Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Le consommateur de bande passante paie le prix fort

    Désuet et dispendieux. L'obsolescence du réseau canadien de transfert des données numériques, par Internet ou par cellulaire, pourrait avoir à terme un prix économique et social important. Mais pour le moment, c'est le consommateur qui règle la facture.

    Un doute? C'est l'OCDE qui le dit. En 2007, l'Organisation de coopération et de développement économique a mesuré en effet le prix pour accéder et utiliser à la bande passante dans une trentaine de pays, dont le Canada. Résultat: alors qu'un Megabit/seconde de bande passante, soit l'unité de base de mesure de la capacité de transfert d'un réseau, coûte 0,13 $ en moyenne à un Japonais, il faut près de 4 $ à un Canadien pour obtenir la même chose.

    À titre comparatif, les Français (0,33 $), les Suédois (0,35$) ou les Américains (2,83 $) doivent débourser beaucoup moins pour avoir la chance d'échanger courriels, photos ou vidéos par Internet. Un clivage palpable cette semaine d'ailleurs alors que la compagnie Numéricâble en France proposait à ses clients une connexion par fibre optique contre 34 $ par mois. Au même moment, à Montréal, Vidéotron exposait sur son site une offre de branchement deux fois moins rapide pour les téléchargements et 100 fois moins rapide pour le téléversement en échange d'une facture de... 90 $, soit trois fois plus cher.

    «C'est une belle différence, oui, commente à l'autre bout du fil de téléphone Marc Labelle, porte-parole du câblodistributeur. Mais il faut faire attention avec ces comparaisons. Le marché européen, ce n'est pas le même qu'ici», ajoute-t-il, tout en refusant de qualifier de retard technologique les disparités techniques importantes qui prévalent entre les offres de services d'ici et du reste du monde. «Nous suivons l'évolution de notre clientèle et notre offre répond à l'ensemble de leurs besoins Internet.»

    Ce fossé technologique, tout comme la lourdeur des prix qui semblent venir avec, est aussi perceptible dans l'univers du cellulaire, où les consommateurs canadiens reçoivent chaque mois des factures qui feraient mourir de rire leurs vis-à-vis néo-zélandais, britanniques et même australien. C'est en tout cas ce qu'a un jour établi Thomas Purves, un spécialiste des technologies installé à Toronto.

    Pour la démonstration, l'homme a décidé en 2007 de comparer le coût de transfert par cellulaire de 500 Mo de données numériques, soit l'équivalent d'une soixantaine de fichiers sonores de type MP3, dans différents pays. Bilan: avec un compte chez Bell, cette activité coûte 850 $ et le double, 1600 $, si l'on passe par le réseau de Rogers. À l'opposé, un abonné de Vodafone, à Auckland (41$), de Sprint à Boston (69$) ou de Telstra à Sidney, en Australie (83 $), compose lui avec des obligations financières certainement plus raisonnables.

    «Je suis un grand consommateur de bande passante [par cellulaire], lance Sylvain Carle, qui pilote les dossiers liés à Internet à l'Alliance numérique, un groupe de pression qui représente l'industrie des TIC. Parfois, je me demande si je ne ferais pas mieux de m'abonner à un service américain. Ça me coûterait moins cher», dit-il à la blague.

    Pas vraiment à jour et en plus offert à des prix démesurément élevés, le réseau canadien affiche certainement, à l'échelle internationale, son exception technologique. Exception facile à comprendre, estime Vidéotron, qui évoque, à titre justificatif, un nombre limité de consommateurs sur un territoire vaste où les infrastructures sont généralement, en raison des distances, beaucoup plus chères à gérer. Bell Canada, pour sa part, n'a pas jugé bon répondre à nos questions.

    «La taille du marché, c'est une chose, dit M. Carle. Mais il y a aussi moins de concurrence. C'est aussi simple que ça. Or, je ne suis pas sûr que c'est une bonne chose pour développer une économie numérique en santé.»












    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel