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Une interface humain-machine

Fabien Deglise   24 janvier 2009  Science et technologie
Le nouveau modèle Computa Maps GPS présenté au Mobile World Congress, à Barcelone, en février 2008.
Photo : Agence France-Presse
Le nouveau modèle Computa Maps GPS présenté au Mobile World Congress, à Barcelone, en février 2008.
Le milieu de la génétique cherche depuis des années à cartographier le génome humain. Mais sur Internet, c'est désormais les comportements que l'humanité branchée tente de contenir sur des cartes. Pour mieux se voir évoluer.

«C'est une façon visuellement superbe de référencer de l'information, dit Denis Poussart, professeur émérite au département de génie électrique et de génie informatique de l'Université Laval. Tout le monde est familier avec les cartes. C'est une interface humain-machine très parlante. Et c'est certainement voué à se développer dans les prochaines années.»

Stimulé par le célèbre Google Maps, qui a mis la cartographie numérique à portée de clic et de salon, cette quête de la localisation semble en effet aujourd'hui sans limites. Et les expressions de cette folie apparaissent chaque jour sur le Web et sur les téléphones portables, de plus en plus intelligents.

Un doute? En Grande-Bretagne, par exemple, les services de police ont décidé de «géopositionner» les données mensuelles sur le crime sur le territoire anglais et gallois pour mieux comprendre la géographie de la petite et grande délinquance. Ce «crime mapping» — c'est son nom là-bas — est également livré à la face du monde pour la région de Washington sur le site Internet du Washington Post, qui donne du coup la chance aux habitants du coin de comparer la «performance» de leur quartier par rapport à d'autres. Pour se consoler ou se désoler.

Dans le cyberespace, les cartes au contenu dynamique pullulent. Ici, pour choisir son école en fonction du taux de fréquentation et là pour suivre l'évolution du marché immobilier en fonction des transactions effectuées sur telle ou telle rue. Dans un autre registre, seeyourhotel.com a décidé de cartographier pour sa part les hôtels partout sur la planète et d'accompagner chacune des localisations de photos de l'endroit ainsi que des attractions alentours, histoire de pouvoir visualiser ses vacances avant de les commencer.

Sans surprise, l'usage commercial de la géolocalisation semble beaucoup inspirer les architectes de sens sur la Toile, qui voient dans cette technologie une façon de promouvoir hôtels, restaurants, commerces de détail... Mais le concept peut aussi se faire ludique, comme en témoignent plusieurs projets de cartes dédiées uniquement à l'avancement de la connaissance sur un sujet donné. Un exemple? À Montréal, l'Université Concordia s'est lancée depuis l'été dernier dans la cartographie des sons que produit la métropole. Le projet (cessa.music.concordia.ca/soundmap/fr), baptisé Carte sonographique de Montréal, s'inspire de celui mené à New York depuis quelques années.

Mais l'application la plus intrigante reste encore cette cartographie de l'activité grippale orchestrée par la moteur de recherche Google. Ça s'appelle Flu Trends et c'est expérimental. L'idée consiste à discriminer géographiquement les requêtes des internautes portant sur les symptômes de la grippe. De ces infos, la multinationale américaine tire des cartes censées suivre en temps réel la propagation de la maladie avec, dit Google, 15 jours d'avance sur les réseaux traditionnels de surveillance de la grippe. Rien de moins.

Cette mise en carte n'est pas l'apanage du Web. Dans les cellulaires nouvelle génération, la cartographie des rapports humains semble aussi vouloir se répandre, sous des noms généralement amusants. Il y a Loopt, qui permet non seulement de partager son positionnement par satellite avec les membres de son carnet d'adresses — avec photo et message en option —, mais aussi d'être averti lorsqu'un de ses amis arrive physiquement dans son environnement immédiat. La finalité de Twinkle est similaire.

Il y a aussi Trapster qui, en format portable et sur la base d'informations fournies par les usagers, dresse le portait, sur carte, des caméras de surveillance et des radars, un peu partout sur la planète. Pratique pour éviter d'être épié par le réseau de surveillance d'une métropole pendant qu'on dévoile à l'humanité branchée sa position par GPS.
 
 
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