Le cancer ne frappe pas partout pareil
Ottawa — Depuis 2002, le cancer a supplanté les maladies cardiovasculaires comme première cause de mortalité au Québec. Son incidence varie toutefois d'une région à l'autre du Québec. Dans le cadre du congrès de l'Acfas, des chercheurs ont dressé un portrait géographique et social de ce grand tueur du XXIe siècle.
«Le cancer du poumon est celui qui présente le plus d'écart d'une région à l'autre en ce qui concerne l'incidence et la mortalité», a fait savoir Édith Bergeron, étudiante à la maîtrise en démographie à l'Université de Montréal. Chez les femmes, le taux de mortalité par cancer du poumon est plus élevé dans les régions de Lanaudière et de la Montérégie, ainsi que dans le quartier Centre-Sud de l'île de Montréal, par rapport à l'ensemble du Québec. Par contre, il est un peu moindre qu'ailleurs au Québec dans les régions de Chaudière-Appalache, de l'Estrie, ainsi que de l'ouest de l'île de Montréal. «Dans ce dernier quartier mieux nanti de Montréal, la proportion des fumeurs y est vraisemblablement moindre, car les gens fument d'autant plus que leur statut socioéconomique est plus faible», a commenté le professeur Robert Bourbeau, du Département de démographie de l'Université de Montréal.
Les taux de mortalité par cancer de la prostate et cancer du sein ne varient pas quant à eux d'une région à l'autre du Québec. Seule l'incidence de ces deux cancers présente des disparités régionales, a souligné Édith Bergeron. Cette dernière a noté que l'incidence du cancer du sein était moindre en Estrie qu'ailleurs sur le territoire québécois. Par contre, elle s'est avérée plus élevée dans les régions du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ainsi que de Chaudière-Appalache, comparativement au reste du Québec. «Ces résultats nous laissent croire que les Québécoises habitant ces endroits auraient plus souvent recours au dépistage ou du moins participeraient davantage au Programme québécois de dépistage», a soulevé la chercheuse.
L'incidence du cancer de la prostate, quant à elle, s'avère plus élevée dans la capitale nationale et dans le Centre-du-Québec, en Mauricie, qu'ailleurs sur le territoire québécois. Seul Montréal présente une incidence significativement moindre que dans le reste du Québec. «Montréal comprend une plus grande diversité ethnique qu'ailleurs. Or le dépistage est peut-être moins populaire parmi les immigrants. De plus, ceux-ci sont souvent en meilleure santé que les Québécois de souche, car un des critères de sélection à l'immigration est la santé», a fait remarquer M. Bourbeau.
Finalement, le seul endroit où le taux de mortalité par cancer colorectal est apparu plus faible qu'ailleurs au Québec est dans deux quartiers de Montréal: dans Côte-des-Neiges, où vivent beaucoup d'immigrants, et dans Westmount, qui est un quartier favorisé, ce qui constitue en soi un facteur de protection, a indiqué Édith Bergeron.
Le suivi d'un échantillon de
15 % de la population canadienne adulte — qui a pu être réalisé grâce aux recensements effectués entre 1991 et 2001 — a permis à Russell Wilkins, chercheur à Statistique Canada, d'observer que les hommes de 25 ans et plus appartenant à une minorité visible présentent des taux de mortalité nettement moins élevés que les Canadiens de souche. Le chercheur a notamment relevé que le taux de mortalité des Latino-Américains qui ont immigré récemment au Canada est de 62 % moindre que chez les Canadiens de souche.
«L'effet protecteur de l'origine ethnique est toutefois un peu moins prononcé chez les femmes, car ce sont souvent les hommes qui vont soumettre leur candidature à l'immigration en premier lieu. Et ceux-ci feront ensuite venir le reste de leur famille [dans la catégorie du regroupement familial]», a précisé M. Wilkins, avant de rappeler que le Canada sélectionne surtout les immigrants les plus scolarisés.
