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L'entrevue - Une école pour les «natifs» de l'univers numérique

Marc Prensky
Marc Prensky
Pour Marc Prensky, celui à qui l'on reconnaît la paternité du concept de Digital Natives, les technologies ont contribué à changer l'éducation. Et alors que nous basculons d'un monde analogique à un univers numérique, ces changements iront en s'accélérant. Les jeunes n'auront de cesse d'embrasser ces nouvelles technologies au point que ces natifs du numérique seront à la fois apprenants et enseignants. Mais ne le sont-ils pas déjà? Et comment faire pour que les enseignants puissent eux aussi assimiler ces changements dans cet univers en rupture?

Dans un essai publié en ligne en 2001 (Digital Natives, Digital Immigrants), Marc Prensky, auteur, chercheur, consultant et concepteur de jeux vidéo, ne pouvait que constater à quel point les élèves d'aujourd'hui diffèrent de leurs enseignants.

Selon Prensky, «ces jeunes sont de la toute première génération à avoir grandi avec les outils numériques. Depuis leur naissance, ils se sont approprié et ont maîtrisé ces "instruments" que sont les ordinateurs, les jeux vidéo, les baladeurs numériques, les caméras vidéo et les appareils photo numériques. Ils sont de cette génération qui n'a pas connu un monde sans Internet, et surtout, sans Web. Tous ces outils font dorénavant partie de leur vie. Et cela a comme impact qu'aujourd'hui, ces natifs du numérique pensent et assimilent l'information d'une tout autre façon que nous, simples immigrants du monde numérique.»

Et après tout, qui peut prétendre, sinon cette génération, avoir joué plus de 10 000 heures à des jeux vidéo, parlé au cellulaire 10 000 heures, lu et envoyé plus de 250 000 courriels et messages texte. Et c'est sans compter les 20 000 heures de télévision où ils auront été exposés à plus d'un demi-million de messages publicitaires. Et ce, à l'âge de 18 ans.

Tout un fossé générationnel entre «natifs» et «immigrants» du numérique.

Or, ces technologies, qu'on le veuille ou non, sont à la base d'un des plus importants problèmes que connaît le monde de l'éducation: pour ces natifs du numérique, les passeurs de connaissances que sont les enseignants «parlent» un langage antédiluvien qui n'a rien à voir avec celui des jeunes aujourd'hui.

Bref, selon Prensky, «le monde de l'éducation fait face à un défi considérable»: comment s'assurer que les natifs et les immigrants puissent se comprendre et dialoguer dans un univers en rupture? Et au lieu de bannir certaines de ces technologies de la salle de classe, ne serait-il pas mieux de favoriser leur appropriation dans un contexte d'apprentissage afin que, par exemple, le téléphone cellulaire avec appareil photo et caméra numérique intégrée, qui semble terrifier tant de professeurs, puisse se métamorphoser en un puissant outil didactique, tout comme les jeux vidéo d'ailleurs. Une approche que n'aurait sûrement pas reniée le professeur Seymour Papert, ce protégé de Jean Piaget.

Marc Prensky: enseignant avant tout

L'enseignement a toujours été au coeur des préoccupations de ce New-Yorkais. Après des études au Collège Jean-Frédérique Oberlin, il part pour Paris afin de suivre le programme du conservatoire d'art dramatique de Paris où il en profite pour perfectionner son français.

Par la suite, il revient aux États-Unis où il se permet même de jouer le rôle de Cyrano sur Broadway. Mais c'est dans East Harlem qu'il fait ses classes comme enseignant en mathématiques. Après, Prensky devient directeur d'école, tout en continuant d'enseigner les mathématiques et le français.

Il quitte cependant le monde de l'éducation afin de décrocher sa maîtrise en administration des affaires à la prestigieuse Harvard Business School où il réussit avec distinction avant de mettre à profit ses années d'expérience en enseignement en se lançant dans la formation en ligne (e-learning). Mais c'est comme vice-président aux ressources humaines à la Bankers Trust qu'il prend véritablement conscience de l'impact que peuvent avoir les jeux vidéo.

