Prix Michel-Jurdant - « Le mouvement vert est partout »
Après la philosophie et la sociologue, rien ne prédestinait Jean-Guy Vaillancourt à rayonner dans le domaine de l'environnement. Il a pourtant pris le virage dans les années 70, au moment où le mouvement vert émergeait. Véritable précurseur, il a énormément travaillé sur le concept de développement durable et sur le rapport entre la société et l'environnement. Son apport a été si important que l'Acfas lui a décerné le prix Michel-Jurdant 2009.
« Sans intégrer, par exem-ple, les femmes ou les populations des pays du tiers-monde, il ne peut y avoir de développement durable », affirme Jean-Guy Vaillancourt, professeur retraité du département de sociologie de l'Université de Montréal.
Au cours de sa carrière, qui dure depuis une quarantaine d'années, il a beaucoup écrit sur le concept de développement durable, démontrant notamment l'importance du volet social, souvent laissé dans l'ombre des volets économique et écologique. Il a notamment été influencé par Pierre Dansereau, homme qu'il qualifie de « mentor ».
En publiant, en 1981, le numéro spécial de Sociologie et sociétés qui contient notamment son article sur les origines du mouvement vert québécois, Jean-Guy Vaillancourt devient un véritable expert en la matière. Le chercheur introduit au Québec et au Canada, en 1982, le concept d'écosociologie, qui s'intéresse au rapport entre la société et l'environnement, avec Mouvement écologiste, énergie et environnement. Essais d'écosociologie, qui comprend 25 chapitres sur lesquels il a travaillé pendant 10 ans.
L'énergie a d'ailleurs été, tout au long de sa carrière, un thème de recherche important. « J'ai entre autres classifié les différentes sources d'énergie, de la plus polluante à la moins polluante », indique celui qui milite toujours activement contre l'énergie nucléaire. Au milieu des années 80, le chercheur se penche sur les liens unissant l'environnement et la paix.
S'il a longtemps donné un cours sur l'écosociologie à l'Université de Montréal, il fut aussi invité par l'UQAC, l'Université Laval, l'Université Bishop et l'UQAM.
Un parcours atypique
Jean-Guy Vaillancourt travaille d'arrache-pied depuis le début de sa carrière pour la cause écologiste, mais, au cours de ses études, rien ne laissait deviner une telle orientation. Après avoir fait son cours classique à l'Université de Sudbury et deux années d'études en philosophie chez les jésuites, il entreprend un baccalauréat en sciences sociales à l'Université grégorienne, à Rome. Il prend ensuite la route de Berkeley, où il complète un doctorat en sociologie à l'Université de la Californie. « C'est là que j'ai découvert la vie intellectuelle, le militantisme et l'écologie », précise M. Vaillancourt.
C'est pourtant dans le domaine de la sociologie des religions, et plus particulièrement sur le pouvoir du Vatican, qu'il a choisi de faire sa thèse. C'est aussi la sociologie des religions qu'il a enseignée à son arrivée à l'Université de Montréal, en 1969. « Rapidement, j'ai compris que peu de gens s'y intéressaient. Toutefois, le mouvement vert commençait et prenait de plus en plus d'importance. Je trouvais ça intéressant et je sentais que ce ne serait pas une mode, que ça durerait », indique Jean-Guy Vaillancourt. Il aurait difficilement pu miser plus juste.
Le chercheur a écrit une trentaine de livres et de numéros spéciaux de revue, en plus de rédiger une centaine d'articles et de recensions de volume. Il a dirigé de nombreux étudiants à la maîtrise et au doctorat et, encore aujourd'hui, il collabore avec plusieurs d'entre eux pour la rédaction d'articles scientifiques et de livres. « C'est très important pour moi de donner une chance aux jeunes, de travailler de façon intergénérationnelle et interdisciplinaire », affirme-t-il.
Ainsi, s'il est un retraité de l'enseignement, Jean-Guy Vaillancourt est toujours très actif comme chercheur. Il a dirigé dernièrement, avec René Audet et Corinne Gendron, le collectif des auteurs du livre intitulé Développement durable et responsabilité sociale, qui sera publié prochainement par les Presses internationales Polytechnique.
Au fil des ans, le professeur a été appelé à aller enseigner à l'Université du Minas Gerais, au Brésil, et à l'Université d'architecture de Hanoï, au Vietnam. « C'est intéressant de voir à quel point le mouvement vert est partout. Les pays du tiers-monde sont gravement affectés par les problèmes écologiques », indique M. Vaillancourt. Il a aussi participé au Sommet de la Terre de Rio, en 1992, et à celui de Johannesburg, en 2002.
La grande carrière de M. Vaillancourt, ses nombreuses publications et ses contacts dans des universités situées aux quatre coins du monde ne l'empêchent toutefois pas de s'engager dans la vie citoyenne de sa région et de faire des gestes concrets pour l'environnement. Conseiller municipal responsable, de 1976 à 1980, du dossier de l'environnement à Dunham, où il possède une maison de campagne, membre du conseil d'administration du Groupement forestier du Haut-Yamaska depuis 1993, il en est devenu le président en 2007, lorsqu'il a pris sa retraite de l'enseignement. « J'essaie d'orienter l'aménagement des terres vers quelque chose de plus rationnel, vers un développement durable », explique-t-il.
