Des chercheurs soumis à la censure
Tout le monde s'entend pour dire que les chercheurs ont la responsabilité de produire de nouvelles connaissances et de les transmettre, voire de les rendre publiques. Dans la pratique, maints résultats de recherches ne parviennent jamais à nos yeux ou à nos oreilles. La censure est bel et bien présente dans le monde de la recherche scientifique. Un colloque organisé par l'Association francophone pour le savoir (Acfas) s'est penché hier sur la question de la liberté d'expression des chercheurs.
À titre d'exemple, le président de l'Acfas, Pierre Noreau, a rappelé d'entrée de jeu que le gouvernement fédéral avait retenu en août 2008 la publication du rapport d'une recherche portant sur les effets du réchauffement climatique sur la santé publique... car une élection fédérale pointait à l'horizon.
L'ancien journaliste et président de la Commission d'accès à l'information, Paul-André Comeau, aujourd'hui professeur invité à l'École nationale d'administration publique, a d'abord distingué les différents contextes dans lesquels s'effectue la recherche. À ses yeux, les recherches subventionnées par des organismes publics ne sont pas soumises à la censure «car dans leurs demandes de subventions, les chercheurs s'engagent à publier».
Par contre, les recherches contractuelles ou commanditées par les pouvoirs publics — qui sont très nombreuses et qui sont payées avec les impôts des citoyens, fait remarquer M. Comeau — voient très souvent «la publication de leurs résultats stoppée, voire retardée dans la meilleure des hypothèses, car on a peur des conséquences de leur publication». «On connaît toutes les raisons invoquées par les ministères pour éviter leur publication: la sensibilité des données, le mauvais timing, le besoin d'étudier plus en détail le problème, quand ce n'est pas la raison couvre-tout des droits de la Couronne», a précisé M. Comeau, qui salue la mise en vigueur prochaine d'un règlement de la nouvelle Loi d'accès à l'information qui obligera les ministères et autres organismes à publier les rapports de recherche «dont la diffusion présente un intérêt pour l'information du public».
Quant à la recherche financée par le secteur privé, «elle place le chercheur dans une situation de dépendance à l'égard du commanditaire» qui refuse souvent de publier les résultats, a soutenu M. Comeau. Le professeur Jean-Marc Larouche, du département de sociologie de l'UQAM, redoute l'irruption de cette façon de faire à l'intérieur des murs de l'université. «Le milieu privé est maître de ses résultats, alors qu'une des vocations de l'université est la transmission des connaissances. Or, il y a de plus en plus de contrats de recherche qui se font avec des partenaires du privé. Il y a là le danger que le modèle privé soit importé à l'intérieur de l'université et qu'alors, il remette en question l'autonomie scientifique et éthique des chercheurs universitaires», a-t-il souligné, tout en rappelant qu'il est de la responsabilité des chercheurs universitaires de défendre leur autonomie jusque dans la diffusion de leurs résultats.
À titre d'exemple, le président de l'Acfas, Pierre Noreau, a rappelé d'entrée de jeu que le gouvernement fédéral avait retenu en août 2008 la publication du rapport d'une recherche portant sur les effets du réchauffement climatique sur la santé publique... car une élection fédérale pointait à l'horizon.
L'ancien journaliste et président de la Commission d'accès à l'information, Paul-André Comeau, aujourd'hui professeur invité à l'École nationale d'administration publique, a d'abord distingué les différents contextes dans lesquels s'effectue la recherche. À ses yeux, les recherches subventionnées par des organismes publics ne sont pas soumises à la censure «car dans leurs demandes de subventions, les chercheurs s'engagent à publier».
Par contre, les recherches contractuelles ou commanditées par les pouvoirs publics — qui sont très nombreuses et qui sont payées avec les impôts des citoyens, fait remarquer M. Comeau — voient très souvent «la publication de leurs résultats stoppée, voire retardée dans la meilleure des hypothèses, car on a peur des conséquences de leur publication». «On connaît toutes les raisons invoquées par les ministères pour éviter leur publication: la sensibilité des données, le mauvais timing, le besoin d'étudier plus en détail le problème, quand ce n'est pas la raison couvre-tout des droits de la Couronne», a précisé M. Comeau, qui salue la mise en vigueur prochaine d'un règlement de la nouvelle Loi d'accès à l'information qui obligera les ministères et autres organismes à publier les rapports de recherche «dont la diffusion présente un intérêt pour l'information du public».
Quant à la recherche financée par le secteur privé, «elle place le chercheur dans une situation de dépendance à l'égard du commanditaire» qui refuse souvent de publier les résultats, a soutenu M. Comeau. Le professeur Jean-Marc Larouche, du département de sociologie de l'UQAM, redoute l'irruption de cette façon de faire à l'intérieur des murs de l'université. «Le milieu privé est maître de ses résultats, alors qu'une des vocations de l'université est la transmission des connaissances. Or, il y a de plus en plus de contrats de recherche qui se font avec des partenaires du privé. Il y a là le danger que le modèle privé soit importé à l'intérieur de l'université et qu'alors, il remette en question l'autonomie scientifique et éthique des chercheurs universitaires», a-t-il souligné, tout en rappelant qu'il est de la responsabilité des chercheurs universitaires de défendre leur autonomie jusque dans la diffusion de leurs résultats.
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