jeudi 24 mai 2012 Dernière mise à jour 18h10
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Technologie - Ondes de choc

Une poursuite contre le gouvernement et les compressions faites par Ottawa marquent la rentrée

Entre les tractations des uns pour acquérir les autres, la sortie de nouveaux téléphones cellulaires toujours aussi surprenants et la nouvelle vague de petits ordinateurs ultraportables à petit prix, on a l'impression que, chez nous, la scène technologique est plutôt calme et, pourtant, ça redémarre en boeuf.

Deux ondes de choc passent coup sur coup dans le corridor de l'industrie québécoise. D'abord, il y a cette poursuite déposée contre l'administration de Québec pour ébranler les pratiques gouvernementales quant à l'attribution des contrats pour l'opération de son vaste réseau informatique. Et puis, cette nouvelle qui veut que le Fonds des nouveaux médias du Canada ne soit pas renouvelé par Patrimoine canadien en mars prochain.

D'abord, revenons sur cette poursuite contre le gouvernement du Québec. Déposée le 15 juillet dernier par un organisme de lobby du logiciel libre de Laval, la plainte n° 500-17-044243-080 interpelle la Direction générale des acquisitions du Centre des services partagés du Québec, Microsoft Canada, la firme-conseil Compugen et le Procureur général du Québec.

L'organisme FACIL, pour l'appropriation collective de l'informatique libre, veut ainsi dénoncer les pratiques d'achats de logiciels nécessaires à l'administration publique sans appel d'offres de la part du Gouvernement du Québec.

À l'aide de nombreux documents déposés devant la Cour supérieure du Québec, l'organisme lavallois accuse le gouvernement de violer la loi québécoise en renouvelant les licences des logiciels de Microsoft sans faire préalablement des appels d'offres. Et au passage, le plaignant rappelle qu'il existe d'autres solutions informatiques que celles proposées par Microsoft et que le gouvernement devrait les considérer.

L'organisme FACIL affirme que Québec aurait déjà versé plus de 80 millions de dollars à Microsoft pour l'achat de licences du système d'exploitation Windows Vista. Toujours selon FACIL, le gouvernement aurait octroyé des contrats d'achats de logiciels pour plus de 25 millions de dollars durant la période de février à juin 2008, sans jamais passer par le processus d'appel d'offres.

Mais cette plainte n'est pas la première pour le gouvernement du Québec. En mars dernier, l'entreprise Savoir-Faire Linux, qui appartient au vice-président de l'organisme FACIL, Cyrille Béraud, accusait spécifiquement la Régie des rentes du Québec d'avoir le même type de comportement et, donc, de renouveler les licences des logiciels de Microsoft sans faire d'appels d'offres. C'est demain que la Cour supérieure du Québec entendra la plainte de l'organisme FACIL.

Que l'on soit pour ou contre la façon d'opérer du gouvernement du Québec dans ce dossier, il n'en reste pas moins que cette poursuite a le mérite de soulever la question de l'attribution des contrats informatiques dans les divers ministères et, par ricochet, entendre la réflexion de Québec en matière d'utilisation du logiciel libre au sein de ses diverses composantes.

***

Parlant de l'administration Charest, connaissez-vous le programme Appui au passage à la société de l'information? Celui-ci a été lancé au beau milieu du mois de juillet par la ministre des Finances, ministre des Services gouvernementaux, ministre responsable de l'Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.

Un programme de six millions de dollars par année pour aider les citoyens à s'approprier les nouvelles technologies dans toutes les régions du Québec. Administré par le ministère des Services gouvernementaux, le programme est une aide financière à des projets et à des organismes qui favorisent l'accès à Internet et aux technologies de l'information dans leurs régions.

Concrètement, le gouvernement cherche à réaliser trois objectifs: appuyer des projets ou initiatives qui favorisent l'accès aux technologies et leur utilisation, favoriser le rapprochement entre l'État et le citoyen et, finalement, contribuer au déploiement du gouvernement en ligne et à l'établissement d'un Québec branché.

Pour y arriver, Québec va investir cet argent dans trois types initiatives, soit des projets liés au gouvernement en ligne, en appui à la mission d'organismes communautaires actifs dans le domaine et dans des projets de recherche portant sur les répercussions socioéconomiques d'Internet et des technologies de l'information. Les intervenants qui désirent transmettre une demande de financement peuvent le faire jusqu'au 30 septembre 2008.