Collaboratrice du Devoir
« Sans intégrer, par exem-ple, les femmes ou les populations des pays du tiers-monde, il ne peut y avoir de développement durable », affirme Jean-Guy Vaillancourt, professeur retraité du département de sociologie de l'Université de Montréal.
Au cours de sa carrière, qui dure depuis une quarantaine d'années, il a beaucoup écrit sur le concept de développement durable, démontrant notamment l'importance du volet social, souvent laissé dans l'ombre des volets économique et écologique. Il a notamment été influencé par Pierre Dansereau, homme qu'il qualifie de « mentor ».
En publiant, en 1981, le numéro spécial de Sociologie et sociétés qui contient notamment son article sur les origines du mouvement vert québécois, Jean-Guy Vaillancourt devient un véritable expert en la matière. Le chercheur introduit au Québec et au Canada, en 1982, le concept d'écosociologie, qui s'intéresse au rapport entre la société et l'environnement, avec Mouvement écologiste, énergie et environnement. Essais d'écosociologie, qui comprend 25 chapitres sur lesquels il a travaillé pendant 10 ans.
L'énergie a d'ailleurs été, tout au long de sa carrière, un thème de recherche important. « J'ai entre autres classifié les différentes sources d'énergie, de la plus polluante à la moins polluante », indique celui qui milite toujours activement contre l'énergie nucléaire. Au milieu des années 80, le chercheur se penche sur les liens unissant l'environnement et la paix.
S'il a longtemps donné un cours sur l'écosociologie à l'Université de Montréal, il fut aussi invité par l'UQAC, l'Université Laval, l'Université Bishop et l'UQAM.
Un parcours atypique
Jean-Guy Vaillancourt travaille d'arrache-pied depuis le début de sa carrière pour la cause écologiste, mais, au cours de ses études, rien ne laissait deviner une telle orientation. Après avoir fait son cours classique à l'Université de Sudbury et deux années d'études en philosophie chez les jésuites, il entreprend un baccalauréat en sciences sociales à l'Université grégorienne, à Rome. Il prend ensuite la route de Berkeley, où il complète un doctorat en sociologie à l'Université de la Californie. « C'est là que j'ai découvert la vie intellectuelle, le militantisme et l'écologie », précise M. Vaillancourt.
C'est pourtant dans le domaine de la sociologie des religions, et plus particulièrement sur le pouvoir du Vatican, qu'il a choisi de faire sa thèse. C'est aussi la sociologie des religions qu'il a enseignée à son arrivée à l'Université de Montréal, en 1969. « Rapidement, j'ai compris que peu de gens s'y intéressaient. Toutefois, le mouvement vert commençait et prenait de plus en plus d'importance. Je trouvais ça intéressant et je sentais que ce ne serait pas une mode, que ça durerait », indique Jean-Guy Vaillancourt. Il aurait difficilement pu miser plus juste.
Le chercheur a écrit une trentaine de livres et de numéros spéciaux de revue, en plus de rédiger une centaine d'articles et de recensions de volume. Il a dirigé de nombreux étudiants à la maîtrise et au doctorat et, encore aujourd'hui, il collabore avec plusieurs d'entre eux pour la rédaction d'articles scientifiques et de livres. « C'est très important pour moi de donner une chance aux jeunes, de travailler de façon intergénérationnelle et interdisciplinaire », affirme-t-il.
Ainsi, s'il est un retraité de l'enseignement, Jean-Guy Vaillancourt est toujours très actif comme chercheur. Il a dirigé dernièrement, avec René Audet et Corinne Gendron, le collectif des auteurs du livre intitulé Développement durable et responsabilité sociale, qui sera publié prochainement par les Presses internationales Polytechnique.
Au fil des ans, le professeur a été appelé à aller enseigner à l'Université du Minas Gerais, au Brésil, et à l'Université d'architecture de Hanoï, au Vietnam. « C'est intéressant de voir à quel point le mouvement vert est partout. Les pays du tiers-monde sont gravement affectés par les problèmes écologiques », indique M. Vaillancourt. Il a aussi participé au Sommet de la Terre de Rio, en 1992, et à celui de Johannesburg, en 2002.
La grande carrière de M. Vaillancourt, ses nombreuses publications et ses contacts dans des universités situées aux quatre coins du monde ne l'empêchent toutefois pas de s'engager dans la vie citoyenne de sa région et de faire des gestes concrets pour l'environnement. Conseiller municipal responsable, de 1976 à 1980, du dossier de l'environnement à Dunham, où il possède une maison de campagne, membre du conseil d'administration du Groupement forestier du Haut-Yamaska depuis 1993, il en est devenu le président en 2007, lorsqu'il a pris sa retraite de l'enseignement. « J'essaie d'orienter l'aménagement des terres vers quelque chose de plus rationnel, vers un développement durable », explique-t-il.
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