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Téléphone portable : appel à la prudence

16 juin 2008  Science et technologie
Paris — Une vingtaine de scientifiques et de cancérologues ont lancé à Paris un appel en faveur de mesures de précaution dans l'utilisation du téléphone portable, en l'absence de conclusions définitives prouvant son caractère inoffensif pour la santé, notamment des enfants.

Les signataires du texte publié hier dans le Journal du dimanche, parmi lesquels figurent, outre des médecins français, un Italien, un Néerlandais et un Américain, dressent une liste de mesures de précaution simples qui peuvent être prises dans l'attente de données plus complètes.

Le ministère français de la Santé souligne qu'aucune preuve scientifique ne permet aujourd'hui de démontrer que l'utilisation des téléphones mobiles présente «un risque notable» pour la santé, que ce soit pour les adultes ou les enfants.

Mais plusieurs études récentes, qui doivent encore être approfondies, mettent en évidence la possibilité d'un risque «faible» d'effet sanitaire lié à une utilisation intense et de longue durée (plus de dix ans) d'un mobile.

Une étude internationale de grande ampleur, menée dans 13 pays sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est actuellement en cours. Seuls des résultats partiels ont été publiés à ce jour.

Pour les scientifiques à l'origine de cet appel, le mode d'utilisation des portables doit s'articuler autour de dix règles. Ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence, maintenir le téléphone à plus d'un mètre du corps lors des communications en utilisant le mode haut-parleur ou un kit mains libres ou une oreillette, éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en veille. Le texte suggère aussi de communiquer plutôt par SMS et d'éviter d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides en voiture ou en train.

«Nous sommes aujourd'hui dans la même situation qu'il y a cinquante ans pour l'amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu'il y a un faisceau d'arguments scientifiques inquiétants», explique Thierry Bouillet, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny, près de Paris, et signataire de l'appel.
 
 
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