La vitamine D pour prévenir le cancer
Un article qui paraît aujourd'hui dans l'American Journal of Clinical Nutrition souligne plus distinctement que jamais le rôle de la vitamine D dans la prévention du cancer. Contrairement à la kyrielle d'analyses épidémiologiques publiées sur ce sujet chaud, il s'agit cette fois de la toute première étude clinique comparant l'administration d'un supplément de vitamine D à un placebo, et elle montre clairement que la vitamine D diminue le risque de développer divers cancers. Ces résultats marquants qui corroborent les vertus de la vitamine D ont incité la Société canadienne du cancer à diffuser aujourd'hui un avis dans lequel elle recommande aux Canadiens de prendre des suppléments de vitamine D durant les saisons automnale et hivernale.
Une multitude d'études épidémiologiques effectuées à l'aide de questionnaires cherchant à identifier les sources de vitamine D qu'absorbent les participants dans leur alimentation et visant à évaluer la durée de leur exposition au soleil ont révélé des corrélations entre la quantité de vitamine D et le risque de développer un cancer du sein, de la prostate ou du côlon. Mais «ces études épidémiologiques ne sont que des études d'observation dans lesquelles il est toujours possible que les associations, les liens que l'on voit soient dus à autre chose que la vitamine D. Il ne s'agit pas d'essais cliniques au cours desquels on peut administrer un supplément de vitamine D et qui nous permettraient d'établir un lien plus direct, voire causal, entre la vitamine D et le risque de certains cancers», avoue le Dr Jacques Brisson, de l'Université Laval, qui mène des études sur le rôle de la vitamine D dans la prévention du cancer du sein.
Or l'équipe de chercheurs de l'université de Creighton, au Nebraska, a justement mené ce genre d'étude clinique auprès de 1179 femmes âgées de plus de 55 ans qui ont été suivies pendant quatre ans alors qu'elles recevaient quotidiennement soit un supplément de calcium combiné à 1100 unités internationales (UI) de vitamine D3, soit un supplément de calcium seul, soit un placebo. «Les participantes ignoraient laquelle de ces trois formules leur était administrée», spécifie Joan Lappe, premier auteur de la publication qui révèle que, chez les femmes ayant reçu les suppléments de calcium et de vitamine D, le risque de développer un cancer était réduit d'environ 60 % par rapport à celles ayant pris le placebo.
Pour être certain que cette protection contre le cancer était attribuable à la vitamine D et non aussi au calcium, les chercheurs ont refait une seconde analyse en ne comptabilisant que les cancers apparus 12 mois après le début de l'étude afin d'exclure ceux qui étaient peut-être déjà présents ou en émergence avant que ne démarre l'étude, explique la chercheuse. Cette nouvelle analyse a ainsi divulgué que, dans le groupe de femmes auxquelles on avait administré la vitamine D et le calcium, la diminution du risque de cancer était encore plus grande, atteignant 77 % de réduction par rapport au groupe recevant le placebo. Plus important encore, «l'effet du calcium seul n'était plus statistiquement différent de celui du placebo, précise Joan Lappe. Ce qui nous permet d'affirmer que c'est la vitamine D qui induit l'effet le plus important.»
Cette étude clinique randomisée n'était toutefois pas la première à évaluer le lien entre la vitamine D et le cancer, rappellent les auteurs de l'article publié aujourd'hui. Dans le cadre du Women's Health Initiative (WHI), les scientifiques n'avaient observé aucun effet significatif de la vitamine D sur le cancer colorectal, indique Joan Lappe, tout en soulignant que la dose de vitamine D administrée dans cet autre essai clinique n'était que de 400 UI contrairement aux 1100 employées dans l'étude effectuée au Nebraska.
