Technologies - Souvenirs de vacances
Pour le moment, utiliser Internet aux Îles, c’est comme emprunter une belle autoroute entre Gaspé et Cap-aux-Meules et sortir sur une bretelle faite de gravier. Photo: Bruno Guglielminetti
Havre-aux-Maisons — Imaginez la scène. En pleines retrouvailles familiales, Éric se déplace vers l'ordinateur portable posé sur une table dans un grand atelier reconverti pour l'occasion en salon et salle à manger. Lorsque Éric a terminé, c'est mon beau-père qui emprunte l'ordinateur pour vérifier ses messages en provenance d'un service de rencontre en ligne. Derrière lui, la cousine Julie voudrait bien accéder à l'ordinateur pour vérifier les prévisions météorologiques afin de planifier les activités familiales du lendemain. Voilà une scène parmi tant d'autres lors du grand rendez-vous de ma belle famille au beau milieu des îles de la Madeleine, chez l'oncle Robert. Une famille branchée à l'image de bien des familles québécoises.
Il est toujours incroyable de voir à quel point Internet est devenu une commodité de tous les jours depuis quelques années. Comme le téléphone ou la télé. À un point tel que même l'accès au réseau est devenu un service qui fait la différence entre deux établissements hôteliers ou sites de camping. À l'instant, juste à côté de moi dans un café, une femme vient s'enquérir de la disponibilité du service Internet dans un site de camping pour choisir son lieu de séjour aux Îles.
Le hic, c'est qu'à l'occasion, certains lieux d'accueil exagèrent un peu sur la disponibilité de la chose. C'est notamment le cas d'un tenancier de chalet et de camping du Sillons où la direction promet l'accès Internet sans fil dans tous ses chalets et sur tout son terrain de camping alors que seules les premières unités du lot ont accès au service WiFi. Gare à la publicité mensongère!
Mais ailleurs dans l'archipel, Internet est bien là et très présent. Peut-être moins rapide que prévu, mais tranquillement, après tout ici on a le temps, Internet prend de la vitesse. Depuis quelques années, un câble avec de la fibre optique relie les Îles au continent et après une mise à niveau du réseau terrestre des îles de la Madeleine, la vitesse devrait rivaliser avec celle offerte dans les centres urbains du Québec. Mais pour le moment, utiliser Internet aux Îles, c'est comme emprunter une belle autoroute entre Gaspé et Cap-aux-Meules et sortir sur une bretelle faite de gravier.
Quelques semaines auparavant, la famille m'a également permis de voir un autre visage du Québec. Cette fois, une visite dans le Grand Nord québécois pour rendre visite à ma soeur qui habite Puvirnituq. Chanceux, j'étais sur place juste à temps pour voir les caribous passer par le village. D'ailleurs, à l'ère de YouTube, si vous désirez voir des images, passez visiter la section vidéo de Google ou Yahoo et vous verrez des images de mon périple en tapant le mot Puvirnituq.
Cette visite en territoire du Nunavik m'a notamment permis de découvrir comment ce vaste territoire est desservi par le mariage de la technologie du satellite et du WiMax. Le fournisseur d'accès Internet Tamaani offre ainsi à 14 communautés du Nunavik un service de base sans fil de 128 kbps. Ce n'est peut-être pas énorme, mais c'est quand même quatre fois plus rapide que le branchement par téléphone disponible auparavant. Cependant, pas assez rapide pour consommer Internet riche en contenu multimédia. Ici, pas question de passer des heures à regarder des vidéos sur YouTube et Tonclip.com. De plus, l'abonnement pour ce service coûte 60 dollars par mois et Tamaani limite l'utilisation du forfait de base à 500 Mo. Bref, une navigation d'un autre temps, mais qui assure un contact avec le monde extérieur.
Ce que je retiens aussi de cet été, de ces deux grands voyages sur notre territoire et à travers toutes les rencontres faites, c'est cette percée importante du réseau social Facebook. Tout comme MySpace chez les jeunes et certains moins jeunes l'an dernier, Facebook semble avoir le vent dans les voiles, alors que le service MySpace perd des plumes au pays. Une perception confirmée par le plus récent sondage sur ce sujet.
Donc, un réseau social réservé aux adultes, où il est possible de proposer un profil de soi et tisser un réseau de contact sur la toile. Chez nous, des gens de partout y sont présents. On retrouve aussi bien des gens sérieux, comme les journalistes Daniel Lessard et Sophie Thibault, des politiciens, comme Stéphane Dion ou Justin Trudeau, ou encore des citoyens actifs dans le «cyberQuébec», comme Chrystian Guy et Yves Williams, les créateurs de l'ex-Toile du Québec. Et puis, il y a aussi tous ces amis de l'école primaire, du cégep et de l'université qui reviennent vous donner des nouvelles. Et certains collègues du travail sont aussi sur Facebook. Bref, un réseau parallèle à la «vraie vie» qui permet de garder un contact avec ceux que l'on apprécie et ceux qui nous apprécient.
