Relève étudiante collégiale - Sainte-Foy triomphe au Grand Prix du Nunavut
source FiQ
Prix de la Reléve étudiante collégiale: (au premier plan) Philippe Troie et Francis Perron, étudiants au cégep Sainte-Foy, et Yves Sanssouci, p.-d. g. du CRIM; (en arrière-plan) Sébastien Bourgoing et Simon Pouliot, étudiants au cége
Nous sommes en 2054. En secret, les Inuits développent une technologie qui leur permet de dominer le monde. Pour se divertir, le peuple organise chaque année un concours où des pays s'affrontent sur une piste de course. L'État gagnant est libéré cette année-là des attaques des Inuits. Bienvenue dans le Racing Nunavut des étudiants du Cégep de Sainte-Foy.
Si le scénario qui raconte une prochaine domination du monde par les Inuits semble saugrenu, il sert néanmoins de toile de fond au jeu vidéo Racing Nunavut, qui vient de remporter le prix Octas dans la catégorie Relève étudiante collégiale, décerné par la Fédération de l'informatique du Québec samedi dernier à Québec. «On voulait faire quelque chose d'original», explique l'un des créateurs, Philippe Troie. Donc on a pris une histoire qui n'avait pas de sens et on a fait un jeu de course avec elle.»
Malgré son concept loufoque, le jeu développé par quatre jeunes hommes âgés de 20 ans — Philippe Troie, Sébastien Bourgoing, Francis Perron et Simon Pouliot — allie non-violence et qualité de la langue, en plus de se rapprocher de ce qui se fait dans l'industrie. Il est le fruit d'un travail de 1500 heures passées à bosser dans les locaux du Cégep de Sainte-Foy les soirs et les fins de semaine.
Nombreuses contraintes
Racing Nunavut — son nom l'indique — est un jeu de course qui se déroule dans un décor enneigé. Le joueur peut courir au volant de la célèbre Doloriane du film Retour vers le futur, d'une jeep, d'un Hummer ou d'un char d'assaut. «Pour des questions de licences et parce qu'on n'avait pas d'artistes pour dessiner nos modèles, la plupart des éléments que nous avons utilisés se retrouvent gratuitement dans Internet. D'ailleurs, toute la bande audio vient d'un site qui distribue gracieusement la musique pour les projets étudiants», affirme Philippe Troie.
Pour le décor, Philippe Troie affirme qu'ils se sont arrangés avec les talents du bord. «On est des programmeurs, pas des dessinateurs! On a fait ce qu'on pouvait avec ce qu'on avait. Par exemple, je suis pas pire en modélisation en 3D, donc je m'en suis occupé. Simon est meilleur pour faire des textures en 3D, donc c'est lui qui a fait l'asphalte, par exemple.»
En plus des limites d'effectifs et d'argent, les jeunes adultes se sont heurtés à des contraintes de temps. «Nous avions des idées de grandeur pour le jeu, mais il a fallu couper. Et ce, même si souvent c'est le gardien de sécurité qui nous mettait à la porte du cégep.» Les créateurs se sont donc concentrés sur l'élaboration de trois niveaux auxquels le joueur peut accéder s'il a passé le niveau précédent.
Élaboré dans le cadre du projet de fin d'études du profil «Programmation 3D et jeux vidéo» du programme d'informatique du Cégep de Sainte-Foy, il devait également être non-violent. «Ça éliminait pas mal de catégories. C'était difficile parce que, dans la plupart des jeux, même s'il n'y a pas de sang, il faut ou bien que tu tires sur quelqu'un, ou bien que tu détruises des cibles. Tout ce qui restait, c'étaient les jeux de sport ou de course», dit Philippe Troie.
Processus multidisciplinaire
L'élaboration de Racing Nunavut a également permis à ses créateurs de revoir des notions apprises dans leur programme d'informatique, mais aussi au secondaire et dans leurs cours obligatoires. «Faire un jeu vidéo, c'est quelque chose de très multidisciplinaire. Ça demande des compétences dans plusieurs domaines. Même si on avait déjà deux ans de formation en informatique, je me suis rendu compte qu'il nous en restait tellement à apprendre sur la gestion des particules, l'optimisation de la mémoire, le fonctionnement de la lumière dans l'image, les vecteurs, les matrices, la réseautique. J'ai même sorti des vieux livres de physique du secondaire pour voir les formules d'accélération et de friction.»
Pour s'arrimer à ce qui se fait dans l'industrie, Racing Nunavut a été conçu en anglais et en français. «Le but, c'était de faire quelque chose qui se rapprochait le plus possible de ce qui se faisait dans l'industrie. On voulait que ce soit professionnel.»
Jour de gloire
Comment les jeunes finissants perçoivent «l'Oscar de l'informatique» qu'ils viennent de remporter? «Davantage pour la gloire que pour l'argent!», blague Philippe Troie. En effet, les quatre jeunes hommes se partagent une bourse de 1000 $. «Mais le billet d'entrée était de 300 $!»
Pour Philippe Troie, la mention paraîtra bien dans son curriculum vitae. Le jeu s'ajoute aussi à son porte-folio. Mentionnons que deux membres du groupe viennent tout juste d'être embauchés chez Beenox, l'une des grandes boîtes de jeu vidéo de
la capitale.
Les quatre passionnés ne rêvent pas de vendre Racing Nunavut à un grand distributeur de jeux vidéo. «Ça serait trop compliqué pour des questions de licences», dit Philippe Troie. «De plus, comme il a été élaboré sur les ordinateurs du cégep, il ne respecte pas toutes les normes de qualité du marché. En fait, pour avoir un concept qui se vend, il faudrait tout recommencer de A à Z», conclut-il.
