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RISQ - Un modèle pour la francophonie

Les universités québécoises bénéficient d'un instrument de choix pour se connecter à Internet: le réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ). De plus en plus approché par d'autres pays, le RISQ est prêt à partager son expertise. Il compte bien d'ailleurs faire la promotion de son système lors de la première rencontre internationale des associations ISOC de la francophonie pour favoriser le développement de réseaux de haute puissance entre les pays francophones.

Le Réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ), qui fournit aux universités québécoises, et très bientôt à tous les cégeps, des infrastructures de télécommunications de très haut calibre, est un exemple unique à travers le monde. Grâce au RISQ, les institutions d'éducation et de recherche du Québec peuvent échanger des quantités importantes d'informations, avoir accès à des banques de données de grande qualité et naviguer à haute vitesse dans l'Internet mondial.


Intérêt universel

Reconnue pour l'efficacité et la fiabilité de son système, la société à but non lucratif, qui fonctionne comme une coopérative, est de plus en plus abordée par d'autres pays pour partager son savoir et ses compétences dans le domaine. «Au cours des trois à cinq dernières années, on a retenu l'attention de beaucoup de monde, déclare le président du conseil d'administration du RISQ et recteur de l'Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard. On est visité par des Finlandais, des asiatiques, des Français, on reçoit plein de monde. On attire vraiment l'attention parce qu'il y a ici quelque chose d'unique et les gens découvrent que le Québec a trouvé la façon de s'organiser et de se mettre en commun pour aller beaucoup plus loin, beaucoup plus vite, pour moins cher.»

D'ailleurs, lors de la première rencontre internationale des associations ISOC de la francophonie, qui se déroulera à Québec et à Montréal du 10 au 14 juin 2002, le RISQ présentera son réseau à tous les participants. «C'est très intéressant parce que la francophonie veut voir de quelle façon elle peut se renforcer par le déploiement de l'Internet, explique M. Béchard. Ça va nous donner l'occasion de mettre en valeur ce que nous avons fait au RISQ et ça peut servir d'exemple à plein d'autres pays pour que l'on se dote en francophonie, plus rapidement qu'ailleurs dans le monde, de réseaux à haute puissance.»

M. Béchard est prêt «à aider et à appuyer les autres pays de la francophonie qui s'intéressent au RISQ et qui veulent faire la même chose chez eux. On va partager notre expertise, nos connaissances et notre expérience». Selon lui, si les autres pays francophones développent des réseaux comme le RISQ, les échanges entre les chercheurs des différents pays pourraient s'accroître et ainsi favoriser le développement de la recherche universitaire.

À l'heure actuelle, les pays francophones «sont tous reliés, mais avec des tuyaux de toutes sortes de grandeur, si on veut faire une analogie avec la plomberie!, déclare le recteur. Mais est-ce qu'il y a lieu de mettre du gros tuyau à la grandeur de la francophonie pour développer davantage ce qui peut se faire entre les pays francophones?» D'après lui, «s'il y a une mise en commun plus large, ça rend des projets ambitieux possibles».


Un réseau tourné vers l'avenir

Les universités québécoises peuvent se vanter «d'avoir un réseau d'un modèle très avant-gardiste. On ne connaît pas nulle part ailleurs dans le monde un réseau d'une telle ampleur et, en plus, d'un tel niveau technologique», soutient M. Béchard. Lorsque tous les cégeps vont être branchés au réseau, soit d'ici l'automne 2002, 4500 km de fibres optiques vont relier tous les établissements d'enseignement supérieur du Québec. «On est convaincu que dans bien des domaines de recherche et dans l'enseignement en général, être doté d'un tel outil et savoir l'utiliser et l'exploiter va transformer de façon très profonde l'activité scolaire et la recherche universitaire dans les prochaines années.»

Le réseau permet aux chercheurs d'échanger d'importantes masses d'information, mais aussi d'utiliser des puissances de calcul «délocalisées»: «Par exemple, expose M. Béchard, vous avez un professeur qui fait des recherches dans des simulations météorologiques et, pour y parvenir, il faut des puissances de calcul importantes, donc des ordinateurs qui coûteraient une fortune à acheter pour un seul organisme: aucune université ne peut se permettre ça. Par contre, par un réseau de communications très fort, on peut utiliser les puissances de calcul des gros ordinateurs de différentes universités, combiner leur travail et avoir accès à une puissance de calcul phénoménale.»

Outre cet avantage, «le réseau permet aussi de faire toutes sortes de choses à distance et ouvre tout un champ de possibilités, indique le président du conseil d'administration du RISQ. Il y a des enseignements au Québec qu'on ne pourrait pas normalement donner parce qu'on est incapable de réunir physiquement à un seul endroit assez de personnes intéressées. Cependant, avec la vidéo-conférence qui peut se faire à travers Internet, un véritable enseignement à distance peut avoir lieu.»


Première puissance

Mais le réseau ne s'adresse pas uniquement aux professeurs; les étudiants en sont aussi bénéficiaires. «Tous les étudiants qui sont dans les universités et dans les cégeps et qui font des recherches dans Internet, à la poursuite de données, utilisent toutes et tous le RISQ, souligne M. Béchard. On donne accès à nos étudiants québécois à un outil d'une puissance qui est à peu près sans égale dans la monde. Cela va permettre aux Québécoises et aux Québécois, aux étudiants d'ici, de développer des compétences, une expertise de la très haute technologie en termes de communications.» De plus, le RISQ envisage présentement une extension du réseau vers les commissions scolaires, s'il devient possible d'accéder aux écoles primaires et secondaires.

Le système mis en place par le RISQ intéresse également le milieu des affaires, qui suit l'évolution du réseau et s'inspire de ses innovations. «Avec le RISQ, notre objectif finalement est d'être la proue, explique M. Béchard. On est en avance sur les réseaux commerciaux, les réseaux d'affaires, les réseaux publics, et notre but est de développer les utilisations auxquelles ces réseaux auront recours dans 10, 15 ou 20 ans.» À l'étranger, le modèle du RISQ est déjà adopté par les États-Unis, l'Allemagne, la Corée et le Chili.

Lors de l'imminente rencontre internationale des associations ISOC de la Francophonie, le RISQ vantera tous ces atouts et tentera de convaincre les pays présents d'adopter un système semblable. «L'idée derrière cette volonté de créer des liens entre les pays de la Francophonie, dans un esprit d'entraide et de mise en place des outils adéquats, comme l'est le RISQ, va permettre de développer un contenu francophone dans Internet et d'assurer sa mise en valeur», affirme le recteur de l'Université de Sherbrooke.






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