***

En terminant, un mot sur cette information relayée par le Globe and Mail selon laquelle le gouvernement Harper aurait décidé d'éliminer le Fonds des nouveaux médias du Canada. On parle ici d'un programme de 14,5 millions de dollars par année pour soutenir la création et la distribution de produits à contenu culturel numérique.

Le Regroupement des producteurs multimédias n'a pas tardé à réagir et se dit «outré d'apprendre que le Fonds des nouveaux médias du Canada ne sera pas renouvelé par Patrimoine canadien. Ce fonds, qui existait depuis 2001, était à ce jour l'un des seuls programmes destinés au développement de contenu canadien pour l'industrie indépendante des nouveaux médias».

Selon les producteurs québécois, les impacts devraient se faire sentir sur l'offre de contenu interactif francophone offert aux Québécois et aux Canadiens avec la disparition d'une enveloppe de cinq millions de dollars qui était généralement octroyée au secteur francophone. Seul espoir pour les gens de cette industrie, une campagne électorale fédérale qui pourrait amener à Ottawa une nouvelle administration plus sensible à leurs besoins.

bguglielminetti@ledevoir.com

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno (www.radio-canada.ca/techno).
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Daniel Vézina - Abonné
    2 septembre 2008 08 h 12
    En esperant que cette poursuite porte fruit...
    M. Guglielminetti,

    Si vous avez eu le besoin d'aller sur le site du RQAP (naissance oblige ;) ), vous serez a meme de constater que ce site est developpe entierement avec des solutions Microsoft.

    Et quel fureteur fonctionne correctement ? Internet Explorer bien sur. Ha oui, il accepte Netscape aussi (la connerie!) Pas Firefox... Netscape! Oui, avec le plug-in d'impersonalisation (modification du HTTP header), on peut utiliser Firefox, mais cette fonction n'est pas facile a configurer/saisir pour les utilisateurs non inities a la chose.
    Donc, les usagers Mac... Out !

    Il y a meme d'autres site du gouverment du Quebec qui utiisent des fonctions MDAC !!

    Ca demontre la vision du departement d'informatique du Gouverment... "Windows only" !

    En voyant le bassin d'utilisateur Mac et Linux grandir, j'espere que le gouvernement va se faire rentrer dedans et comprendre qu'il n'y a pas uniquement Micro$oft en informatique.

    Comment accepter le fait que notre gouverment nous oblige pour acceder a ses services, d'utiliser uniquement des produits Microsoft ? C'est comme si demain, les stationnements du centre-ville nous obligaient a n'avoir que des voitures GM (l'horreur! ;) ) pour utiliser leur places de stationnement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Stéphane Hamel - Inscrit
    2 septembre 2008 08 h 33
    Franchir l'abyme
    Ça fait maintenant des années que des visionnaires utilisent des logiciels en distribution libre, sans license d'exploitation. Certaines compagnies comme Asus, Dell vendent maintenant des ordinateurs avec Linux pré-installé. Le temps où l'on devait être un génie de l'information pour profiter de ces logiciels gratuits est révolu. Linux rivalise et dépasse même Vista en terme de facilité d'utilisation et de fiabilité. Malheureusement, il y aura toujours une masse critique de gens difficile à convaincre. Les gens préfèrent payer des centaines de dollars pour ne pas avoir à apprendre une nouvelle technologie... Un abyme sépare les visionnaires et la majorité frileuse. La nature humaine est ainsi faite: imiter la majorité, minimiser les risques. Cette tactique a fonctionnée pendant des milliers d'années, pourquoi changer?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bruno Giroux - Abonné
    2 septembre 2008 09 h 23
    Les logiciels libres face aux logiciels propriétaires
    Cette poursuite est fort intéressante, ne serait-ce que parce qu'elle permettra de faire parler des logiciels libres et du système d'exploitation libre Linux et de faire connaître ces produits.

