Secteurs culturel, éducatif ou médiatique - La SAT assure une téléprésence au Québec
source FiQ
René Barsalo, directeur, Recherche et stratégie, à la Société des arts technologiques (SAT), en compagnie de Carl Charest, directeur des contenus, Branchez-vous.com
Imaginez que vous êtes un danseur contemporain et que vous habitez en région. Pour travailler avec un grand chorégraphe montréalais, vous n'avez qu'à vous exécuter devant la caméra d'une station de téléprésence 2.0 développée par la Société des arts technologiques (SAT). Le chorégraphe pourra ainsi vous voir en direct, de taille humaine, et vous donner ses commentaires comme s'il était à côté de vous. C'est ce projet, encore rempli d'un potentiel à développer, qui a remporté le prix Octas cette année dans la catégorie TI dans les secteurs culturel, éducatif ou médiatique.
«La téléprésence est en fait un dispositif de vidéoconférence enrichi. Grâce à une image de qualité de taille humaine et au fait qu'avec le système les deux interlocuteurs se regardent dans les yeux, la communication passe très bien. Après 15 secondes, on a l'impression qu'on est dans la même pièce», indique René Barsalo, directeur, Recherche et stratégie, à la SAT.
Le dispositif de vidéoconférence web est léger, mobile et simple à utiliser grâce aux réseaux IP et aux logiciels populaires comme Skype et IChat. «On peut aussi utiliser le logiciel de source libre développé par la SAT TéléCHACHA et bénéficier d'une qualité DV et d'un son stéréo», ajoute-t-il.
Pour les artistes
La station de téléprésence a été développée dans le cadre du programme de recherche de la SAT Territoires ouverts, qui a pour objectif de permettre aux artistes d'explorer la création en ligne dans les réseaux IP à large bande et de les doter d'applications adaptées aux domaines des nouveaux médias.
«Ce besoin nous avait été exprimé par les artistes. Ils souhaitaient étudier davantage les possibilités de la webdiffusion et de la projection immersive, à 360 degrés. La station de téléprésence a donc été créée dans un contexte de préproduction et de production artistique», explique M. Barsalo.
Le dispositif portatif permet ainsi la lecture de la gestuelle et de la communication non verbale. L'échange peut se faire entre plusieurs pôles (jusqu'à quatre), avec un ou plusieurs interlocuteurs à chaque endroit. Évidemment, si le dispositif a d'abord été créé pour les artistes, d'autres types d'utilisations sont possibles, et l'équipe de la SAT s'en est rendu compte rapidement.
Plusieurs applications possibles
L'été dernier, lorsque des inondations ont frappé le village de Rivière-au-Renard, en Gaspésie, les stations de téléprésence ont joué un rôle bien particulier. «Alors qu'on a appris que la majorité du village a été détruit, une opération de solidarité s'est organisée à Montréal. Comme on avait déjà fait la transmission du Festival en chansons de Petite-Vallée, ils nous ont demandé si on ne pouvait pas faire quelque chose pour cet événement de solidarité», indique M. Barsalo.
Finalement, grâce à la technologie développée par la SAT, les sinistrés de Rivière-au-Renard et les artistes installés à Montréal ont pu établir un véritable contact. «Les artistes ont pu mettre des visages sur les gens qu'ils soutenaient. On a vu l'émotion passer entre les deux groupes», se souvient-il.
La station de téléprésence est également très utile dans un contexte d'enseignement à distance. «Le ministère de l'Éducation nous a demandé de relier des classes de formation professionnelle dans des régions éloignées, pour diminuer la pression sur les professeurs et montrer aux élèves qu'ils font partie d'un groupe. Parce que, bien souvent, dans ces régions, seulement cinq ou six élèves suivent la formation donnée par un seul professeur, alors c'est très difficile comme contexte. Toutefois, ils ne veulent pas cesser de donner la formation. Avec la téléprésence, les jeunes des régions arrivent à dédramatiser l'éloignement et peuvent partager leurs expériences avec d'autres classes, faire des activités ensemble», explique le directeur, Recherche et stratégie, à la SAT.
De plus, lors d'une conférence organisée par le Réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ), une classe d'un petit village en Gaspésie, Saint-Elzéar, a pu en apprendre beaucoup sur les manchots, en compagnie d'une biologiste du Biodôme de Montréal. Les élèves pouvaient voir la cinquantaine de manchots se promener autour de la spécialiste, qui se trouvait dans la partie Antarctique du Biodôme, et lui poser toutes les questions qui leur venaient en tête.
Encore beaucoup
de potentiel à développer
Si de telles expériences ont pu se réaliser, c'est qu'à l'heure actuelle une vingtaine de stations de téléprésence ont été déployées dans la province. «La SAT n'est pas une usine, mais un centre de recherche et de développement dans le domaine des nouveaux médias. Nous avons toutefois réussi à construire quelques stations à un prix relativement abordable, mais c'est certain que nous aimerions qu'une compagnie manufacture nos stations à grand volume pour les rendre encore plus abordables et qu'ainsi la population en général puisse en bénéficier, dans différents domaines», explique René Barsalo.
En attendant la bonne nouvelle, la SAT continue d'améliorer son dispositif. Les chercheurs travaillent actuellement à une version 3.0 de la station de téléprésence. «Nous voulons arriver à avoir une projection de l'image encore plus efficace et un dispositif plus mobile», ajoute-t-il.
La SAT travaille également sur un projet qui pousse le concept de la téléprésence un cran plus loin. «Avec [propulse]ART, nous voulons arriver à relier deux espaces de performance. Nous travaillons à développer un logiciel qui rendra l'espace cliquable, grâce à des capteurs de mouvement. Nous voulons que deux groupes d'artistes, dans des salles de spectacles différentes, puissent interagir avec l'espace, faire des spectacles en réseau», explique M. Barsalo.
