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    Reproduction assistée - Malaise dans le milieu médical

    La découverte de particularités génétiques chez les bébés-éprouvette inquiète

    archives  reuters
    Photo : Agence Reuters archives reuters
    Des scientifiques ont analysé pour la première fois certains sites stratégiques de l'ADN d'enfants vraisemblablement en bonne santé qui ont été conçus par fécondation in vitro, et ont découvert qu'un nombre important de ces sites se présentaient différemment de chez les enfants conçus naturellement. Cette découverte reste maintenant à être élucidée.

    Ottawa — Le génome des bébés-éprouvette se distingue significativement de celui des bébés conçus naturellement dans certaines régions spécifiques, dont certaines interviennent dans le contrôle du poids, a annoncé dans le cadre du congrès de l'Acfas le Dr Carmen Sapienza, généticien au Fels Institute for Cancer Research de la Temple University School of Medicine, à Philadelphie.

    Le Dr Sapienza et ses collègues ont découvert que de 6 à 10 % des sites du génome qu'ils ont examinés se présentaient différemment chez les enfants conçus par fécondation in vitro par rapport aux enfants conçus naturellement.

    «Nos résultats inquiètent les spécialistes du domaine, qui hésitent à permettre leur publication», a confié au Devoir le Dr Sapienza en entrevue. «Nos résultats sont préliminaires et demandent à être confirmés sur un plus grand nombre d'enfants, et nous nous y employons actuellement. Néanmoins, ils sont clairement significatifs. Je crois qu'il est préférable de savoir ce qui ne va pas afin de tenter de corriger la situation.»

    Les chercheurs de Philadelphie ont examiné 1500 sites différents au sein de l'ADN issu du sang et du placenta de 12 enfants conçus par les techniques de fécondation in vitro et de 12 enfants conçus naturellement. Les sites analysés sont ceux où survient généralement une méthylation, qui est une modification chimique de l'ADN permettant à la cellule d'activer ou de désactiver un gène, a précisé le généticien.

    L'analyse de ces sites de méthylation a révélé qu'entre 250 et 350 d'entre eux étaient différents entre les deux groupes.

    Les scientifiques ont ensuite examiné de plus près les gènes qui sont associés à ces sites de méthylation particuliers et ont comparé le résultat de leur expression chez un plus grand nombre d'enfants, allant de 75 à 100 individus dans chaque groupe. Ils ont ainsi trouvé que parmi les 80 gènes issus du sang des bébés qu'ils ont étudiés, deux d'entre eux s'exprimaient différemment chez les enfants issus de la fécondation in vitro de chez les enfants conçus in vivo. Parmi les 40 gènes tirés du tissu placentaire qu'ils ont analysés, cinq présentaient une expression différente entre les deux groupes. «Nous avons aussi analysé l'ADN du placenta, car celui-ci exerce une influence déterminante sur la croissance du foetus», a expliqué le chercheur.

    «À ce point-ci de nos recherches, les résultats indiquent qu'il y a une association entre d'une part les techniques de procréation assistée, particulièrement la fécondation in vitro, et d'autre part des changements dans la méthylation de l'ADN et l'expression des gènes. Une association ne veut pas dire une cause, a souligné le chercheur. Toutefois, nous ne savons pas si ces changements résultent de la technique de fécondation, de l'infertilité des parents ou d'autres causes que nous ne connaissons pas.»

    Les enfants conçus par fécondation in vitro passent les trois premiers jours de leur vie dans un milieu de culture au fond d'une boîte de Petri qui est insérée dans un incubateur, où l'air contient 20 % d'oxygène, tandis que les enfants conçus naturellement vivent leurs trois premiers jours dans le ventre de leur mère où ils ne sont exposés qu'à 5 % d'oxygène, a rappelé le Dr Sapienza.

    Quelles conséquences ces modifications de la méthylation de l'ADN et de l'expression des gènes peuvent-elles avoir sur les personnes qui en sont porteuses? Le Dr Sapienza avoue qu'il ne le sait pas. «Toutefois, parmi les gènes dont l'expression était différente et que nous avons examinés, certains sont impliqués dans le contrôle du poids. Or, les enfants conçus grâce aux techniques de procréation assistée sont plus souvent à risque de naître avec un petit poids. Et de nombreuses données épidémiologiques ont montré que les bébés de petit poids à la naissance étaient plus susceptibles que la moyenne de souffrir d'obésité, d'hypertension et de diabète de type 2 lorsqu'ils atteignent la cinquantaine», a-t-il avancé.
     
     
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