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L'AUF à Québec - Vers une francophonie entrepreneuriale

Thierry Haroun   23 février 2008  Science et technologie
Les 3 et 4 mars prochains, l'université Laval sera l'hôte d'une conférence intitulée «Vers une francophonie entrepreneuriale». Qu'en est-il au juste? Réponses en compagnie du président du comité scientifique de cette rencontre unique, Yvon Gasse.

Une conférence, organisée en partenariat avec l'Agence universitaire de la francophonie, aura pour principal objectif de réfléchir aux différents enjeux liés à l'entrepreneuriat sous toutes ses coutures à l'échelle francophone.

Les organisateurs de «Vers une francophonie entrepreneuriale» ont ciblé trois grandes lignes de force, soit le développement de la culture entrepreneuriale, le rôle des institutions et des intervenants dans la promotion de l'entrepreneuriat ainsi que les ressources et les moyens qui viennent en appui à l'entrepreneuriat.

De manière concrète, ces thèmes seront abordés au cours d'une douzaine d'ateliers qui traiteront notamment du crédit communautaire, du financement, de la formation, de l'accompagnement, de la jeunesse, du développement durable et du commerce équitable ainsi que de l'entrepreneuriat au féminin. Ainsi, une soixantaine d'universitaires, d'entrepreneurs et autres observateurs en provenance d'une vingtaine de pays francophones sont invités à partager leurs savoirs.

À partager leurs connaissances certes, mais comment définit-on, dans un premier temps, la culture dite «entrepreneuriale»? «En fait, c'est une affaire collective, observe Yvon Gasse. À partir du moment où, en tant que société, nous commençons à appuyer des gens qui prennent des initiatives menant à la création d'entreprises qui innovent, nous allons donc au-delà de la seule notion d'entrepreneuriat.

En clair, il s'agit d'envisager l'entrepreneuriat comme une façon de vivre, de faire. En fait, c'est une sorte de disposition mentale conviant les gens à être dynamiques dans leur milieu, que ce soit dans celui de l'éducation, de la culture, dans le secteur académique ou coopératif. Prenons par exemple le cas des artistes. Eh bien, ce sont en quelque sorte des entrepreneurs du fait qu'ils abordent et créent de nouvelles façons de faire, de nouvelles approches qui comblent des besoins de la société.»

Le modèle québécois

Donc, l'émergence d'une culture entrepreneuriale forte peut moduler le modus operandi d'une société? «Oui, jusqu'à un certain point, affirme M. Gasse. C'est d'ailleurs ce qu'on a constaté au Québec depuis les années 60, soit depuis la Révolution tranquille. Nous étions au départ de petits artisans, de petits agriculteurs, des ouvriers. On a fait beaucoup de chemin depuis grâce à l'interventionnisme d'État qui favorisait justement l'émergence d'entreprises en mettant sur pied des outils, des infrastructures et des organismes tels que la Société générale de financement, Investissement Québec et la Caisse de dépôts et placement du Québec.»

Ce modèle québécois, rappelle Yvon Gasse, également professeur et titulaire de la chaire de recherche en entrepreneuriat et innovation de l'université Laval, a reçu un appui considérable des centrales syndicales par l'entremise du Fonds de solidarité de la FTQ et du Fondaction de la CSN. «D'autant que ce modèle québécois se distingue nettement à l'échelle de la francophonie. Évidemment, ce modèle ne peut pas s'appliquer partout. Reste que ce fameux modèle, qui par le passé a donné des résultats probants, est remis en question parce qu'il ne semble plus approprié aujourd'hui», fait remarquer le professeur.

Le suivi des recommandations

Ce qui nous ramène sur le terrain du colloque, là où, justement, il sera question, dit-il, de faire le point sur la situation à l'échelle de la francophonie. «Nous allons partager nos expériences respectives. Ce qu'il sera d'ailleurs intéressant de savoir, c'est comment la filière de l'entrepreneuriat a évolué en France, où l'on a beaucoup misé sur des mesures venant en appui aux entreprises.»

Il faut également savoir que ce colloque a pour mission d'émettre des recommandations et des suggestions en vue de la Rencontre internationale de la francophonie économique, qui se tiendra à Québec en mai prochain. Cette rencontre a pour objectif d'acheminer ses propres recommandations aux chefs d'État qui se réuniront lors du Sommet de la Francophonie, qui se tiendra aussi dans la Vieille Capitale au mois d'octobre. «Je vous dirais que notre colloque se situe en amont de ces deux événements. Nous souhaitons d'ailleurs que nos réflexions et recommandations débouchent sur des actions concrètes et sur d'autres rencontres de ce type», ajoute M. Gasse.

Collaborateur du Devoir






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