Enfin, la SAT se lancera dans de grands projets de rénovation cet été. Cinq ateliers pour artistes en résidence seront construits et chacun sera doté d'une station de téléprésence.
***
Pour voir un petit vidéo sur la téléprésence: http://www.sat.qc.ca/capsules.php?id=32&lang=fr&capsule_id=58.
Collaboratrice du Devoir
«La téléprésence est en fait un dispositif de vidéoconférence enrichi. Grâce à une image de qualité de taille humaine et au fait qu'avec le système les deux interlocuteurs se regardent dans les yeux, la communication passe très bien. Après 15 secondes, on a l'impression qu'on est dans la même pièce», indique René Barsalo, directeur, Recherche et stratégie, à la SAT.
Le dispositif de vidéoconférence web est léger, mobile et simple à utiliser grâce aux réseaux IP et aux logiciels populaires comme Skype et IChat. «On peut aussi utiliser le logiciel de source libre développé par la SAT TéléCHACHA et bénéficier d'une qualité DV et d'un son stéréo», ajoute-t-il.
Pour les artistes
La station de téléprésence a été développée dans le cadre du programme de recherche de la SAT Territoires ouverts, qui a pour objectif de permettre aux artistes d'explorer la création en ligne dans les réseaux IP à large bande et de les doter d'applications adaptées aux domaines des nouveaux médias.
«Ce besoin nous avait été exprimé par les artistes. Ils souhaitaient étudier davantage les possibilités de la webdiffusion et de la projection immersive, à 360 degrés. La station de téléprésence a donc été créée dans un contexte de préproduction et de production artistique», explique M. Barsalo.
Le dispositif portatif permet ainsi la lecture de la gestuelle et de la communication non verbale. L'échange peut se faire entre plusieurs pôles (jusqu'à quatre), avec un ou plusieurs interlocuteurs à chaque endroit. Évidemment, si le dispositif a d'abord été créé pour les artistes, d'autres types d'utilisations sont possibles, et l'équipe de la SAT s'en est rendu compte rapidement.
Plusieurs applications possibles
L'été dernier, lorsque des inondations ont frappé le village de Rivière-au-Renard, en Gaspésie, les stations de téléprésence ont joué un rôle bien particulier. «Alors qu'on a appris que la majorité du village a été détruit, une opération de solidarité s'est organisée à Montréal. Comme on avait déjà fait la transmission du Festival en chansons de Petite-Vallée, ils nous ont demandé si on ne pouvait pas faire quelque chose pour cet événement de solidarité», indique M. Barsalo.
Finalement, grâce à la technologie développée par la SAT, les sinistrés de Rivière-au-Renard et les artistes installés à Montréal ont pu établir un véritable contact. «Les artistes ont pu mettre des visages sur les gens qu'ils soutenaient. On a vu l'émotion passer entre les deux groupes», se souvient-il.
La station de téléprésence est également très utile dans un contexte d'enseignement à distance. «Le ministère de l'Éducation nous a demandé de relier des classes de formation professionnelle dans des régions éloignées, pour diminuer la pression sur les professeurs et montrer aux élèves qu'ils font partie d'un groupe. Parce que, bien souvent, dans ces régions, seulement cinq ou six élèves suivent la formation donnée par un seul professeur, alors c'est très difficile comme contexte. Toutefois, ils ne veulent pas cesser de donner la formation. Avec la téléprésence, les jeunes des régions arrivent à dédramatiser l'éloignement et peuvent partager leurs expériences avec d'autres classes, faire des activités ensemble», explique le directeur, Recherche et stratégie, à la SAT.
De plus, lors d'une conférence organisée par le Réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ), une classe d'un petit village en Gaspésie, Saint-Elzéar, a pu en apprendre beaucoup sur les manchots, en compagnie d'une biologiste du Biodôme de Montréal. Les élèves pouvaient voir la cinquantaine de manchots se promener autour de la spécialiste, qui se trouvait dans la partie Antarctique du Biodôme, et lui poser toutes les questions qui leur venaient en tête.
Encore beaucoup
de potentiel à développer
Si de telles expériences ont pu se réaliser, c'est qu'à l'heure actuelle une vingtaine de stations de téléprésence ont été déployées dans la province. «La SAT n'est pas une usine, mais un centre de recherche et de développement dans le domaine des nouveaux médias. Nous avons toutefois réussi à construire quelques stations à un prix relativement abordable, mais c'est certain que nous aimerions qu'une compagnie manufacture nos stations à grand volume pour les rendre encore plus abordables et qu'ainsi la population en général puisse en bénéficier, dans différents domaines», explique René Barsalo.
En attendant la bonne nouvelle, la SAT continue d'améliorer son dispositif. Les chercheurs travaillent actuellement à une version 3.0 de la station de téléprésence. «Nous voulons arriver à avoir une projection de l'image encore plus efficace et un dispositif plus mobile», ajoute-t-il.
La SAT travaille également sur un projet qui pousse le concept de la téléprésence un cran plus loin. «Avec [propulse]ART, nous voulons arriver à relier deux espaces de performance. Nous travaillons à développer un logiciel qui rendra l'espace cliquable, grâce à des capteurs de mouvement. Nous voulons que deux groupes d'artistes, dans des salles de spectacles différentes, puissent interagir avec l'espace, faire des spectacles en réseau», explique M. Barsalo.
Enfin, la SAT se lancera dans de grands projets de rénovation cet été. Cinq ateliers pour artistes en résidence seront construits et chacun sera doté d'une station de téléprésence.
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Pour voir un petit vidéo sur la téléprésence: http://www.sat.qc.ca/capsules.php?id=32&lang=fr&capsule_id=58.
Collaboratrice du Devoir
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