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La NASA prolonge la mission d'Endeavour de trois jours

13 août 2007  Science et technologie
Les astronautes d’Endeavour Barbara Morgan et Tracy Caldwell regardent le commandant de la mission Scott Kelly manipuler le bras robotisé afin de procéder à l’inspection visuelle de tuiles du bouclier thermique endommagées par l’impact d’un m
Photo : Agence Reuters
Les astronautes d’Endeavour Barbara Morgan et Tracy Caldwell regardent le commandant de la mission Scott Kelly manipuler le bras robotisé afin de procéder à l’inspection visuelle de tuiles du bouclier thermique endommagées par l’impact d’un m
Washington — La NASA a décidé de prolonger la mission d'Endeavour en orbite de trois jours, a indiqué hier un porte-parole tandis que l'agence spatiale a commencé à analyser les résultats de l'inspection au laser d'une tuile thermique endommagée de la navette faite le même jour.

Cette décision qui était attendue va allonger l'amarrage de l'orbiteur à la Station spatiale internationale (ISS) de sept à dix jours et permettra à deux astronautes de faire une quatrième sortie dans l'espace pour poursuivre la construction de l'avant-poste orbital.

Avant de décider de ce prolongement de la mission, la NASA avait testé un nouveau système de transfert de l'électricité de l'ISS à l'orbiteur qui permet d'économiser les batteries à hydrogène de la navette.

Le retour d'Endeavour sur la Terre est désormais prévu le 22 août au lieu du 19 août ce qui fera au total une mission de 15 jours.

Inspection visuelle

Par ailleurs l'équipage d'Endeavour a procédé comme prévu à une inspection visuelle de tuiles endommagées du bouclier thermique par l'impact d'un morceau de mousse isolante détaché du réservoir extérieur peu après le lancement mercredi de Floride.

À l'aide d'un bras robotisé à laser, les astronautes d'Endeavour ont réalisé hier des images de précision de la brèche repérée dans le bouclier thermique de leur navette, à partir desquelles les ingénieurs de la NASA au sol détermineront l'étendue des dégâts et décideront aujourd'hui de la nécessité ou non d'effectuer des réparations dans l'espace, une issue jugée peu probable.

L'institutrice Barbara Morgan, qui fait partie de l'expédition après avoir été la doublure de Christa McAuliffe, décédée lors de la tragique mission de Challenger en 1986, était aux manettes avec sa collègue Tracy Caldwell.

Utilisant le bras robotisé de 30 m de la navette, muni d'un laser, elles ont réalisé le minutieux relevé de données qui permettront aux ingénieurs de disposer d'images en trois dimensions. Ils pourront alors déterminer la profondeur de la brèche.

L'inspection de la déchirure de 9 cm sur 5 cm a duré plusieurs heures. L'accroc aurait été causé non par un morceau de glace comme l'agence spatiale américaine le pensait initialement, mais par un morceau du revêtement de mousse du réservoir extérieur de la navette, moins dangereux, selon la NASA. Il s'est détaché au décollage de Cap Canaveral en Floride mercredi et a heurté les tuiles isolantes qui protègent le vaisseau de la chaleur intense provoquée par la rentrée dans l'atmosphère au retour. Quatre autres secteurs ont également été examinés dimanche, les ingénieurs craignant que le morceau détaché ait touché le dessous de la navette.

La NASA ne pouvait pas connaître la réelle étendue des dégâts avant d'avoir analysé les données. Il semblait cependant peu probable que les astronautes doivent sortir dans l'espace pour colmater la brèche.

Kit de réparation

En fait, presque toutes les missions aller-retour de navettes spatiales vers l'ISS ces 26 dernières années se sont soldées par une brèche d'au moins 2,5 cm de long sur les tuiles thermiques qui recouvrent le ventre de la navette, qui peut être exposé à une température allant jusqu'à 1260 degrés Celsius lors du retour de l'appareil dans l'atmosphère terrestre.

La chaleur subie par les ailes est encore plus importante, ce qui explique l'accident fatal de la navette américaine Columbia le 1er février 2003. En effet, un morceau d'isolant du réservoir externe s'était détaché au lancement et avait percuté l'aile, et les dégâts n'avaient pas été réparés avant le retour de l'appareil dans l'atmosphère, causant son explosion

et la mort des sept membres de l'équipage.

Depuis cet accident, la NASA équipe toutes les navettes d'un kit de réparation pour les tuiles thermiques. Les astronautes ont la possibilité de recouvrir la partie endommagée par une couche de peinture protectrice ou un panneau, ou encore de remplir la brèche d'une substance isolante.

Les astronautes ont effectué leur première sortie dans l'espace samedi pour installer une nouvelle poutre sur la colonne vertébrale de la station, et devraient ressortir à encore deux reprises. Dès aujourd'hui, ils tenteront de remplacer un gyroscope endommagé de l'ISS.






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