Réussite commerciale - LMSOFT s'impose sur les marchés extérieurs
source FiQ
Luc Michaud, président de LMSOFT, et Christian Goulet, vice-président adjoint secteur public et responsable de la région de Québec chez Bell Canada
LMSOFT a conçu et réalisé WebCreator, un outil pour créer des sites Internet dans toutes les langues. La France et les Pays-Bas se sont entichés de ce produit informatique pendant que le Québec continue de le bouder. Histoire d'une réussite sur les marchés étrangers.
Président de LMSOFT, Luc Michaud se lance en affaires dès sa sortie de l'université. Il fonde son entreprise tout de suite après avoir obtenu sa maîtrise en économétrie à l'Université de Montréal; il avait alors 21 ans. Il raconte: «Cette science-là ne se fait pas avec des calculettes et nécessite l'utilisation d'ordinateurs munis à l'époque de cartes perforées et de control data. J'ai donc commencé à me servir de ces outils avant même l'invention du PC.»
Au moment où le micro-ordinateur fait son apparition, il emprunte cette voie. «Ça m'intéressait beaucoup de faire travailler ces petites machines-là pour faire mes calculs, même si elles devaient opérer toute la nuit; il en coûtait tout de même moins cher d'obtenir des résultats de cette façon que sur un monstre pour lequel on devait débourser mille dollars pour une heure de calcul.»
Il se penche d'abord sur le développement de programmes pour en faciliter l'utilisation, et cela, à des fins personnelles, comme c'était monnaie courante dans ce temps: «J'ai d'abord réalisé un produit de cartographie qui, par la suite, a été remarqué par le ministère de l'Éducation du Québec, qui, pendant quelques années, m'a versé des subventions pour adapter sa production aux besoins de l'enseignement.» Il emprunte rapidement un autre parcours: «À un moment donné, à cause du fait que j'ai suivi ma formation au collège Stanislas de Montréal, parce que je me rendais compte, à titre d'économiste, que le marché québécois était trop petit pour survivre, et aussi parce que je préférais de plus en plus développer des logiciels plutôt que de me livrer à des études économiques auxquelles personne ne s'attardait, j'ai fondé l'entreprise comme telle en 1984.»
En 1988, il installe sa filière française et l'entreprise prend définitivement ce nom de LMSOFT. Notre homme ne manque ni d'imagination ni d'originalité, tout spécialiste des chiffres qu'il soit, comme le montre la signification de cet acronyme: «Ça veut dire "Logiciels magnifiques pour société aux ordinateurs fortement tarabiscotés". C'est une pure coïncidence si on y retrouve mes initiales suivies du préfixe anglophone "Soft", fait-il savoir, pince-sans-rire, en mentionnant au passage qu'il est bon de faire preuve d'imagination et d'obstination dans cette industrie.
L'accueil étranger
LMSOFT obtient ses premiers succès dans le milieu scolaire, du côté de l'Hexagone: «Mes produits ont remporté de nombreuses distinctions et ont été reconnus d'intérêt pédagogique par le ministère français de l'Éducation nationale. Pendant que je vendais peu au Québec et pratiquement pas dans le réseau scolaire québécois, mes ventes augmentaient de façon importante dans ce pays.»
La situation perdure: «Je suis encore relativement peu connu ici et le produit de notre société "Creator" est numéro un des ventes en France depuis cinq ans, et nous sommes également numéro un aux Pays-Bas pour la vente de logiciels servant à bâtir des sites Internet.» Il explique le désintéressement du Québec par deux raisons: la première appartient au caractère linguistique des populations en cause et à la forte présence du marché américain au Québec, qui crée une concurrence très vive et difficile à affronter. La deuxième relève d'un travers culturel: «Je crois sincèrement que mon logiciel est l'un des meilleurs au monde, mais, quand je dis cela au Québec, c'est toujours mal reçu. Les gens se disent: "Pour qui il se prend ce type-là"? Une telle prise de position ne concorde pas avec l'opinion assez triste que les Québécois ont d'eux-mêmes.»
