980. Il s'est parallèlement penché sur le système immunitaire pour mieux connaître les méfaits de l'ennemi sur ses victimes. Il est en quête du vaccin et de la thérapie qui pourraient sauver un grand nombre de vies et enrayer une pandémie qui cause des ravages à l'échelle mondiale.
Michel J. Tremblay obtient un diplôme d'études collégiales en sciences de la nature au Cégep de Jonquière, avant de dénicher un emploi chez Iron Ore, à Sept-Îles, et de voyager en Amérique durant quelques mois: « J'ai travaillé là-bas durant un an et je ne me voyais pas faire cela durant toute ma vie, parce que je trouvais que c'était routinier. » Il décide donc de retourner aux études et complète un bac en biologie à l'Université du Québec à Chicoutimi.
Diplôme en poche, il souhaite alors devenir un biologiste de terrain et se rend dans le nord de l'Alberta pour travailler à l'identification des oiseaux; il devient une sorte d'ornithologue: « Je me suis rendu compte, en ce début des années 1980, que, dans l'exercice de ces fonctions, on obtenait seulement du travail à contrat de courte durée, à gauche et à droite. » Il abandonne la profession et part en Asie pour quelques mois. De retour, il s'attaque à une maîtrise en virologie à l'Institut Armand-Frappier, interpellé qu'il est par cette science: « Après mes études de 1982 à 1984, je n'étais toujours pas certain de vouloir continuer dans ce domaine-là. »
Il accepte finalement un emploi au laboratoire de diagnostic viral de l'Hôpital de Montréal pour enfants, où il fait la rencontre du docteur Mark Wainberg, un des scientifiques les plus reconnus sur la scène mondiale en matière de VIH et de sida, dont les travaux portent sur les mécanismes de résistance aux drogues; il développe des atomes crochus avec cet homme. Le « rétrovirologiste » célèbre se rend régulièrement au labo à titre de consultant; il finit par le convaincre de se joindre à son équipe: « Chaque fois qu'il venait à l'hôpital, il insistait pour que je poursuive mes études. J'ai décidé de faire le grand saut et de commencer mon doctorat dans son laboratoire. »
À la poursuite du VIH...
Michel J. Tremblay entreprend alors sa véritable carrière: « C'était en janvier 1986 et c'est à ce moment que j'ai vraiment eu la piqûre, parce qu'il faut bien comprendre que le docteur Wainberg était probablement le seul à travailler sur le virus du sida à ce moment-là; ce virus a été découvert à la fin de 1983. Quand je suis arrivé, je me trouvais dans le seul laboratoire au Canada qui se penchait en recherche fondamentale sur ce dernier, et personne au pays n'avait encore réussi à l'isoler sans patient. Tout ce qu'on faisait se transformait en or à cette époque et toutes les idées qu'on avançait devenaient des publications; le milieu était en ébullition et c'était incroyable! Ce fut donc très propice et très utile pour moi, parce que je parvenais à lire en entier les 20 ou 25 articles qui se publiaient à ce sujet chaque semaine; j'étais comme une éponge et je m'imbibais de toute cette connaissance-là. »
Il rend hommage au docteur Wainberg: « Je partageais sa façon de voir les choses et c'était une personne qui laissait beaucoup d'indépendance et d'autonomie aux gens qui étaient dans son labo; j'ai toujours adoré laisser libre cours à ma pensée et à mes idées. Grâce à lui, j'ai enfin trouvé ce que j'aimais faire: de la recherche. »
Du virus au système immunitaire
Il obtient son doctorat en 1989 et amorce immédiatement un stage postdoctoral: « Je suis demeuré à Montréal parce que j'avais deux enfants en bas âge et que ma conjointe occupait un emploi dans cette ville; elle était le soutien de famille à ce moment-là. Je suis allé à l'Institut de recherche clinique de Montréal, dans le laboratoire du docteur Rafick-Pierre Sékaly, un immunologiste de réputation internationale. » Il demeure à cet endroit pendant deux ans.
