mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h11


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Droits et juridiction - Mettre à bas les barrières légales

Au départ, la technologie était le problème: il fallait mettre en place une «quincaillerie» qui permettrait à l'Internet de se répandre. Maintenant, il faut assurer que les lois des divers pays n'entravent pas la circulation de l'information. Ce à quoi le Global Internet Policy Initiative s'applique.

Georges Sadowsky est directeur général de l'organisme Global Internet Policy Initiative (GIPI). C'est par un parcours plutôt inusité qu'il en est arrivé à occuper de telles fonctions.

Formé en mathématiques, il raconte que, diplôme en poche, il accepte un premier emploi d'été comme programmeur informaticien. C'était en 1957. Le premier ordinateur sur lequel il a travaillé valait trois millions de dollars et possédait moins d'un pour cent de la capacité des ordinateurs personnels d'aujourd'hui. Il poursuivra par la suite des études avancées en économie en combinant les connaissances acquises. Pendant de longues années, il travaille au sein des Nations unies où il développe des activités permettant l'usage de l'informatique aux pays en voie de développement: cela constitue pour lui le coup de foudre pour ce type de travail.

Rappelons que le GIPI a été mis sur pied par Internews, une organisation défendant l'accès libre aux médias dans une dizaine de pays, et le Center for Democracy and Technology, une organisation de gouvernance d'Internet située à Washington. L'idée derrière le GIPI, c'est de reconnaître qu'Internet est devenu un médium très important pour communiquer une information très diversifiée, mettant en application des valeurs démocratiques, dont le contenu est éducatif, ou portant sur la santé, tout comme les transactions d'affaires. «L'élément déterminant de nos jours, pour la rapidité à laquelle Internet s'étend dans un pays, relève de la politique dans laquelle il se développe. Cela n'a pas toujours été le cas. Il y a 10 ans, les barrières venaient du manque physique de liaison, du coût du lien international et du manque d'employés formés pour contribuer à l'élaboration du réseau.»


Politiques durables

D'après lui, une fois les difficultés techniques surmontées, l'adoption de politiques devient un élément de plus en plus important. Ce qu'il y aurait de bien avec les politiques, c'est qu'elles sont par définition durables. Quand une réforme est effectuée, et il note qu'il y a eu des améliorations considérables dans ce sens, alors les changements adoptés durent, à moins que d'autres forces tentent de les modifier. Le Global Internet Policy Initiative tente donc de soutenir les pays en voie de développement dans l'adoption d'un cadre légal de pratiques pour favoriser le développement d'Internet afin qu'il soit accessible et abordable pour que cet outil puisse contribuer à la croissance économique et au développement humain.

«Nous mettons en oeuvre cette approche à l'aide de nos coordonnateurs répartis dans 14 pays (bientôt 17) en les aidant à bâtir des regroupements dans la société civile, en leur permettant d'étudier l'effet de lois et de règlements variés, le tout se conjuguant à l'effort de convaincre leur gouvernement d'entreprendre les réformes nécessaires. Nous les soutenons en leur fournissant les conseils juridiques d'experts internationaux de partout.»

La présentation qu'il fera portera précisément sur l'Internet Society, une composante clé du développement d'Internet, soutient-il. Il passera en revue son histoire et ses réalisations et commentera les défis auxquels cette société est confrontée aujourd'hui.

«L'Internet Society connaît des changements substantiels, ce qui témoigne en partie de la croissance majeure d'Internet et de son évolution voulant qu'il soit passé d'un réseau expérimental appuyant la recherche à un système mondial indispensable de communication. Jusqu'à maintenant, ce que l'ISOC a pu faire est considérable, mais ses programmes ne sont plus aussi pertinents qu'ils ne l'étaient durant l'enfance d'Internet.»

Le slogan de la Société étant «L'Internet, c'est pour chacun» (The Internet is for everyone), les membres auraient selon lui le choix entre plusieurs manières d'avancer dans ce sens. Ces dernières années, la création de chapitres, définis généralement de façon géographique, était initiée pour défendre l'Internet de façon locale. Cette façon de faire devrait peut-être être revue. «D'après moi, le lieu d'activité devrait passer d'un centre qui tend vers les activités globales aux chapitres qui sont en train d'être mis sur pied et qui peuvent assumer l'action de façon locale là où les besoins se font le plus sentir. Le cliché "Think globally, act locally" s'applique à notre processus de changement.»


L'effet Minitel

Par ailleurs, les rencontres à Québec et à Montréal réuniront des représentants des chapitres francophones. Ce précédent indiquerait combien Internet a progressé dans ces pays malgré un départ tardif. La France et les pays francophones ont souffert d'après lui d'avoir été les premiers d'un réseau à grande échelle. «Minitel a été introduit dans les années 1970 et a grandi lentement pour devenir un service fiable pour différents types d'information et un grand nombre de transactions commerciales. Ce succès a été en partie responsable de la lente compréhension de la part du gouvernement français qu'Internet, comme réseau interactif standard, deviendrait nettement supérieur à Minitel. Mais le mal était fait et jusqu'à ce que Lionel Jospin se prononce à Hourtin en août 1998, la Francophonie ne faisait vraiment pas partie du monde d'Internet.»

Il souligne au passage que certaines des personnes les plus actives dans l'expansion d'Internet au sein de la Francophonie seront présentes à la rencontre. C'est le cas en particulier de Jacques Guidon, qui est maintenant à l'Université de Nantes et qui a inlassablement défendu l'aide aux pays en voie de développement en réunissant des équipes d'entraîneurs pour donner des ateliers et établir des centres de formation dans plusieurs pays d'Afrique.

Il souligne, dans un autre ordre d'idées, que le manque de fonds ralentit actuellement le déploiement de l'organisme. «GIPI a pris naissance au fort de l'explosion des commerces électroniques. Les perspectives de levées de fonds étaient alors bien meilleures. En ce moment, les entreprises du secteur privé auquel nous parlons comprennent l'importance de ce que l'on fait, mais ne croient plus avoir la latitude nécessaire pour nous appuyer. Nous gagnons en moyenne un pays par mois, mais nous ne serons peut-être pas en mesure de continuer à ce rythme, alors que c'est le bon moment pour procéder à des réformes puisque plusieurs pays sont mûrs pour ça.»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009