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Le profil de l'excellence littéraire au CALQ - Qu'est-ce qu'un bon dossier de candidature?

Plus de 50 % des candidats ont une formation universitaire en littérature

La majorité des candidats au CALQ est très scolarisée, particulièrement dans le domaine de la littérature.
Photo : Jacques Grenier
La majorité des candidats au CALQ est très scolarisée, particulièrement dans le domaine de la littérature.
Pas facile de gagner sa vie en écrivant des romans au Québec. Or, les conseils des arts, au Québec et au Canada, offrent des bourses pour permettre aux auteurs de réaliser un projet de création, mais il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Marian Misdrahi-Flores, étudiante au doctorat en sociologie à l'Université de Montréal, a observé le processus d'évaluation des candidats au CALQ dans le domaine de la littérature pour déterminer ce qu'est un bon dossier. Elle présentera les résultats préliminaires de sa recherche cette semaine lors du congrès de l'Acfas. En voici un aperçu.

«Je suis toujours étonnée, émerveillée par la capacité de création des artistes. C'est de cette admiration que m'est venu l'intérêt pour leurs conditions de création, pour les appuis qu'ils peuvent aller chercher et pour les critères de sélection», explique Mme Misdrahi-Flores.

Il semble que le Conseil des arts et lettres du Québec (CALQ) ait très bien collaboré à l'étude. «Ils m'ont ouvert leurs portes et j'ai pu me fondre dans l'équipe responsable de l'évaluation des candidats. J'ai pu regarder les dossiers, assister aux négociations, à la prise de décisions et poser des questions aux membres du jury. Toutefois, j'ai dû promettre de faire en sorte qu'aucun élément que je révélerai dans mes rapports de recherche ne permette d'identifier les candidats», précise Mme Misdrahi-Flores.

Des candidats reconnus et formés

L'étudiante au doctorat est donc maintenant en mesure de révéler quelques résultats préliminaires évocateurs. D'abord, est-ce qu'il faut être un écrivain bien établi pour recevoir l'appui du CALQ?

«En fait, un peu plus de 70 % des candidats avaient déjà reçu au moins une bourse du CALQ ou du Conseil des Arts du Canada. Ainsi, on peut déduire que plusieurs avaient déjà une certaine reconnaissance dans leur milieu», indique Marian Misdrahi-Flores.

La chercheuse s'est aussi intéressée à la formation des candidats. Rapidement, on se rend compte que la majorité est très scolarisée, particulièrement dans le domaine de la littérature.

«Ce sont 23 % des candidats qui ont complété un baccalauréat en littérature, alors que 33,5 % ont une maîtrise ou un doctorat dans le domaine. C'est donc plus de 50 % des candidats qui ont une formation universitaire en littérature», remarque Mme Misdrahi-Flores.

Parmi les autres candidats, la grande majorité a tout de même une formation universitaire dans des domaines connexes ou non. «Près de 22 % ont terminé des études universitaires de premier ou de deuxième cycle en journalisme, communication ou sciences sociales. De plus, 8 % ont une formation universitaire dans un autre domaine», ajoute l'étudiante au doctorat.

D'après la recherche réalisée, un peu moins de 10 % des candidats ont complété des études secondaires ou collégiales. «Et parmi ces 10 %, seulement 12,5 % ont finalement eu une bourse, alors que 18,5 % des gens qui ont une maîtrise ou un doctorat en littérature en ont bénéficié. Évidemment, lorsque les membres du jury prennent leurs décisions, ils ne regardent pas ces critères. Ils aiment ou ils n'aiment pas une oeuvre! Mais on peut quand même en déduire que la création n'est pas seulement une question d'inspiration, mais qu'il y a aussi souvent derrière une formation universitaire qui apporte quelque chose à l'auteur», croit Mme Misdrahi-Flores.

Les avantages de Montréal

Et maintenant, regardons le lieu de résidence des candidats. La concentration d'artistes dans la région métropolitaine semble très importante, d'après les chiffres de la chercheuse: près de 74 % des candidats habitent à Montréal, contre à peine plus de 26 % pour le reste du Québec. «Et parmi les candidats qui habitent à Montréal, plus de 22 % ont réussi à obtenir une bourse, contre à peine plus de 13 % des auteurs en région», indique Mme Misdrahi-Flores.

Évidemment, il reste encore beaucoup de travail à faire pour donner en détail les raisons qui expliquent ces résultats, mais, déjà, la chercheuse peut tracer quelques grandes lignes.

«À Montréal, c'est plus facile d'avoir de la diffusion et cela joue en faveur des candidats. De plus, comme il y a une concentration d'artistes, les possibilités de se créer un réseau sont meilleures et ces contacts semblent enrichir le créateur et améliorer sa visibilité, alors qu'en région l'écrivain est plus isolé. Enfin, il semble que les candidats montréalais soient plus exposés aux nouveautés littéraires par la grande présence de librairies, de bibliothèques et de médias, ce qui favorise également le candidat», explique-t-elle.

Comme les membres du jury sont eux-mêmes des écrivains, le danger de tomber dans le favoritisme est toutefois bien réel. «C'est certain qu'aucun système n'est parfait. Le CALQ n'est pas aux prises avec des problèmes d'ingérence politique, mais il est évident que la littérature québécoise est un petit milieu, alors tout le monde se connaît. Chaque membre du jury doit donc faire un grand effort d'objectivité», ajoute-t-elle.