Que retient-il de ce séjour? « Pendant mon doctorat, j'ai appris les rudiments de la rétrovirologie, donc l'aspect virologique de l'infection ou du virus. Quand je suis arrivé chez Rafick, j'ai acquis des connaissances en immunologie, parce c'est un virus affectant le système immunitaire. Je me suis dit: maintenant que je connais bien le virus, je vais aller voir ce qui se passe sur le plan de la réponse immunitaire. Je voulais obtenir le patron complet de la pathophysiologie de l'infection. » Il ajoute: « J'ai appris auprès du docteur Sékaly à conduire une démarche scientifique; celui-ci possède une mémoire phénoménale et a une capacité de tisser des liens entre les différentes thématiques, entre les projets, etc. Il est extraordinaire. »
Le coeur même de la recherche
Il passe ensuite, en juillet 1991, de Montréal à Québec, où il accepte une offre de l'Université Laval pour devenir chercheur au Centre de recherche en infectiologie, dirigé par le docteur Michel Bergeron. Il se retrouve à la tête d'une équipe qui compte aujourd'hui 26 personnes. Michel J. Tremblay et ses collègues chercheurs centrent leurs activités sur cet axe de recherche: « La thématique qui a fait en sorte que mon laboratoire a été financé et que j'ai obtenu une certaine reconnaissance internationale porte sur l'incorporation de molécules de la cellule hôte dans le virus, dans le VIH. On sait que le virus, lorsqu'il va sortir d'une cellule infectée, va accaparer certains constituants de celle-ci; il va être entouré, entre autres, d'une enveloppe qu'il va emprunter à la cellule hôte. »
Il poursuit plus à fond ses explications, avant d'en arriver à identifier le but de tels travaux: « Cela pourrait être utilisé entre autres sur le plan de la vaccination; cela pourrait l'être aussi sur le plan d'une thérapie éventuelle. » Récemment, le labo a reçu de l'argent frais qui servira à ces fins: « On a été financé pour développer une nouvelle démarche vaccinale, pour développer un vaccin contre le VIH. Il y a présentement trois ou quatre personnes qui travaillent là-dessus. On espère développer aussi de nouvelles démarches pour le traitement de l'infection, parce que mieux on connaît le virus, plus on est en mesure d'attaquer la cible et de percer les faiblesses de l'armure. Dans l'ignorance de l'opposant, il est difficile de passer à l'attaque... »
Collaborateur du Devoir
Michel J. Tremblay obtient un diplôme d'études collégiales en sciences de la nature au Cégep de Jonquière, avant de dénicher un emploi chez Iron Ore, à Sept-Îles, et de voyager en Amérique durant quelques mois: « J'ai travaillé là-bas durant un an et je ne me voyais pas faire cela durant toute ma vie, parce que je trouvais que c'était routinier. » Il décide donc de retourner aux études et complète un bac en biologie à l'Université du Québec à Chicoutimi.
Diplôme en poche, il souhaite alors devenir un biologiste de terrain et se rend dans le nord de l'Alberta pour travailler à l'identification des oiseaux; il devient une sorte d'ornithologue: « Je me suis rendu compte, en ce début des années 1980, que, dans l'exercice de ces fonctions, on obtenait seulement du travail à contrat de courte durée, à gauche et à droite. » Il abandonne la profession et part en Asie pour quelques mois. De retour, il s'attaque à une maîtrise en virologie à l'Institut Armand-Frappier, interpellé qu'il est par cette science: « Après mes études de 1982 à 1984, je n'étais toujours pas certain de vouloir continuer dans ce domaine-là. »
Il accepte finalement un emploi au laboratoire de diagnostic viral de l'Hôpital de Montréal pour enfants, où il fait la rencontre du docteur Mark Wainberg, un des scientifiques les plus reconnus sur la scène mondiale en matière de VIH et de sida, dont les travaux portent sur les mécanismes de résistance aux drogues; il développe des atomes crochus avec cet homme. Le « rétrovirologiste » célèbre se rend régulièrement au labo à titre de consultant; il finit par le convaincre de se joindre à son équipe: « Chaque fois qu'il venait à l'hôpital, il insistait pour que je poursuive mes études. J'ai décidé de faire le grand saut et de commencer mon doctorat dans son laboratoire. »
À la poursuite du VIH...