Il a ainsi conçu pour cette institution bancaire une douzaine de jeux vidéo couvrant autant les pratiques boursières que le harcèlement. Un véritable succès. «J'ai ainsi démontré par l'exemple que personne ne lisait ces divers manuels de bonnes pratiques destinés aux employés. En lieu et place de ce qui s'avérait être une corvée dont personne ne se souciait véritablement, j'ai fait comprendre à la haute direction qu'il était possible d'apprendre tout en se divertissant.» Nintendo et apprentissage, même combat.

Ces réussites ont mené la Bankers Trust et Prensky à cofonder une filiale spécialisée dans la formation en ligne et le jeu sérieux, Corporate Gameware. Une entreprise qu'il rachète en 1999 et qu'il intégrera à sa propre entreprise, Games2Train. Celle-ci compte des clients aussi prestigieux qu'American Express, Avon, Bank of America, IBM, Nokia, Nortel, Pfizer et le département de la Défense américaine.

C'est en 2001, à la suite de son essai Digital Natives, Digital Immigrants, qu'il se lance dans l'écriture et publie coup sur coup deux livres qui attirent l'attention, soit Digital Game-Based Learning (2001) et Don't Bother Me Mom - I'm Learning (2005). Il reçoit même l'imprimatur du plus créateur et imaginatif des designers de jeux vidéo, Will Wright, l'homme qui a conçu les jeux Sim City et The Sims.

On ne peut pas savoir ce que l'on ne sait pas

Alors que la réforme scolaire est toujours remise en question, comment convaincre l'école et le monde du travail que ces outils technologiques sont un complément aux outils que nous connaissons et utilisons depuis toujours, bref, davantage une occasion plutôt qu'une menace? Comment adapter l'école afin que les enseignants puissent prendre conscience qu'ils ne sont plus les dépositaires uniques de la connaissance, que les changements se produisent à une vitesse si accélérée qu'ils doivent aussi avoir l'humilité d'accepter que les jeunes soient à leur tour des passeurs de connaissance? Tout un défi.

Le problème selon Prensky, c'est que, trop souvent, les décideurs ne peuvent pas savoir pas ce qu'ils ne savent pas — «They don't know what they don't know» — et on ne peut les blâmer d'être dépassés par ces transformations. Bien que certains pensent autrement.

À l'inverse de ceux qui estiment que seule une formation adéquate permettrait de rattraper ce retard, Marc Prensky croit plutôt que «les enseignants ne devraient pas perdre de temps à cela. Pourquoi ne pas demander à ceux qui savent, soit aux natifs eux-mêmes. Les jeunes n'attendent que cela, leur démontrer comment s'approprier à leur tour les technologies. Il suffit d'un peu de modestie. Car à mon avis, il est impossible pour un enseignant d'être aussi à jour que ces jeunes qui sont nés avec les technologies. Il ne suffit pas de reprendre dans une présentation Powerpoint ce qui auparavant était au tableau noir. Les outils technologiques sont des outils de créativité et d'apprentissage, utilisons-les comme tels. Immédiatement!».

Marc Prensky donne ainsi l'exemple de ces institutions scolaires et de leur corps professoral qui se méfient de Wikipédia au point d'en interdire la consultation. «Au lieu d'interdire Wikipédia, pourquoi ne pas adopter une nouvelle approche face à cette encyclopédie en ligne? Leur démontrer que Wikipédia n'est pas une finalité en soi, mais un point de départ. Mais surtout, pourquoi ne pas les inciter à devenir eux-mêmes des contributeurs. Ainsi, on développe leurs habiletés à la recherche et à l'écriture. Et c'est par la suite que les enseignants peuvent servir de guide afin de vérifier si le texte est bien écrit et que la recherche couvre bien le sujet. Communiquent-ils efficacement? On constate ici que pour la rédaction de ce qui semble être une simple entrée dans Wikipédia, les jeunes peuvent développer des réflexes qui s'apparentent à ceux des journalistes.» Cette approche permet aussi aux professeurs de comprendre le fonctionnement de Wikipédia, et donc d'expliquer aux élèves comment s'approprier l'outil correctement afin de bien structurer leur discours.

