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La sixième fois a été la bonne!

Endeavour emporte Julie Payette et six autres astronautes vers la Station spatiale internationale

Endeavour, quelques instants après le décollage
Photo : Agence Reuters
Endeavour, quelques instants après le décollage
Cap Canaveral, Floride — La navette spatiale américaine Endeavour a finalement décollé, hier soir, à 18h3, du Centre spatial Kennedy de Cap Canaveral, en Floride, avec à son bord l'astronaute canadienne Julie Payette.

Après cinq tentatives, la météo a finalement coopéré et a permis à la navette de prendre son envol du pas de tir en bord de mer.

Mais environ deux minutes après le décollage, l'on s'inquiétait déjà d'images montrant des débris qui semblaient provenir du réservoir de carburant et qui auraient potentiellement heurté le ventre de la navette.

Les représentants de la NASA ont par la suite précisé qu'il s'agissait de morceaux d'isolant en mousse et que l'écran thermique de la navette, qui est très fragile, avait été touché à deux ou à trois reprises.

Les ingénieurs auront besoin de quelques jours pour s'assurer qu'il n'y a pas de problème, a indiqué le président de l'équipe de gestion de la mission, Mike Moss.

La quantité de débris aperçue lors du lancement d'Endeavour est considérée comme inhabituelle.

Le décollage d'Endeavour avait quelque chose d'émouvant puisqu'il s'est déroulé à la veille du 40e anniversaire de la mission Apollo 11 qui a permis à un homme de marcher sur la Lune.

«L'orbiteur est prêt, l'équipe de lancement est absolument prête et la météo a fini par coopérer, il est donc temps de voler», a déclaré le directeur du lancement, Pete Nickolenko, à l'adresse de l'équipage d'Endeavour peu avant de donner le «go» final.

«La persévérance paye, bonne chance et bon vent», a-t-il ajouté.

«Merci à vous et à tous ceux qui ont travaillé dur pour ce moment et nous sommes prêts [...] pour une grande mission», a répondu le commandant de bord, Mark Polansky.

La mission de 16 jours de Julie Payette est son deuxième voyage dans l'espace, puisqu'elle était à bord de Discovery en 1999. C'est également la 16e fois qu'un Canadien s'envole dans l'espace.

«Il n'y a rien de routinier dans le fait de se tenir à côté d'une navette spatiale ou d'être bouclée à l'intérieur, c'est un immense privilège et c'est plutôt extraordinaire», a affirmé Julie Payette, lors d'un entretien téléphonique, quelques heures avant le décollage de la navette.

«C'est un véhicule absolument magnifique, c'est incroyable», a ajouté l'astronaute.

Cette mission a été reportée à cinq reprises — deux fois en juin, en raison de fuites d'hydrogène qui ont depuis été colmatées, puis trois fois la semaine dernière en raison d'orages qui faisaient rage près du Centre spatial Kennedy.

Endeavour, de la taille d'un Airbus A320, pesant avec son lanceur 1900 tonnes au décollage — dont 119,9 tonnes pour l'orbiteur et sa charge utile —, a franchi la vitesse du son 52 secondes après le lancement, atteignant 2350 km/h un peu plus d'une minute après avoir décollé.

La puissance des moteurs dégagée au moment du décollage équivaut à celle d'une petite bombe nucléaire.

Les deux fusées d'appoint, qui fournissent 80 % de la poussée, se sont séparées un peu plus de deux minutes après le lancement pour retomber dans l'Atlantique, où elles seront récupérées et réutilisées.

L'orbiteur volait alors à près de 6000 km/h poursuivant et accélérant sa course, propulsé par ses trois moteurs cryogéniques, pour atteindre l'orbite terrestre à 225,31 km d'altitude au terme d'une ascension de 8 minutes et demie.

Endeavour a ensuite commencé sa course-poursuite pour un rendez-vous avec la Station spatiale internationale (ISS) à laquelle elle s'amarrera vendredi à 17h55 GMT.

Endeavour doit livrer et installer les dernières composantes du laboratoire japonais Kibo, d'une valeur de 1 milliard $US. La navette ramènera enfin sur Terre un astronaute japonais qui se trouve à bord de la station spatiale depuis le mois de mars.

Lorsque la navette arrivera à la station, ce sera la première fois que 13 personnes se trouveront au laboratoire spatial et Julie Payette sera la seule femme.
 
 
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