Encore beaucoup de variables à déterminer

Marian Misdrahi-Flores doit encore travailler ses données récoltées pour en faire sortir d'autres tendances marquées. «Je dois analyser les résultats de mes entrevues avec les membres du jury et les notes que j'ai prises pendant le processus de sélection à propos des arguments donnés et des critiques soulevées pour chacun des candidats. J'espère finalement arriver à comprendre dans l'ensemble quels sont les critères qui font une bonne candidature et quels sont les traits et caractéristiques communs à tous les bons candidats.»

Toutefois, la chercheuse désire mettre un bémol lorsqu'il est question de bonnes candidatures. «Un très bon dossier de candidature ne signifie toutefois pas nécessairement que l'écrivain a reçu une bourse. D'ailleurs, le manque de fonds était un objet de frustration pour plusieurs membres du jury. Parce que, au CALQ, toutes les candidatures ne méritent pas une bourse, mais toutes celles qui en mériteraient n'y ont pas toujours droit, faute de fonds.»

L'an dernier, Mme Misdrahi-Flores avait présenté au congrès de l'Acfas les résultats d'une recherche du même genre qu'elle avait réalisée au CALQ, mais dans le monde des arts visuels.

- Marian Misdrahi-Flores présentera Le profil de l'excellence en lettres contemporaines: l'évaluation de la qualité littéraire au Conseil des arts et lettres du Québec (CALQ) le lundi 5 mai, en ouverture de «Littérature et institution» dans le cadre du colloque «Arts, littérature et société».

***

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  • Gervais Pomerleau
    Inscrit
    samedi 3 mai 2008 18h23
    De la bouillie pour les chats!
    «Qu'est-ce qu'un bon dossier de candidature?» La réponse est simple: celui d'un candidat copain avec la clique qui se penche sur le dossier. On fait beaucoup état, par les temps qui courent, des différends qui existent entre auteurs et éditeurs, mais on pourrait tout autant en faire face aux différents paliers de gouvernements. Que ce soit Québec ou Ottawa, la donne ne change que peu ou prou.

    «Si t'es pas mon copain / ma copine, tu peux bien crever la gueule ouverte, je m'en fous comme de ma première couche», doit-on comprendre des principes qui régissent le CALQ et le Conseil des Arts du Canada.

    Oh le vilain garnement qui crache dans la soupe, me direz-vous. Mais, vous répondrai-je, puisque je ne crache que dans la soupe des autres, c'est à mon tour de me foutre du goût qu'elle peut bien avoir.

    De tout ce que madame Letarte arbore dans son document, je fais partie. Ah oui, c'est vrai: je suis écrivain. J'ai fait des études universitaires en littérature. J'ai aussi publié quelques volumes chez des éditeurs agréés. Pas beaucoup, je n'en ai que vingt-quatre à mon actif, le vingt-cinquième devant paraître d'ici un mois. Pas mal pour quelqu'un dont le travail n'intéresse pas le CALQ, qui ne l'intéresse pas assez pour avoir droit à des subventions, non?

    J'ai aussi eu droit à quelques prix littéraires, dont un pour un ouvrage que le CALQ a refusé de subventionner pendant les vingt-cinq ans qu'ont duré les recherches parce que «ça ne peut intéresser personne», me disait-on alors. Assez curieusement, cet ouvrage qui ne peut intéresser personne s'est mérité le Prix ...du Public. Oups! Eh oui, en matière de jugement de la part des bonzes du CALQ, on repassera.

    Malheureusement pour moi, je ne fais pas partie des chapelles du pouvoir ni de la clique qui passe le plateau de bonbons, alors je reste sur l'accotement, à crever de faim. Bien sûr je ne m'attends pas à ce qu'avec cette dénonciation, je fasse bientôt partie de la distribution. Mais voyez-vous, après vingt-cinq titre à mon actif, comme je n'ai jamais reçu un sou noir ni du CALQ ni du Conseil des Arts, je ne m'attends pas à ce que les choses changent. Je n'ai, finalement, rien à gagner, mais n'ai rien à perdre non plus.

    Les auteurs de Montréal sont la majorité, affirme madame Letarte. En fait ils ne sont pas la majorité; tout au plus ce sont les seuls auxquels le CALQ s'intéresse, ou peu s'en faut. A quoi sert donc de continuer à investir dans une demande de subvention, passer une semaine à remplir des formulaires et fournir des livres qui serviront à engraisser la bibliothèque d'une bande de d'ignares égocentriques qui ne songent qu'à leurs petits copains? Dans ces conditions, les auteurs en région démissionnent, précisément parce qu'ils savent que les dés sont pipés dès le départ. Les chiffres fournis par le CALQ sont donc malhonnêtes, tendancieux et n'ont aucun lien avec la réalité. Oui je sais, puisqu'on a affaire à des écrivains, on se croit autorisés à fabuler.

    Vous faites de la littérature et vous entendez être subventionné(e)? Vous avez deux pré requis incontournables: déménagez à Montréal et soyez prêts à faire quelques pipes au passage. Autrement, vous continuerez à rêver en couleurs et crèverez la gueule ouverte!


    Gervais Pomerleau
    Roxton Falls (Qc)

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