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Technologie: Revoir le plan Tobin

Les technologies sans fil pourraient permettre à tous les Canadiens d'avoir accès à Internet haute vitesse

L'ex-ministre fédéral Brian Tobin avait comme ambition de brancher le Canada à Internet haute vitesse avant 2004. Malheureusement, à la suite du dernier budget Martin, Brian Tobin a dû faire son deuil d'un Canada véloce. Toutefois, la technologie du sans-fil permettrait peut-être de réaliser ce rêve à moindre coût.

2004. Cette année devait être celle où les Canadiens allaient être les citoyens les mieux branchés au monde. Tels les magnats des pays arabes et leur pétrole, nous aurions pu être les «Arabes de la bande passante».


Que ce fut par l'entremise du câble, ou de la téléphonie haute vitesse, l'accès Internet par satellite étant encore marginal et pas au point, tous les Canadiens, surtout ceux situés en zone rurale, auraient été desservis d'un océan à l'autre par une infrastructure offerte par les joueurs importants du monde de la téléphonie et de la câblodistribution.


Évidemment, cette infrastructure aurait été subventionnée par les centaines de millions du plan Tobin. Et ces millions auraient surtout servi à amener le réseau des réseaux en zone rurale car, les chiffres sont là pour le prouver, les citoyens des grandes et moyennes municipalités du Canada ont déjà accès à la haute vitesse. Malencontreusement, les événements du 11 septembre ont changé la donne.





Le dernier mille


Bien qu'amener Internet haute vitesse dans les régions soit une opération onéreuse, les frais les plus importants se trouvent dans, ce que nos amis Américains appellent «the last mile».


En effet, une fois que la haute vitesse est rendue dans une petite ville ou un village, il faut ensuite «tirer les lignes» pour redistribuer cette bande passante dans toutes les chaumières. Or, tous les observateurs du milieu vous le confirmeront, la partie la plus onéreuse dans cette opération est d'ensuite brancher chacune des maisons en haute vitesse. Le fameux dernier mille entre, par exemple, la centrale téléphonique dans le cas de la téléphonie haute vitesse, et chacun des clients potentiels.


Et c'était en grande partie pour financer ce dernier mille que le plan Tobin était assorti de sommes importantes pour aider les sociétés de télécommunication à atteindre ces usagers en région, usagers qui, normalement, n'auraient pas eu droit à ce cadeau, pour cause de dépenses trop importantes au regard de la rentabilité. Mais, encore une fois, le 11 septembre a eu raison des projets de Tobin.


Toutefois, permettez que je partage avec vous, amis lecteurs, une idée qui me turlupine depuis quelque temps. Une technologie dont nous avons déjà parlé au cours des dernières semaines permettrait de brancher les zones rurales à moindre coût, et ce, sans nécessiter des dépenses quasi prohibitives: le sans-fil, basé sur le protocole 802.11.





La solution sans fil


Vous le savez maintenant, la norme 802.11, qui sera déclinée au cours des prochaines années en de multiples variations permettrait de brancher la très grande majorité des foyers en région et d'amener la haute vitesse en zone non urbaine, tout en ne nécessitant pas les dépenses importantes liées au dernier mille.


En ce moment, la norme 802.11b permet à un ordinateur équipé d'une carte sans fil émetteur/récepteur de se brancher à une simple petite borne d'accès vendue dans le commerce pour quelques centaines de dollars, et ce, jusqu'à une distance de 100 mètres de celle-ci. Toutefois, si nous relions la borne d'accès à une antenne extérieure au patron de radiation bien étudié, il est possible d'accroître cette distance.


Imaginez alors un village où quelques antennes seraient judicieusement disposées, tout en étant reliées à cette ou ces bornes d'accès. Tous ses citoyens auraient alors accès à de la haute vitesse. Et les dépenses pour les «télcos» seraient beaucoup moins importantes. Pas de dernier mille. Pas de modems haute vitesse à louer ou à vendre chez les usagers. Uniquement quelques antennes à 300-400 $ pièce. Une simple carte sans fil, un code d'accès sécurisé et chiffré, et voilà. Votre village est en haute vitesse.


De plus, la norme 802.11 évoluant, il serait possible de procéder à une mise à jour de l'infrastructure haute vitesse du village en changeant tout simplement la borne d'accès et les cartes sans fil. Du 802.11a, il serait possible de passer à des déclinaisons plus rapides et plus puissantes de cette norme.





Des projets communautaires


Un village pourrait aussi se prendre en main et offrir la haute vitesse en mode coopératif à ses citoyens. Il suffirait de faire installer ce seul et unique lien de données haute vitesse, pour qu'ensuite, le village prenne en main le reste de cette infrastructure, c'est-à-dire l'installation de quelques antennes et la redistribution des cartes sans fil. J'en suis sûr, basé sur de telles initiatives, le plan Tobin (on l'appelle le plan Rock maintenant?) pourrait sûrement être adapté pour répondre à cette nouvelle donne qui permettrait de s'accommoder des budgets actuels.


Finalement, la mise en place de tels réseaux pourrait aussi permettre à tous les Canadiens, quel que soit leur lieu de résidence, de pouvoir avoir accès partout à Internet haute vitesse, pour autant qu'une carte sans fil équipe leur portable ou leur assistant personnel numérique.





Soirée du hockey


L'a-t-on perdue ou non cette émission? Je n'en sais trop rien, car au moment d'écrire ces lignes (jeudi soir), c'en était fait de la Soirée du hockey le samedi soir à la Société Radio-Canada. Toutefois, je m'étonne beaucoup en écoutant les gens dire qu'il n'y a rien à faire contre la volonté de Bell qui, à moyen terme, voudra sûrement rediffuser les matchs uniquement aux abonnés de son service Bell ExpressVu.


Voyez-vous, j'ai une tout autre théorie. Le consommateur est beaucoup plus puissant que ces compagnies qui sont souvent des géants aux pieds d'argile. Comme disait mon père: «money talks and bullshit walks».


Si tous les Canadiens, et particulièrement les Québécois, décidaient soudainement de changer de compagnie d'interurbain en disant à Bell, en se débranchant de leur réseau, «désolé, mais je suis contre votre décision, et c'est pourquoi je vous quitte», je crois que, rapidement, le géant des télécommunications reviendrait sur sa décision. Personnellement, c'est ce que je viens de faire. Bye bye Bell! Un seul pas très humble chroniqueur ne peut pas faire beaucoup de pression sur Bell, mais tous ensembleÉ Quelqu'un prend le relais? Croyez-moi, un géant aux pieds d'argile.
 
 
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