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Quand les jours raccourcissent

Pauline Gravel   3 novembre 2007  Science et technologie
L'automne et le début de l'hiver sont souvent ternis par de désagréables troubles du sommeil chez de nombreux Québécois. En nos latitudes nordiques, la durée de la période d'ensoleillement raccourcissant rapidement jusqu'au 21 décembre, les personnes particulièrement sensibles à la lumière en sont les principales victimes.

Deux types de synchroniseurs guident nos habitudes de sommeil, souligne Roger Godbout, du Laboratoire de recherche sur le sommeil au Centre de recherche Fernand-Seguin. Nous disposons d'abord d'une horloge interne située dans les profondeurs du cerveau «qui possède son propre rythme endogène», lequel est indépendant de celui des synchroniseurs externes que sont notamment la lumière, les bruits ambiants (l'alarme du réveille-matin, le départ d'un voisin, par exemple) et les repas. La moyenne des tic-tac de chacune des cellules qui composent cette structure — dénommée noyau suprachiasmatique — donne la cadence à laquelle fonctionne l'horloge. Chez l'humain, un tour de cette horloge interne s'effectue en 24,1 heures, et «c'est la raison pour laquelle il nous est plus facile de prolonger notre journée, soit de nous coucher plus tard que plus tôt». «Chaque matin, les synchroniseurs externes remettent notre horloge interne à l'heure solaire, ils la recalent sur le cycle circadien de 24 heures», précise le chercheur.

À l'automne et au printemps, les gens se plaignent davantage de moins bien dormir parce que, à ces époques de l'année, les changements de la photopériode, soit la durée de la phase diurne de la journée, font que le synchroniseur externe qu'est la lumière n'est plus en phase avec notre horloge interne. «Nous faisons alors face à un désalignement entre l'horloge interne, qui est très résistante aux changements, et les synchroniseurs externes, en l'occurrence la lumière, qui est présente de moins en moins longtemps chaque jour, et de surcroît ce week-end, un retour à l'heure normale», précise le spécialiste du sommeil.

L'horloge interne envoie des signaux à plusieurs centres exécutifs. Notamment à la glande pinéale, qui, lorsque disparaît la lumière dans l'environnement, sécrète la mélatonine — l'hormone de la noirceur — qui ira activer les récepteurs du système d'induction du sommeil. Au centre du contrôle de la température corporelle aussi, qui se met en mode d'économie durant le sommeil. Également aux noyaux du thalamus, qui normalement servent de relais dans le processus de perception des sensations (tactiles, visuelles, etc.) et qui reçoivent alors de l'horloge interne l'ordre d'interrompre la transmission des informations vers les aires corticales où s'effectue la perception. Ce barrage au niveau du thalamus permet ainsi au cerveau de se couper du monde extérieur et de ne plus être dérangé par les diverses stimulations qui en émanent, une condition nécessaire pour permettre l'endormissement, explique M. Godbout.

«Tous ces signaux sont habituellement libérés au moment où nous atteignons le seuil — différent d'une personne à l'autre — au-delà duquel nous avons du mal à demeurer éveillés parce que nous avons accumulé beaucoup d'heures d'éveil, poursuit le scientifique. Le cerveau fait finalement la somme de toutes ces informations — il fait noir, je suis réveillé depuis 15 heures, ma température corporelle commence à baisser, etc. — qui déclenchera notre plongée dans les bras de Morphée.

Pour surmonter les difficultés du sommeil engendrées par ces périodes de transition, Roger Godbout recommande d'adopter les habitudes de sommeil prescrites aux personnes souffrant d'insomnies récurrentes: horaire régulier, abolition des siestes, repas plus léger le soir, notamment (voir le texte en une).






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