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    Le Devoir dans Second Life - Nouveau campus de l'Université Laval...dans un monde virtuel

    L'un part, l'autre arrive. Alors qu'American Apparel, célèbre fabricant de vêtements, vient de fermer définitivement sa boutique virtuelle dans Second Life, le département d'information et de communication de l'Université Laval a décidé, lui, de sauter à pieds joints dans ce monde parallèle en réseau et en trois dimensions en y installant... son premier campus virtuel. Avec un objectif clair: explorer ce nouveau mode de communication et, surtout, mieux cerner le potentiel commercial et publicitaire de cet endroit où plusieurs compagnies semblent se perdre... pour le moment.

    «On constate que malgré des investissements substantiels, un grand nombre de compagnies ne suscitent pas d'intérêt valable dans Second Life avec leurs comptoirs de service ou de vente», indique Claude Cossette, professeur de publicité sociale à l'Université Laval et responsable de ce projet de campus virtuel. «C'est la preuve qu'il faut désormais imaginer d'autres scénarios pour joindre les gens dans cet univers, et ce, en articulant une véritable pensée en trois dimensions.»

    American Apparel a de toute évidence échoué dans cette démarche. Cet été, la multinationale du vêtement dit équitable a en effet fermé les portes de sa boutique virtuelle qu'elle avait ouvert en 2006 sur l'île Lerappa de Second Life, un univers dont la géographie se résume à des chapelets d'archipels.

    Depuis quelques semaines, les visiteurs butent en effet sur un bâtiment désaffecté et cadenassé sur lequel on peut lire une note indiquant que l'entreprise «a fait son temps» dans ce monde en réseau dont la caractéristique est d'être imaginé et construit en temps réel par les gens qui l'habitent. «Cela ne veut pas dire que nous en avons fini avec les mondes virtuels, poursuit le fabricant. Restez à l'affût pour voir ce que nous allons faire à l'avenir.»

    Au cours des derniers mois, le commerce en trois dimensions d'American Apparel ne déchaînait plus vraiment les passions des 9,3 millions de citoyens de ce monde, comme l'a constaté Le Devoir lors de plusieurs visites effectuées depuis avril dernier dans ce bâtiment aux lignes épurées. Les établissements du même genre créés par Reebok, IBM et même Telus et Reuters exposent également le même vide, ce qui mène plusieurs observateurs de la scène technologique à douter de l'efficacité du modèle commercial exploité dans Second Life en ce moment.

    Apprivoiser l'inconnu

    «C'est un monde nouveau qu'il faut apprendre à apprivoiser», résume Boris Ung, étudiant à l'Université Laval et créateur du campus de l'Université Laval installé près d'un phare, au bord d'une mer composée de codes binaires. Le Devoir l'a rencontré par avatar interposé — ces représentations numériques en 3D des internautes — hier matin dans cet espace numérique. «Inévitablement, nous avançons vers un Web en trois dimensions où la navigation va se faire de manière intuitive. Donc, autant chercher à comprendre ces univers pour en tirer profit.»

    Depuis juillet, M. Ung est d'ailleurs passé de la théorie à la pratique en investissant 225 $US dans l'achat d'un terrain dans Second Life afin de bâtir ce campus. L'endroit expose pour le moment les travaux de création publicitaire d'étudiants en communication et propose des liens pour des cours en ligne offerts par l'institution scolaire ainsi que pour quelques publications qui ont pignon sur rue à l'Université Laval. Les associations étudiantes ont également été mises en vitrine dans ce campus, voisin d'un commerce qui vend du «mobilier et des antiquités de la marine, du XVIIe siècle à nos jours», précise la pancarte.

    «Nous explorons, dit M. Ung, et, en même temps, nous espérons stimuler le discours autour de la technologie et de la communication.» À cette fin, la branche virtuelle du département d'information et de communication compte organiser au cours des prochains mois des conférences numériques sur ce sujet, et ce, pour garder captifs les quelques 50 visiteurs qui se présentent parfois en une seule journée sur ce campus. Un exploit dans ce monde où les avatars en balade se sentent la plupart du temps très seuls.












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