Michel J. Tremblay entreprend alors sa véritable carrière: « C'était en janvier 1986 et c'est à ce moment que j'ai vraiment eu la piqûre, parce qu'il faut bien comprendre que le docteur Wainberg était probablement le seul à travailler sur le virus du sida à ce moment-là; ce virus a été découvert à la fin de 1983. Quand je suis arrivé, je me trouvais dans le seul laboratoire au Canada qui se penchait en recherche fondamentale sur ce dernier, et personne au pays n'avait encore réussi à l'isoler sans patient. Tout ce qu'on faisait se transformait en or à cette époque et toutes les idées qu'on avançait devenaient des publications; le milieu était en ébullition et c'était incroyable! Ce fut donc très propice et très utile pour moi, parce que je parvenais à lire en entier les 20 ou 25 articles qui se publiaient à ce sujet chaque semaine; j'étais comme une éponge et je m'imbibais de toute cette connaissance-là. »
Il rend hommage au docteur Wainberg: « Je partageais sa façon de voir les choses et c'était une personne qui laissait beaucoup d'indépendance et d'autonomie aux gens qui étaient dans son labo; j'ai toujours adoré laisser libre cours à ma pensée et à mes idées. Grâce à lui, j'ai enfin trouvé ce que j'aimais faire: de la recherche. »
Du virus au système immunitaire
Il obtient son doctorat en 1989 et amorce immédiatement un stage postdoctoral: « Je suis demeuré à Montréal parce que j'avais deux enfants en bas âge et que ma conjointe occupait un emploi dans cette ville; elle était le soutien de famille à ce moment-là. Je suis allé à l'Institut de recherche clinique de Montréal, dans le laboratoire du docteur Rafick-Pierre Sékaly, un immunologiste de réputation internationale. » Il demeure à cet endroit pendant deux ans.
Que retient-il de ce séjour? « Pendant mon doctorat, j'ai appris les rudiments de la rétrovirologie, donc l'aspect virologique de l'infection ou du virus. Quand je suis arrivé chez Rafick, j'ai acquis des connaissances en immunologie, parce c'est un virus affectant le système immunitaire. Je me suis dit: maintenant que je connais bien le virus, je vais aller voir ce qui se passe sur le plan de la réponse immunitaire. Je voulais obtenir le patron complet de la pathophysiologie de l'infection. » Il ajoute: « J'ai appris auprès du docteur Sékaly à conduire une démarche scientifique; celui-ci possède une mémoire phénoménale et a une capacité de tisser des liens entre les différentes thématiques, entre les projets, etc. Il est extraordinaire. »
Le coeur même de la recherche
Il passe ensuite, en juillet 1991, de Montréal à Québec, où il accepte une offre de l'Université Laval pour devenir chercheur au Centre de recherche en infectiologie, dirigé par le docteur Michel Bergeron. Il se retrouve à la tête d'une équipe qui compte aujourd'hui 26 personnes. Michel J. Tremblay et ses collègues chercheurs centrent leurs activités sur cet axe de recherche: « La thématique qui a fait en sorte que mon laboratoire a été financé et que j'ai obtenu une certaine reconnaissance internationale porte sur l'incorporation de molécules de la cellule hôte dans le virus, dans le VIH. On sait que le virus, lorsqu'il va sortir d'une cellule infectée, va accaparer certains constituants de celle-ci; il va être entouré, entre autres, d'une enveloppe qu'il va emprunter à la cellule hôte. »
Il poursuit plus à fond ses explications, avant d'en arriver à identifier le but de tels travaux: « Cela pourrait être utilisé entre autres sur le plan de la vaccination; cela pourrait l'être aussi sur le plan d'une thérapie éventuelle. » Récemment, le labo a reçu de l'argent frais qui servira à ces fins: « On a été financé pour développer une nouvelle démarche vaccinale, pour développer un vaccin contre le VIH. Il y a présentement trois ou quatre personnes qui travaillent là-dessus. On espère développer aussi de nouvelles démarches pour le traitement de l'infection, parce que mieux on connaît le virus, plus on est en mesure d'attaquer la cible et de percer les faiblesses de l'armure. Dans l'ignorance de l'opposant, il est difficile de passer à l'attaque... »
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