***
Les curieux peuvent télécharger Racing Nunavut pour leur ordinateur PC en ligne à partir de www.simonpouliot.com ou de www.ptroie.com.
Collaboratrice du Devoir
Si le scénario qui raconte une prochaine domination du monde par les Inuits semble saugrenu, il sert néanmoins de toile de fond au jeu vidéo Racing Nunavut, qui vient de remporter le prix Octas dans la catégorie Relève étudiante collégiale, décerné par la Fédération de l'informatique du Québec samedi dernier à Québec. «On voulait faire quelque chose d'original», explique l'un des créateurs, Philippe Troie. Donc on a pris une histoire qui n'avait pas de sens et on a fait un jeu de course avec elle.»
Malgré son concept loufoque, le jeu développé par quatre jeunes hommes âgés de 20 ans — Philippe Troie, Sébastien Bourgoing, Francis Perron et Simon Pouliot — allie non-violence et qualité de la langue, en plus de se rapprocher de ce qui se fait dans l'industrie. Il est le fruit d'un travail de 1500 heures passées à bosser dans les locaux du Cégep de Sainte-Foy les soirs et les fins de semaine.
Nombreuses contraintes
Racing Nunavut — son nom l'indique — est un jeu de course qui se déroule dans un décor enneigé. Le joueur peut courir au volant de la célèbre Doloriane du film Retour vers le futur, d'une jeep, d'un Hummer ou d'un char d'assaut. «Pour des questions de licences et parce qu'on n'avait pas d'artistes pour dessiner nos modèles, la plupart des éléments que nous avons utilisés se retrouvent gratuitement dans Internet. D'ailleurs, toute la bande audio vient d'un site qui distribue gracieusement la musique pour les projets étudiants», affirme Philippe Troie.
Pour le décor, Philippe Troie affirme qu'ils se sont arrangés avec les talents du bord. «On est des programmeurs, pas des dessinateurs! On a fait ce qu'on pouvait avec ce qu'on avait. Par exemple, je suis pas pire en modélisation en 3D, donc je m'en suis occupé. Simon est meilleur pour faire des textures en 3D, donc c'est lui qui a fait l'asphalte, par exemple.»
En plus des limites d'effectifs et d'argent, les jeunes adultes se sont heurtés à des contraintes de temps. «Nous avions des idées de grandeur pour le jeu, mais il a fallu couper. Et ce, même si souvent c'est le gardien de sécurité qui nous mettait à la porte du cégep.» Les créateurs se sont donc concentrés sur l'élaboration de trois niveaux auxquels le joueur peut accéder s'il a passé le niveau précédent.
Élaboré dans le cadre du projet de fin d'études du profil «Programmation 3D et jeux vidéo» du programme d'informatique du Cégep de Sainte-Foy, il devait également être non-violent. «Ça éliminait pas mal de catégories. C'était difficile parce que, dans la plupart des jeux, même s'il n'y a pas de sang, il faut ou bien que tu tires sur quelqu'un, ou bien que tu détruises des cibles. Tout ce qui restait, c'étaient les jeux de sport ou de course», dit Philippe Troie.
Processus multidisciplinaire
L'élaboration de Racing Nunavut a également permis à ses créateurs de revoir des notions apprises dans leur programme d'informatique, mais aussi au secondaire et dans leurs cours obligatoires. «Faire un jeu vidéo, c'est quelque chose de très multidisciplinaire. Ça demande des compétences dans plusieurs domaines. Même si on avait déjà deux ans de formation en informatique, je me suis rendu compte qu'il nous en restait tellement à apprendre sur la gestion des particules, l'optimisation de la mémoire, le fonctionnement de la lumière dans l'image, les vecteurs, les matrices, la réseautique. J'ai même sorti des vieux livres de physique du secondaire pour voir les formules d'accélération et de friction.»
Pour s'arrimer à ce qui se fait dans l'industrie, Racing Nunavut a été conçu en anglais et en français. «Le but, c'était de faire quelque chose qui se rapprochait le plus possible de ce qui se faisait dans l'industrie. On voulait que ce soit professionnel.»
Jour de gloire
Comment les jeunes finissants perçoivent «l'Oscar de l'informatique» qu'ils viennent de remporter? «Davantage pour la gloire que pour l'argent!», blague Philippe Troie. En effet, les quatre jeunes hommes se partagent une bourse de 1000 $. «Mais le billet d'entrée était de 300 $!»
Pour Philippe Troie, la mention paraîtra bien dans son curriculum vitae. Le jeu s'ajoute aussi à son porte-folio. Mentionnons que deux membres du groupe viennent tout juste d'être embauchés chez Beenox, l'une des grandes boîtes de jeu vidéo de
la capitale.
Les quatre passionnés ne rêvent pas de vendre Racing Nunavut à un grand distributeur de jeux vidéo. «Ça serait trop compliqué pour des questions de licences», dit Philippe Troie. «De plus, comme il a été élaboré sur les ordinateurs du cégep, il ne respecte pas toutes les normes de qualité du marché. En fait, pour avoir un concept qui se vend, il faudrait tout recommencer de A à Z», conclut-il.
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Les curieux peuvent télécharger Racing Nunavut pour leur ordinateur PC en ligne à partir de www.simonpouliot.com ou de www.ptroie.com.
Collaboratrice du Devoir
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