«Or, nous avons montré que le niveau de scolarité a aussi une forte influence sur le taux de mortalité. Notamment, le taux de mortalité des hommes qui n’ont pas obtenu de diplôme d’études secondaires est 55 % plus élevé que celui des hommes ayant un grade universitaire», a-t-il souligné.
«Le cancer du poumon est celui qui présente le plus d'écart d'une région à l'autre en ce qui concerne l'incidence et la mortalité», a fait savoir Édith Bergeron, étudiante à la maîtrise en démographie à l'Université de Montréal. Chez les femmes, le taux de mortalité par cancer du poumon est plus élevé dans les régions de Lanaudière et de la Montérégie, ainsi que dans le quartier Centre-Sud de l'île de Montréal, par rapport à l'ensemble du Québec. Par contre, il est un peu moindre qu'ailleurs au Québec dans les régions de Chaudière-Appalache, de l'Estrie, ainsi que de l'ouest de l'île de Montréal. «Dans ce dernier quartier mieux nanti de Montréal, la proportion des fumeurs y est vraisemblablement moindre, car les gens fument d'autant plus que leur statut socioéconomique est plus faible», a commenté le professeur Robert Bourbeau, du Département de démographie de l'Université de Montréal.
Les taux de mortalité par cancer de la prostate et cancer du sein ne varient pas quant à eux d'une région à l'autre du Québec. Seule l'incidence de ces deux cancers présente des disparités régionales, a souligné Édith Bergeron. Cette dernière a noté que l'incidence du cancer du sein était moindre en Estrie qu'ailleurs sur le territoire québécois. Par contre, elle s'est avérée plus élevée dans les régions du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ainsi que de Chaudière-Appalache, comparativement au reste du Québec. «Ces résultats nous laissent croire que les Québécoises habitant ces endroits auraient plus souvent recours au dépistage ou du moins participeraient davantage au Programme québécois de dépistage», a soulevé la chercheuse.
L'incidence du cancer de la prostate, quant à elle, s'avère plus élevée dans la capitale nationale et dans le Centre-du-Québec, en Mauricie, qu'ailleurs sur le territoire québécois. Seul Montréal présente une incidence significativement moindre que dans le reste du Québec. «Montréal comprend une plus grande diversité ethnique qu'ailleurs. Or le dépistage est peut-être moins populaire parmi les immigrants. De plus, ceux-ci sont souvent en meilleure santé que les Québécois de souche, car un des critères de sélection à l'immigration est la santé», a fait remarquer M. Bourbeau.
Finalement, le seul endroit où le taux de mortalité par cancer colorectal est apparu plus faible qu'ailleurs au Québec est dans deux quartiers de Montréal: dans Côte-des-Neiges, où vivent beaucoup d'immigrants, et dans Westmount, qui est un quartier favorisé, ce qui constitue en soi un facteur de protection, a indiqué Édith Bergeron.
Le suivi d'un échantillon de
15 % de la population canadienne adulte — qui a pu être réalisé grâce aux recensements effectués entre 1991 et 2001 — a permis à Russell Wilkins, chercheur à Statistique Canada, d'observer que les hommes de 25 ans et plus appartenant à une minorité visible présentent des taux de mortalité nettement moins élevés que les Canadiens de souche. Le chercheur a notamment relevé que le taux de mortalité des Latino-Américains qui ont immigré récemment au Canada est de 62 % moindre que chez les Canadiens de souche.
«L'effet protecteur de l'origine ethnique est toutefois un peu moins prononcé chez les femmes, car ce sont souvent les hommes qui vont soumettre leur candidature à l'immigration en premier lieu. Et ceux-ci feront ensuite venir le reste de leur famille [dans la catégorie du regroupement familial]», a précisé M. Wilkins, avant de rappeler que le Canada sélectionne surtout les immigrants les plus scolarisés.
«Or, nous avons montré que le niveau de scolarité a aussi une forte influence sur le taux de mortalité. Notamment, le taux de mortalité des hommes qui n’ont pas obtenu de diplôme d’études secondaires est 55 % plus élevé que celui des hommes ayant un grade universitaire», a-t-il souligné.
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