De la turbulence vers les hauteurs...
Le logiciel porte aujourd'hui le nom de WebCreator Pro4, mais il en est en fait à sa 11e version. Son existence a été ponctuée de hauts et de bas, mais il a traversé les épreuves sans que le fort ne soit jamais abandonné. Luc Michaud résume la situation: «On a été capables de redémarrer l'entreprise à deux, à la suite de sévères difficultés. À partir d'un produit appelé Presentor, mon chef programmeur et moi avons extrait de ce dernier une version dédiée seulement à Internet et aux sites web et on l'a baptisée WebPresentor.»
Cette application portera par la suite le nom de Webcreator; sous cette appellation, elle connaîtra un grand succès en France en enregistrant au départ des ventes de mille exemplaires par mois. La firme Mindscape se charge maintenant de sa distribution: «Ces gens nous ont versé une belle grosse avance pour qu'on leur sorte la version 2 du logiciel et c'est ce que nous avons fait. Ils ont mis celle-ci en marché et les ventes ont redémarré de façon encore plus forte qu'auparavant.» La version 4 aujourd'hui disponible connaît à peu près le même engouement aux Pays-Bas: «On vend même un peu plus par habitant dans ce pays qu'en France.»
LMSOFT vise d'autres marchés, comme le rapporte son président: «On vient de rajouter dans notre site Internet, la semaine dernière, le produit dans sa version en deux autres langues, soit l'espagnol et l'allemand.» Il dégage un autre des avantages linguistiques du logiciel: «La version 4 du produit permet en outre de réaliser des sites Internet dans toutes les langues du monde, peu importe que la version dont vous disposez soit en anglais, en français, en espagnol ou en allemand. Il s'agit là d'un gros avantage par rapport aux produits américains.»
Luc Michaud est fier des succès obtenus: «L'an dernier, on a passé le cap des 150 000 exemplaires vendus de WebCreator depuis le début. On a battu tous nos records durant cette année-là. À peu de choses près, nous sommes la société québécoise qui aura vendu, de tous les temps, le plus de logiciels en Europe. On est sûrement dans les trois premiers, on est encore là et on est toujours en croissance.»
Collaborateur du Devoir
Président de LMSOFT, Luc Michaud se lance en affaires dès sa sortie de l'université. Il fonde son entreprise tout de suite après avoir obtenu sa maîtrise en économétrie à l'Université de Montréal; il avait alors 21 ans. Il raconte: «Cette science-là ne se fait pas avec des calculettes et nécessite l'utilisation d'ordinateurs munis à l'époque de cartes perforées et de control data. J'ai donc commencé à me servir de ces outils avant même l'invention du PC.»
Au moment où le micro-ordinateur fait son apparition, il emprunte cette voie. «Ça m'intéressait beaucoup de faire travailler ces petites machines-là pour faire mes calculs, même si elles devaient opérer toute la nuit; il en coûtait tout de même moins cher d'obtenir des résultats de cette façon que sur un monstre pour lequel on devait débourser mille dollars pour une heure de calcul.»
Il se penche d'abord sur le développement de programmes pour en faciliter l'utilisation, et cela, à des fins personnelles, comme c'était monnaie courante dans ce temps: «J'ai d'abord réalisé un produit de cartographie qui, par la suite, a été remarqué par le ministère de l'Éducation du Québec, qui, pendant quelques années, m'a versé des subventions pour adapter sa production aux besoins de l'enseignement.» Il emprunte rapidement un autre parcours: «À un moment donné, à cause du fait que j'ai suivi ma formation au collège Stanislas de Montréal, parce que je me rendais compte, à titre d'économiste, que le marché québécois était trop petit pour survivre, et aussi parce que je préférais de plus en plus développer des logiciels plutôt que de me livrer à des études économiques auxquelles personne ne s'attardait, j'ai fondé l'entreprise comme telle en 1984.»
