Des amibes chez le dentiste
Ottawa — Dans les cabinets de dentistes pullulent, aux côtés des bactéries, des amibes potentiellement pathogènes. À ce jour, cette prolifération de micro-organismes n'a heureusement causé que très peu d'infections graves chez les patients ayant reçu des soins dentaires, a-t-on appris au congrès de l'Acfas.
Sabrina Gravel, qui termine sa maîtrise à la faculté de médecine dentaire de l'Université de Montréal, a détecté dans les unités de soins dentaires, plus précisément dans les canalisations d'eau et les appareils de succion, jusqu'à 1,6 million de bactéries et 83 amibes par millilitre d'eau, alors que l'eau n'est potable que si elle contient tout au plus 500 bactéries et de une à deux amibes par millilitre.
«Les canalisations qui sont constamment remplies d’eau provenant du réseau d’aqueduc — laquelle contient déjà un certain nombre de bactéries et d’amibes — sont maintenues à la température de la pièce, ce qui favorise la prolifération bactérienne. De plus, le très petit diamètre de ces canalisation fait en sorte que l’eau s’écoule rapidement au centre et très lentement sur les bords, ce qui induit la formation d’un biofilm, c’est-à-dire un complexe constitué de bactéries engluées dans une colle qu’elles ont fabriquée et qui leur permet de se cimenter aux parois des unités dentaires, a expliqué la microbiologiste. Les amibes quant à elles s’enkystent, elles s’entourent d’une épaisse couche de protéines et de cellulose qui les protège de la sécheresse et de certains agents chimiques.»
«Même si le nombre d'amibes et de bactéries semble alarmant, il n'y a que très peu d'infections postopératoires qui ont été répertoriées dans la littérature en lien avec les unités de soins dentaires», a souligné la microbiologiste avant de nous exposer le cas d'une patiente ayant souffert d'une kératite amibienne, qui lui a fait perdre un fort pourcentage de son acuité visuelle, vraisemblablement après avoir reçu une éclaboussure d'eau dans l'oeil alors que le dentiste procédait à une réparation. «Cette infection de la cornée survient surtout chez les porteurs de lentilles cornéennes qui font un mauvais entretien de leurs verres de contact, a indiqué la microbiologiste. Laisser tremper ses verres de contact longtemps dans la même solution favorise la prolifération bactérienne. Si on rince les lentilles à l'eau courante, quelques amibes pourront s'y poser et une fois dans l'étui, ces protozoaires qui se nourrissent de bactéries se multiplieront. Les amibes pourront alors causer des kératites, car le port prolongé de lentilles entraîne une microabrasion de la cornée qui facilite l'entrée des amibes.»
Pour freiner la contamination de leur équipement, plusieurs dentistes se sont munis de canalisations en circuit fermé qui ne s'approvisionnent pas au réseau d'aqueduc et qui utilisent de l'eau stérile. L'Association dentaire canadienne a pour sa part recommandé aux dentistes de vidanger les canalisations d'eau tous les matins pendant quelques minutes afin de chasser les bactéries et les amibes qui se seraient agglutinées aux parois des tubulures. De plus, des recherches sont en cours pour trouver des polymères qui limiteraient l'adhésion bactérienne aux canalisations, a souligné Sabrina Gravel.
Sabrina Gravel, qui termine sa maîtrise à la faculté de médecine dentaire de l'Université de Montréal, a détecté dans les unités de soins dentaires, plus précisément dans les canalisations d'eau et les appareils de succion, jusqu'à 1,6 million de bactéries et 83 amibes par millilitre d'eau, alors que l'eau n'est potable que si elle contient tout au plus 500 bactéries et de une à deux amibes par millilitre.
«Les canalisations qui sont constamment remplies d’eau provenant du réseau d’aqueduc — laquelle contient déjà un certain nombre de bactéries et d’amibes — sont maintenues à la température de la pièce, ce qui favorise la prolifération bactérienne. De plus, le très petit diamètre de ces canalisation fait en sorte que l’eau s’écoule rapidement au centre et très lentement sur les bords, ce qui induit la formation d’un biofilm, c’est-à-dire un complexe constitué de bactéries engluées dans une colle qu’elles ont fabriquée et qui leur permet de se cimenter aux parois des unités dentaires, a expliqué la microbiologiste. Les amibes quant à elles s’enkystent, elles s’entourent d’une épaisse couche de protéines et de cellulose qui les protège de la sécheresse et de certains agents chimiques.»
«Même si le nombre d'amibes et de bactéries semble alarmant, il n'y a que très peu d'infections postopératoires qui ont été répertoriées dans la littérature en lien avec les unités de soins dentaires», a souligné la microbiologiste avant de nous exposer le cas d'une patiente ayant souffert d'une kératite amibienne, qui lui a fait perdre un fort pourcentage de son acuité visuelle, vraisemblablement après avoir reçu une éclaboussure d'eau dans l'oeil alors que le dentiste procédait à une réparation. «Cette infection de la cornée survient surtout chez les porteurs de lentilles cornéennes qui font un mauvais entretien de leurs verres de contact, a indiqué la microbiologiste. Laisser tremper ses verres de contact longtemps dans la même solution favorise la prolifération bactérienne. Si on rince les lentilles à l'eau courante, quelques amibes pourront s'y poser et une fois dans l'étui, ces protozoaires qui se nourrissent de bactéries se multiplieront. Les amibes pourront alors causer des kératites, car le port prolongé de lentilles entraîne une microabrasion de la cornée qui facilite l'entrée des amibes.»
Pour freiner la contamination de leur équipement, plusieurs dentistes se sont munis de canalisations en circuit fermé qui ne s'approvisionnent pas au réseau d'aqueduc et qui utilisent de l'eau stérile. L'Association dentaire canadienne a pour sa part recommandé aux dentistes de vidanger les canalisations d'eau tous les matins pendant quelques minutes afin de chasser les bactéries et les amibes qui se seraient agglutinées aux parois des tubulures. De plus, des recherches sont en cours pour trouver des polymères qui limiteraient l'adhésion bactérienne aux canalisations, a souligné Sabrina Gravel.
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