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L'Acfas décerne quatre prix aux étudiants - «Une confirmation qu'on est à la bonne place»

Hélène Beaudry, Benoît Lafleur, Ali Bransi et Marie-Claude Richard sont récompensés

Regrouper pour quelques heures et en un seul lieu des étudiants oeuvrant en biologie cellulaire et moléculaire, en sciences de l'environnement, en service social et en physiologie n'est sans doute pas chose commune. C'est ce qu'a pourtant fait l'Association francophone pour le savoir (Acfas) le 16 octobre dernier, lorsqu'elle a souligné les efforts et les travaux de jeunes érudits à l'occasion de la remise annuelle de ses prestigieux prix.

Chaque année, dans le cadre de son gala, l'association récompense les contributions brillantes de chercheurs au progrès des connaissances scientifiques. Des 12 prix remis, quatre s'adressent aux étudiants à la maîtrise et au doctorat. Ceux-ci sont décernés aux candidats dont la qualité du dossier universitaire est exemplaire et dont le projet de recherche se distingue par sa pertinence, son originalité et sa clarté. L'expérience de travail des étudiants ainsi que leurs réalisations personnelles sont aussi prises en compte dans l'évaluation de leur candidature.

Prix Bernard-Belleau

Hélène Beaudry est à l'image d'une toute nouvelle génération de chercheurs. Bien que, pendant sa maîtrise, elle ait donné naissance à deux enfants et pris huit mois de congé de maternité, elle a réussi à mener à terme ses études en deux ans et des poussières. Aujourd'hui enceinte d'un troisième bambin, elle poursuit au niveau doctoral avec le même enthousiasme.

Ses recherches portant sur des solutions de rechange opioïdergiques aux traitements traditionnels de la douleur chronique lui ont valu l'attention de l'Acfas. Le prix Bernard-Belleau, destiné à un étudiant au doctorat dans le domaine de la santé ou de la pharmacologie, lui est attribué pour souligner les résultats de ses études antérieures et de son projet de doctorat.

Pour Mme Beaudry, il s'agit d'un honneur important: «C'est la cerise sur le sundae! Ce prix couronne une année remplie de succès, sur les plans tant professionnel que personnel.»

Prix Ressources naturelles

Comme Mme Beaudry, Benoît Lafleur n'a pas suivi un parcours scolaire tout à fait typique. Le récipiendaire du prix Ressources naturelles a commencé sa carrière en aménagement de la faune au milieu des années 1990, après l'obtention d'un diplôme d'études collégiales.

Quelque 15 ans plus tard, après avoir beaucoup travaillé dans le domaine et mené à terme des études au baccalauréat et à la maîtrise en biologie, M. Lafleur a poursuivi ses recherches de doctorat en sciences de l'environnement à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. «J'ai eu un parcours long mais profitable, souligne l'étudiant. Comme j'ai été technicien, ça m'a permis de connaître le terrain et ça m'a servi dans mes recherches.»

Passionné de la faune, Benoît Lafleur s'est intéressé à la problématique de la perturbation du sol par la coupe forestière. Plus précisément, son projet de recherche vise à comprendre comment la perturbation des sols créée lors des opérations de récolte et de préparation de terrain affecte les propriétés des sols et la croissance de l'épinette noire dans des lieux circonscrits.

De façon plus générale, les objectifs de ses recherches sont de faire en sorte que les traitements sylvicoles reproduisent le plus fidèlement possible les effets des perturbations naturelles comme les feux de forêt, afin de conserver la diversité biologique et fonctionnelle des paysages forestiers.

Pour le doctorant, le prix Ressources naturelles n'est pas qu'une récompense académique. Comme il s'engage largement auprès de la population, notamment comme bénévole pour le programme Les Innovateurs à l'école de la Société de promotion des sciences et des technologies et pour la Société d'histoire naturelle de la vallée du Saint-Laurent, il s'agit surtout d'une reconnaissance de ses pairs: «Ça vient me confirmer que le travail que je fais est valable aux yeux des autres. Ça reconnaît aussi mon engagement social. En fait, je suis un peu plus confiant de ce que je fais dans mon travail!»

Prix Desjardins à la maîtrise

Ali Bransi est un étudiant exemplaire. Tout au long de son baccalauréat en microbiologie à l'université Laval, il s'est distingué en maintenant une moyenne épatante de 4,15 sur 4,33. Depuis qu'il a entamé sa maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire à l'automne 2007, ses résultats se tiennent dans les mêmes eaux. Premier ou deuxième de classe dans tous ses cours, il a su impressionner l'Acfas grâce à ses recherches sur les bactéries. Le prix Desjardins, dont la visée est de souligner l'excellence du dossier scolaire de l'étudiant auquel il est remis, ainsi que de l'encourager à poursuivre ses recherches, semblait tout à fait désigné pour M. Bransi.

«Pour le futur, le fait d'avoir reçu un prix comme celui-là sera une bonification importante pour mon curriculum vitae. Lorsqu'on souhaite devenir chercheur, il faut présenter énormément de demandes de bourses. Le prix Desjardins me facilitera grandement la vie! J'envisage déjà de faire des études au doctorat. J'aimerais peut-être même continuer à l'international», signale M. Bransi.

Prix Desjardins au doctorat

Tout comme M. Bransi, Marie-Claude Richard s'est démarquée par l'excellence de ses résultats scolaires. Étudiante au doctorat en service social à l'université Laval, elle s'intéresse à la question de l'insertion sociale et professionnelle des jeunes adultes ayant connu un parcours difficile pendant l'enfance et l'adolescence. Plus précisément, elle se captive pour le passage à la vie adulte de jeunes qui ont été placés jusqu'à la majorité. «C'est vraiment une population qui m'a toujours intéressée. J'ai d'ailleurs fait ma maîtrise dans ce sens-là. C'est une période de vie qui me passionne», affirme Mme Richard.

L'originalité du projet de recherche de l'étudiante a, selon elle, sûrement dû peser dans la balance pour le jury de l'Acfas. Notamment, Mme Richard se préoccupe de donner la parole aux jeunes et de considérer leurs propres représentations de l'insertion sociale et professionnelle afin de comprendre leur cheminement et les stratégies qu'ils mettent en place.

Un encouragement

Depuis la remise, en 1986, de son premier prix destiné aux étudiants, l'Acfas a fait des dizaines d'heureux bénéficiaires. Comme le soulève Marie-Claude Richard, les prix de l'association ont une place bien importante pour ses récipiendaires toujours aux études: «Chaque fois qu'on a ce genre de prix-là, c'est un peu une confirmation qu'on est à la bonne place, qu'on fait la bonne chose. On se dit qu'on n'est pas les seuls dans notre bulle à penser que ce qu'on fait a de l'allure. Ce n'est rien de moins qu'une claque dans le dos pour dire: "Continue"!»

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