Et c'est ainsi que plusieurs des outils technologiques que maîtrisent ces jeunes entrent en jeu. Par exemple, les téléphones cellulaires sont aujourd'hui plus que des simples appareils de communication. Nombreux sont ceux qui sont aussi polyvalents que les ordinateurs personnels. À l'aide d'un de ces téléphones intelligents, comme l'iPhone, un élève peut ainsi faire un photoreportage, réaliser des clips vidéo, prendre des notes et téléverser le tout sur son ordinateur personnel où le tout sera assemblé et mis en ligne, sur Wikipédia par exemple.

Peut-on imaginer aujourd'hui une classe dont tous les élèves posséderaient un téléphone intelligent? On y arrivera un jour, selon Marc Prensky. C'est inévitable. Malgré toutes les résistances qu'elle déploie, l'école (et le monde du travail) ne pourra jamais empêcher ces changements.

Marc Prensky estime que l'école aura fait un grand pas en avant le jour où l'on acceptera ceci: la force des natifs du numérique réside dans leur habileté à s'approprier les outils technologiques afin de les intégrer dans un processus d'apprentissage et de création tout comme celle des enseignants se trouve dans leur capacité à dialoguer avec les jeunes afin de leur permettre de voir tous les impacts reliés à un enjeu.

***

Collaboration spéciale

Marc Prensky était l'invité de la conférence Webcom-Montréal 2008 le 12 novembre dernier. On peut lire ses essais et ses réflexions à www.marcprensky.com.






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  • Nancy Berube
    Abonnée
    lundi 5 janvier 2009 07h20
    Merci!
    « Cette lecture me donne encore plus d'énergie retourner en classe ce matin. J'y crois. Je le fais. Je continuerai. Cependant, il est difficile d'intégrer toutes ces technologies en s'assurant de couvrir tous les savoirs du programme. Tout est à replanifier. Là est la complexité. »

  • Micheline Bonneau
    Abonnée
    lundi 5 janvier 2009 07h44
    Suivez-moi et achetez les produits de mon entreprise!!
    « Tant qu'un jeune n'aura pas appris à lire, à écrire et à penser. il aura beau savoir clavarder et le reste, il demeurera un indigent intellectuel en puissance. Le monde digital peut contribuer à ces apprentissages, je n'en doute pas une seule minute, mais je trouve l'approche de cet ancien prof recyclé en vendeur de services "éducatifs" en ligne très approximative et peu crédible. Tant qu'à faire, fermons les écoles et assoyons nos enfants devant un ordi en nous abonnant aux derniers produits développés par ces nouvelles firmes privées; idem avec le dernier appareil cellulaire sur le marché, bien sûr.... Et, surtout apprenons ce que ces machins nous donnent à apprendre, sans plus; l'important, c'est d'"apprendre" puisque nous sommes dans une économie du savoir!! ne nous demandons surtout pas quoi!!!
    Un programme d'étude? des institutions scolaires? Voyons: tout cela est dépassé!!

    M.Bonneau, Mtl »

  • Placide Munger
    Abonné
    lundi 5 janvier 2009 07h50
    Un exemple africain
    « Donner aux élèves la maîtrise de leur apprentissage du français au moyen de l'intégration TIC, cela fonctionne. Preuve en est ce qui s'est passé dans une école élémentaire de Dakar. Mais il y a un mais, c'est qu'il aussi nécessaire de laisser tomber l'obsession traditionnelle d'un enseignement décontextualisé de la réalité des élèves. Le français comme toute autre langue pré-numérique, répond à des besoins de communications qui eux-mêmes répondent à des fonctionnements sociaux et des cultures n'ayant que peu de sens chez les "natifs de l'univers numérique". Chez ceux-ci, la langue première est l'ensemble des outils de communication par le numérique. Les langues secondes, les nôtres pour faire court, ne leur sont utiles que comme complément et comme compétence pour parler avec nous. Ils ont leur propre grammaire et syntaxe, leur graphie, leur vocabulaire. Ils apprennent tout de même notre langage à un rythme exceptionnel dès que cela leur permet d'atteindre leur "univers" numérique.