En 1988, il installe sa filière française et l'entreprise prend définitivement ce nom de LMSOFT. Notre homme ne manque ni d'imagination ni d'originalité, tout spécialiste des chiffres qu'il soit, comme le montre la signification de cet acronyme: «Ça veut dire "Logiciels magnifiques pour société aux ordinateurs fortement tarabiscotés". C'est une pure coïncidence si on y retrouve mes initiales suivies du préfixe anglophone "Soft", fait-il savoir, pince-sans-rire, en mentionnant au passage qu'il est bon de faire preuve d'imagination et d'obstination dans cette industrie.
L'accueil étranger
LMSOFT obtient ses premiers succès dans le milieu scolaire, du côté de l'Hexagone: «Mes produits ont remporté de nombreuses distinctions et ont été reconnus d'intérêt pédagogique par le ministère français de l'Éducation nationale. Pendant que je vendais peu au Québec et pratiquement pas dans le réseau scolaire québécois, mes ventes augmentaient de façon importante dans ce pays.»
La situation perdure: «Je suis encore relativement peu connu ici et le produit de notre société "Creator" est numéro un des ventes en France depuis cinq ans, et nous sommes également numéro un aux Pays-Bas pour la vente de logiciels servant à bâtir des sites Internet.» Il explique le désintéressement du Québec par deux raisons: la première appartient au caractère linguistique des populations en cause et à la forte présence du marché américain au Québec, qui crée une concurrence très vive et difficile à affronter. La deuxième relève d'un travers culturel: «Je crois sincèrement que mon logiciel est l'un des meilleurs au monde, mais, quand je dis cela au Québec, c'est toujours mal reçu. Les gens se disent: "Pour qui il se prend ce type-là"? Une telle prise de position ne concorde pas avec l'opinion assez triste que les Québécois ont d'eux-mêmes.»
De la turbulence vers les hauteurs...
Le logiciel porte aujourd'hui le nom de WebCreator Pro4, mais il en est en fait à sa 11e version. Son existence a été ponctuée de hauts et de bas, mais il a traversé les épreuves sans que le fort ne soit jamais abandonné. Luc Michaud résume la situation: «On a été capables de redémarrer l'entreprise à deux, à la suite de sévères difficultés. À partir d'un produit appelé Presentor, mon chef programmeur et moi avons extrait de ce dernier une version dédiée seulement à Internet et aux sites web et on l'a baptisée WebPresentor.»
Cette application portera par la suite le nom de Webcreator; sous cette appellation, elle connaîtra un grand succès en France en enregistrant au départ des ventes de mille exemplaires par mois. La firme Mindscape se charge maintenant de sa distribution: «Ces gens nous ont versé une belle grosse avance pour qu'on leur sorte la version 2 du logiciel et c'est ce que nous avons fait. Ils ont mis celle-ci en marché et les ventes ont redémarré de façon encore plus forte qu'auparavant.» La version 4 aujourd'hui disponible connaît à peu près le même engouement aux Pays-Bas: «On vend même un peu plus par habitant dans ce pays qu'en France.»
LMSOFT vise d'autres marchés, comme le rapporte son président: «On vient de rajouter dans notre site Internet, la semaine dernière, le produit dans sa version en deux autres langues, soit l'espagnol et l'allemand.» Il dégage un autre des avantages linguistiques du logiciel: «La version 4 du produit permet en outre de réaliser des sites Internet dans toutes les langues du monde, peu importe que la version dont vous disposez soit en anglais, en français, en espagnol ou en allemand. Il s'agit là d'un gros avantage par rapport aux produits américains.»
Luc Michaud est fier des succès obtenus: «L'an dernier, on a passé le cap des 150 000 exemplaires vendus de WebCreator depuis le début. On a battu tous nos records durant cette année-là. À peu de choses près, nous sommes la société québécoise qui aura vendu, de tous les temps, le plus de logiciels en Europe. On est sûrement dans les trois premiers, on est encore là et on est toujours en croissance.»
Collaborateur du Devoir
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