    Si le gouvernement fait l'acquisition, au coût de dizaine de millions de dollars, de systèmes d'exploitation et de logiciels Microsoft, je crois que c'est surtout parce qu'une grande partie des gestionnaires, ceux qui prennent les décisions ou qui approuvent les achats, ne connaissent à peu près rien à l'informatique. Ceux qui préparent les demandes d'acquisition n'ont qu'à inscrire «Seul produit disponible pour nos besoins» ou «Seul fournisseur connu».

    Si, devant un tribunal, il fallait en faire la preuve, cela changerait la donne. Si, de plus, les ministres responsables des finances et le Vérificateur général se mettaient de la partie pour voir vraiment ce qu'il en est et pour quantifier les sommes qui pourraient être épargnées en optant pour les logiciels libres, le dossier serait intéressant au plan financier.

    Il est facile d'identifier les arguments qui seront utilisés pour justifier le passage des logiciels propriétaires aux logiciels libres. Dans un premier temps, les responsables de l'informatique au sein des ministères et organismes diront que les employés sont habitués de travailler avec tel logiciel ou avec telle suite bureautique et que le changement entraînera une perte de productivité, un besoin de recyclage, la nécessité de prévoir des passerelles.

    À celui qui ne connaît pas l'informatique, il sera facile de faire avaler des couleuvres. Ici, il sera intéressant de trouver des firmes ou des organismes, voire des administrations publiques qui ont fait le saut et qui peuvent témoigner de la vraie façon dont s'est fait le passage.

    Un autre point à souligner est le fait que le logiciel libre peut être modifié afin, entre autres, de répondre à des besoins précis d'un utilisateur. Alors, si un logiciel libre doit être modifié, même amélioré, pourquoi est-ce que ce travail ne serait pas confié aux étudiants en informatique dans les cégeps et dans les universités? Ils apprendraient pour en rendant service à la collectivité.

    Il faut mettre un terme à cette folie de changer régulièrement de systèmes d'exploitation et de logiciels pour de nouvelles versions qui coûtent cher et qui, la plupart du temps, apportent peu d'améliorations par rapport aux versions précédentes.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Renaud Blais - Inscrit
    2 septembre 2008 10 h 38
    Pourquoi autant de résistance à l'utilisation des logiciels libres ?
    Tout est dans mon titre, je ne comprends pas pourquoi il existe autant de résistance au passage à l'utilisation des logiciels libres ? La Chine, après que les négociations visant à obtenir des rabais importants de la part de Micro$oft, ont échouées, est passé largement à l'utilisation des logiciels libres. Sommes nous "plus niaiseux" qu'eux ?

    Renaud Blais
    Citoyen pour une démocratisation véritable de l'utilisation des technologies.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Robin Millette - Inscrit
    2 septembre 2008 13 h 08
    Lobby de Laval ?
    Je tiens à souligner que FACIL est un organisme québécois fondé en 2003 dont le siège social est à Montréal mais qui compte (ou déjà compté) dans son CA des membres de la ville de Québec aussi.

    Enfin, l'expression "Lobby du libre", pour qualifier cette association constituée surtout de membres comme vous et moi est un peu exagérée.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Maco - Abonné
    2 septembre 2008 13 h 12
    Libre n'est pas gratuit.
    Faites attention. Une nouvelle génération de « business » du « libre » apparaît. Libre ne veu pas dire gratuits. Mais qui va en faire l'installation, la « maintenance »? Les nouvelles « business » du logiciel libre. Pour une modique somme mensuelle, l'installation est comprise. Vous n'aurez économisé que le pris de la licence. Et si une problème survient (le bug), la communauté s'en s'archegas, pas la «business» du libre avec le quel vous avez un contract. Certains diront que les gros ne sont pas mieux. C'est vrai. Ce qui est aussi vrai, c'est qu'il n'y a pas vraiment d'économie dans cette avenue. A moins d'avoir un esprit et une volonté « communiste » (mettre en commun). Ce qui n'est pas très à la mode de nos jours.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Chryst - Abonné
    4 septembre 2008 21 h 12
    Ai-je bien lu ?
    Un programme d'aide et une aide financière ? De la poudre aux yeux ?

    Alors que nous nous démenons depuis plus de 2 ans pour faire avancer notre cause, voilà que le gouvernement Charest fait des voeux pieux. Il ferait mieux de s'ouvrir les yeux.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
7 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012