    C'est cela qui ressort de cette expérience réussie dans cette école d'un quartier populaire de Dakar, celui du chanteur Youssou N'Dour. Pas de rupture entre le numérique et le pré-numérique donc, pas non plus de continuité, mais une sorte d'imbrication fonctionnelle des deux "mondes". »

  • Michel Dumais
    Abonné
    lundi 5 janvier 2009 08h51
    @ Nancy Bérubé
    « Ne vous découragez surtout pas. N'ayez pas peur de demander aux jeunes, de susciter des discussions avec eux. Vous verrez, très souvent, ils n'attendent que cela. Car eux aussi ont des idées.

    Cordialement
    Michel »

  • Katerine Gagnon
    Inscrite
    lundi 5 janvier 2009 10h49
    Apprentissage vs consommation
    « L'enthousiasme de Marc Prensky est louable et juste. Mais il faudrait tout de même ne jamais perdre de vue que l'accessibilité aux « technologies » et surtout à internet n'est pas chose acquise partout et pour tous. On semble prendre leur « démocratisation » comme une donnée de fait, alors que ce n'est pas le cas. Dans de nombreuses régions du Québec, les consoles de jeu sont probablement aussi nombreuses qu'ailleurs, mais on n'a accès à internet haute vitesse que depuis très peu de temps, ou pas encore. Par ailleurs, s'il faut parler de « natifs du numérique » fréquentant aujourd'hui l'école, je rappellerai qu'il y a dix ans, pas même la moitié des ménages québécois possédaient un ordinateur, et un seul sur dix avait accès à internet à la maison. Quant aux inégalités socio-économiques, j'aimerais bien qu'on me garantisse qu'il n'y en a plus, mais j'en doute.

    Inviter « les jeunes » à montrer à leurs professeurs comment s'approprier internet, bien entendu; mais il est aussi nécessaire de s'assurer que les écoles fournissent à tous les outils nécessaires. Proposer un projet scolaire autour de wikipedia? J'applaudis, mais encore faut-il que l'école mette un grand nombre d'ordinateurs à disposition de ses élèves, et pendant les heures de classe. Des i-phones aux mains de chaque élève? Pourquoi pas, mais il faut voir nos priorités; je ne sais pas ce que je ferais si j'étais mère et forcée, pour des raisons économiques, de choisir entre inscrire mon « ado » à une activité sportive (on sait combien cela peut être onéreux) et lui offrir ce qu'il lui faut pour se vouer à, disons, l'art numérique (ordinateur, caméras digitales, programme photoshop, etc.). »

  • Jean François Bissonnette
    Inscrit
    lundi 5 janvier 2009 12h21
    Qu'en penserait Zarathoustra?
    « On le constate, mais faut-il s'en réjouir? Les enfants, ces « indigènes digitaux » ont un développement cognitif qui a peu à voir avec ce que leurs parents, même encore « jeunes », ont pu connaître. La rupture semble donc consommée avec l'ancien monde, et par le fait même les institutions, surtout scolaires, s'en trouvent bouleversées. Le principe de la transmission, de l'initiation, de l'entrée dans un monde institué, déjà-là avec son épaisseur historique et symbolique, semble bel et bien caduc. Nul doute que les enseignants aient à apprendre de leurs élèves, mais ce faisant, que reste-t-il de la raison d'être de l'enseignement? L'information n'est pourtant pas le savoir, et il faut bien un critère, une référence pour juger de ce qui vaut et de ce qui ne vaut pas. Il serait faux de penser que les « valeurs » s'apprennent toutes seules, et il faut bien avoir appris de quelqu'un avant que d'être capable de critiquer ce qui nous fut transmis, voire d'opérer la « transmutation des valeurs ». Ultime liquidation de toute forme d'« autorité », n'est-ce pas là la fin de ce que furent toutes les sociétés humaines jusqu'à la nôtre? Faut-il s'en réjouir? Peut-être, si l'on garde en tête la nécessité de vouloir un monde commun. Mais à voir ainsi s'extasier, sans le moindre sens critique, ce prophète de l'âge numérique, il me semble plutôt que le dernier homme n'est pas loin, à l'horizon du nihilisme contemporain. »

  • Kris Richard
    Inscrit
    lundi 5 janvier 2009 12h50
    Les Natifs du Boulier Chinois
    « La Natifs du Boulier Chinois savent compter sans avoir à utiliser un ordinateur. Ils savent lire aussi, ils savent ordonner leur vie et réussir leurs entreprises.