Maintenant, qu'est-ce qu'on y dévoile de sa personne sur Facebook? Ses intérêts, ses photos de famille, la dernière vidéo tournée lors d'un party où vous étiez pompette? Ça, c'est à soi-même de mettre la barrière de sa petite gêne personnelle. Mais il est évident qu'il faut être conscient que son profil est à la vue de son meilleur ami et aussi, à la vue de son collègue de travail et peut-être de son futur patron. Mais une fois cette prise de conscience faite, l'expérience en vaut la chandelle, surtout si vous avez perdu contact avec plusieurs personnes au fil des années.
***
Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno: www.radio-canada.ca/techno
bguglielminetti@ledevoir.com
Il est toujours incroyable de voir à quel point Internet est devenu une commodité de tous les jours depuis quelques années. Comme le téléphone ou la télé. À un point tel que même l'accès au réseau est devenu un service qui fait la différence entre deux établissements hôteliers ou sites de camping. À l'instant, juste à côté de moi dans un café, une femme vient s'enquérir de la disponibilité du service Internet dans un site de camping pour choisir son lieu de séjour aux Îles.
Le hic, c'est qu'à l'occasion, certains lieux d'accueil exagèrent un peu sur la disponibilité de la chose. C'est notamment le cas d'un tenancier de chalet et de camping du Sillons où la direction promet l'accès Internet sans fil dans tous ses chalets et sur tout son terrain de camping alors que seules les premières unités du lot ont accès au service WiFi. Gare à la publicité mensongère!
Mais ailleurs dans l'archipel, Internet est bien là et très présent. Peut-être moins rapide que prévu, mais tranquillement, après tout ici on a le temps, Internet prend de la vitesse. Depuis quelques années, un câble avec de la fibre optique relie les Îles au continent et après une mise à niveau du réseau terrestre des îles de la Madeleine, la vitesse devrait rivaliser avec celle offerte dans les centres urbains du Québec. Mais pour le moment, utiliser Internet aux Îles, c'est comme emprunter une belle autoroute entre Gaspé et Cap-aux-Meules et sortir sur une bretelle faite de gravier.
Quelques semaines auparavant, la famille m'a également permis de voir un autre visage du Québec. Cette fois, une visite dans le Grand Nord québécois pour rendre visite à ma soeur qui habite Puvirnituq. Chanceux, j'étais sur place juste à temps pour voir les caribous passer par le village. D'ailleurs, à l'ère de YouTube, si vous désirez voir des images, passez visiter la section vidéo de Google ou Yahoo et vous verrez des images de mon périple en tapant le mot Puvirnituq.
Cette visite en territoire du Nunavik m'a notamment permis de découvrir comment ce vaste territoire est desservi par le mariage de la technologie du satellite et du WiMax. Le fournisseur d'accès Internet Tamaani offre ainsi à 14 communautés du Nunavik un service de base sans fil de 128 kbps. Ce n'est peut-être pas énorme, mais c'est quand même quatre fois plus rapide que le branchement par téléphone disponible auparavant. Cependant, pas assez rapide pour consommer Internet riche en contenu multimédia. Ici, pas question de passer des heures à regarder des vidéos sur YouTube et Tonclip.com. De plus, l'abonnement pour ce service coûte 60 dollars par mois et Tamaani limite l'utilisation du forfait de base à 500 Mo. Bref, une navigation d'un autre temps, mais qui assure un contact avec le monde extérieur.
Ce que je retiens aussi de cet été, de ces deux grands voyages sur notre territoire et à travers toutes les rencontres faites, c'est cette percée importante du réseau social Facebook. Tout comme MySpace chez les jeunes et certains moins jeunes l'an dernier, Facebook semble avoir le vent dans les voiles, alors que le service MySpace perd des plumes au pays. Une perception confirmée par le plus récent sondage sur ce sujet.
Donc, un réseau social réservé aux adultes, où il est possible de proposer un profil de soi et tisser un réseau de contact sur la toile. Chez nous, des gens de partout y sont présents. On retrouve aussi bien des gens sérieux, comme les journalistes Daniel Lessard et Sophie Thibault, des politiciens, comme Stéphane Dion ou Justin Trudeau, ou encore des citoyens actifs dans le «cyberQuébec», comme Chrystian Guy et Yves Williams, les créateurs de l'ex-Toile du Québec. Et puis, il y a aussi tous ces amis de l'école primaire, du cégep et de l'université qui reviennent vous donner des nouvelles. Et certains collègues du travail sont aussi sur Facebook. Bref, un réseau parallèle à la «vraie vie» qui permet de garder un contact avec ceux que l'on apprécie et ceux qui nous apprécient.
Maintenant, qu'est-ce qu'on y dévoile de sa personne sur Facebook? Ses intérêts, ses photos de famille, la dernière vidéo tournée lors d'un party où vous étiez pompette? Ça, c'est à soi-même de mettre la barrière de sa petite gêne personnelle. Mais il est évident qu'il faut être conscient que son profil est à la vue de son meilleur ami et aussi, à la vue de son collègue de travail et peut-être de son futur patron. Mais une fois cette prise de conscience faite, l'expérience en vaut la chandelle, surtout si vous avez perdu contact avec plusieurs personnes au fil des années.
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Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à la Première chaîne de Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno: www.radio-canada.ca/techno
bguglielminetti@ledevoir.com
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