    Vous êtes en retard Monsieur Prensky.

    Dans les années 90, un groupe de gens intéressés, dont je faisais partie, avons créer un didacticiel sur plate forme Amiga, ordinateur dont Walt Disney Studio se servait pour faire leurs films numériques, à la façon d'un jeu 2D, nous sommes en 89, et nous avons fait un cours d'anglais MultiMedia, dans le but de l'offrir gratuitement dans les bibliothèques municipales et scolaires en faisant commanditer chaque machine par l'Industrie et les commerces du quartier.

    La Commission Scolaire de Montréal a refusé notre beau programme et les Administrateurs nous ont dit comme raison du refus que les jeunes ne pouvaient pas apprendre en s'amusant.

    C'est Microsoft et Windows95 qui a gagné la palme des Subventions. Nous avons fait faillite et depuis ce temps, plus il y a de budgets accordés aux Commissions Scolaires, plus il en faut année après année, toujours plus, plus, plus, et on se ramasse avec des problème de déchets de ces mêmes PC très couteux pour rien.

    Parce que les Administrateurs Têtes Blanches n'y connaissent rien d'autres que la gestion Desjardins...

    Toute cette technologie est coûteuse et profite seulement aux Riches qui se foutent de la santé des gens et des problèmes reliés aux Micro Ondes et sublimation sur les sites Internets.

    Wikipedia est Juif.

    Selon vos dires:
    *******************************************
    Marc Prensky estime que l'école aura fait un grand pas en avant le jour où l'on acceptera ceci: la force des natifs du numérique réside dans leur habileté à s'approprier les outils technologiques afin de les intégrer dans un processus d'apprentissage et de création tout comme celle des enseignants se trouve dans leur capacité à dialoguer avec les jeunes afin de leur permettre de voir tous les impacts reliés à un enjeu.
    ********************************************

    S'Approprier...
    ne trouvez vous pas que vous vous appropriez les jeunes comme étant des esclaves du cellulaire et de l'instruction du nouveau Jehovah Wikipedia?

    Un téléphone intelligent?

    Impossible. Le téléphone ne peut pas être intelligent à votre place, ni l'ordinateur, sinon, ce sera ce Nouveau Dieu qui vous dira quoi faire, quoi manger, à quelle heure, combien de semaines de vacance, etc...

    Ca me fait penser à des films d'anticipation ou science-fiction dans lequel le Maître Ordinateur prend le Contrôle de l'Humanité comme The Matrix.

    Votre langage en est un de Vendeur et de Peprésentant.

    Continuez de faire des jeux payant.

    Je retourne dans mes lectures...

    Kris Richard
    05012009 »

  • Simon Bouchard
    Abonné
    lundi 5 janvier 2009 13h27
    Vive l'esprit critique!
    « Restons prudents devans ce discours technophile. Que les jeunes soient isolés du monde numérique en classe est une trés bonne chose »

  • Gabriel Meunier
    Abonné
    lundi 5 janvier 2009 14h36
    L'abandon total...
    « Le message de mr Prensky me semble davantage est basé sur la naïveté des non-initiés que sur une réflexion solide, à moins que ce ne soit celle d'un talentueux vendeur. Les jeunes ignorent énormément du fonctionnement de ces outils technologiques, et si on peut s'en servir effectivement pour apprendre, le but de l'apprentissage est d'abord et avant tout selon moi d'interagir avec le monde. Et le monde, ce n'est pas un téléphone cellulaire, c'est le monde. L'école devrait justement servir à développer cette capacité, de plus en plus rare, de discuter avec la personne qui se trouve à vos côtés plutôt que de l'ignorer pour échanger des inepties avec celle qui se trouve à des kilomètres. Vivement une école où l'on apprend que le cellulaire donne le cancer, que sa fabrication requiert des dizaines de produits chimiques dangereux, que sa vétusté est programmée et calculée afin de pouvoir en vendre un nouveau dans l'année à venir. Le consumérisme est mis à l'honneur à la télé et sur internet, et sur le téléphone cellulaire. Pour le réaliser, il faut d'abord les éteindre.

    Quant au clivage entre jeunes et enseignants, il a toujours existé et existera toujours. Être adulte et être adolescent, ce sont deux réalités différentes. Connaître ou non le théorème de Pythagore également. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 5 janvier 2009 16h53
    Une école du XIXe siècle
    « L'école n'a guère changé depuis le XIXe siècle. Elle a été et demeure une usine de distribution d'un savoir déterminé par les États, cette distribution se faisant, comme au XIXe siècle, par des enseignants qui n'en savent guère plus (et parfois moins) que les élèves à qui ils s'adressent. Cette instutition ne pourra pas changer. Elle devra s'écrouler pour que naisse un système d'éducation fondé sur l'auto-apprentissage. J'imagine à peine Madame Courchesne réfléchissant à la question.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Pierre Delisle
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 10h45
    Natifs, Immigrants et conduite du changement
    « Bonjour M. Dumais!

    Excellent article, merci.

    De par mes nouvelles fonctions, travaillant pour une entreprise qui développe des solutions numériques pour les écoles, notre objectif ultime est de pouvoir mettre cette technologie dans les mains de tous les élèves, enseignants du Québec (et maintenant étendre notre intervention hors-Québec).

    Je travaille ardemment à cette vision, rendre l'ordinateur à la portée de l'enseignement, depuis plus de 15 ans : d'abord comme enseignant responsable des dossiers TIC, puis conseiller pédagogique, chargé de cours universitaire (dans des programmes spécifiques d'applications pédagogiques de l'ordinateur), dans le privé comme conseiller à l'utilisation de l'ordinateur à des fins éducatives et dernièrement comme conseiller marketing aux systèmes pédagogiques. Des dizaines et des dizaines de présentation et ce n'est que depuis trois ans que j'utilise cette métaphore qui créée le plus de réaction : l'enseignant « immigrant » vs l'élève « natif ». Que ce soit au Québec, dans les autres provinces, aux États-Unis, en Europe, l'impact est toujours le même et la réflexion, autour de ce constat, très constructive.

    Mais une fois dite, constatée, acceptée, que faire? Comment utiliser ce déclic, cette empreinte mnémique, ce déséquilibre mental et bâtir une approche pratique. Nous enchaînons souvent par une stratégie de conduite du changement, au niveau des adultes. Pour y arriver, la littérature nous conseille trois leviers indispensables : amener vers une insatisfaction de l'état actuel; démystifier et informer pour que la situation souhaitée soit claire; proposer des pas raisonnables pour inscrire la personne dans un momentum.

    Nous pourrions reprendre votre comparaison et ce cheminement pour corréler les comportements d'un immigrant numérique et d'un immigrant géographique : les questions qu'ils se posent, les actions qu'ils entreprennent, les raisons d'un recul. Bien sur, nous pourrions exposer ici la démarche, mais cette réponse n'est déjà que trop longue. Si le sujet vous intéresse, peut-être pourriez-vous consulter un billet à ce sujet à cette adresse: http://webdemo.grics.qc.ca/edujournal/pop.asp?id=47&page=ReticenceChangement.

    Merci de vos chroniques, de vos découvertes, de votre intérêt pour l'éducation.

    Pierre Delisle »

  • Francis Vidal
    Abonné
    mercredi 28 janvier 2009 18h23
    Dinosaure
    « J'ai bien ri en lisant les commentaires des lecteurs qui dénoncent l'arrivé des ordinateurs et autre outils numérique dans les classes et dans nos sociétés. Je leurs suggère fortement de se débrancher de l'électricité pour vivre comme à l'époque qu'ils idéalisent. Ou à l'époque avant le téléphone? Ou peut-être avant le livre? Ou avant les mathématique? Ou quand la terre étais plate? Ou même encore mieux, sous l'inquisition...

    Je suis tanné de ses crétins qui chialent contre le modernisme mais qui hurlerais à mort si on leur otais un seul des avantages qu'il leurs procurent. »

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