Pour un des experts mondiaux de la vitamine D, le Dr Reinhold Vieth, professeur au département des sciences nutritionnelles de l'université de Toronto, des suppléments d'au moins 1000 UI sont nécessaires pour obtenir une protection contre le cancer et d'autres maladies. À ses yeux, le fait que Santé de Canada ne recommande que 400 UI par jour est complètement ridicule. «Cette dose était conçue pour prévenir le rachitisme chez les nouveau-nés qui sont allaités par leur mère, dit-il. Un adulte est pourtant nettement plus gros qu'un bébé! Un adulte est au moins dix fois plus volumineux qu'un bébé, il devrait donc recevoir 4000 UI», indique le Dr Vieth.
L'accumulation de données sur les bienfaits de la vitamine D semble enfin éveiller les esprits. La Société canadienne du cancer doit annoncer aujourd'hui qu'elle recommande aux adultes habitant le Canada d'absorber quotidiennement des suppléments de 1000 UI de vitamine D durant l'automne et l'hiver.
Rappelons que les rayons ultraviolets induisent la synthèse de vitamine D dans la peau que l'on expose au soleil. «S'étendre au soleil de midi en maillot de bain pendant de courtes périodes de 20 minutes par jour permet de fabriquer entre 8000 et 10 000 UI sans se brûler la peau, précise le Dr Vieth. Mais compte tenu de la latitude à laquelle se situe le Canada, les rayons solaires qui nous atteignent en automne et en hiver sont beaucoup moins directs et donc nettement plus faibles, ce qui fait que notre peau ne parvient plus à produire suffisamment de vitamine D.» D'où l'importance de prendre des suppléments durant cette période. D'autres facteurs influencent la synthèse de vitamine D par la peau. C'est pourquoi la Société canadienne du cancer incite les personnes âgées, celles qui ont la peau foncée ou qui ne sortent pas souvent à à poursuivre leur consommation de suppléments de vitamine D toute l'année.
Une multitude d'études épidémiologiques effectuées à l'aide de questionnaires cherchant à identifier les sources de vitamine D qu'absorbent les participants dans leur alimentation et visant à évaluer la durée de leur exposition au soleil ont révélé des corrélations entre la quantité de vitamine D et le risque de développer un cancer du sein, de la prostate ou du côlon. Mais «ces études épidémiologiques ne sont que des études d'observation dans lesquelles il est toujours possible que les associations, les liens que l'on voit soient dus à autre chose que la vitamine D. Il ne s'agit pas d'essais cliniques au cours desquels on peut administrer un supplément de vitamine D et qui nous permettraient d'établir un lien plus direct, voire causal, entre la vitamine D et le risque de certains cancers», avoue le Dr Jacques Brisson, de l'Université Laval, qui mène des études sur le rôle de la vitamine D dans la prévention du cancer du sein.
Or l'équipe de chercheurs de l'université de Creighton, au Nebraska, a justement mené ce genre d'étude clinique auprès de 1179 femmes âgées de plus de 55 ans qui ont été suivies pendant quatre ans alors qu'elles recevaient quotidiennement soit un supplément de calcium combiné à 1100 unités internationales (UI) de vitamine D3, soit un supplément de calcium seul, soit un placebo. «Les participantes ignoraient laquelle de ces trois formules leur était administrée», spécifie Joan Lappe, premier auteur de la publication qui révèle que, chez les femmes ayant reçu les suppléments de calcium et de vitamine D, le risque de développer un cancer était réduit d'environ 60 % par rapport à celles ayant pris le placebo.
Pour être certain que cette protection contre le cancer était attribuable à la vitamine D et non aussi au calcium, les chercheurs ont refait une seconde analyse en ne comptabilisant que les cancers apparus 12 mois après le début de l'étude afin d'exclure ceux qui étaient peut-être déjà présents ou en émergence avant que ne démarre l'étude, explique la chercheuse. Cette nouvelle analyse a ainsi divulgué que, dans le groupe de femmes auxquelles on avait administré la vitamine D et le calcium, la diminution du risque de cancer était encore plus grande, atteignant 77 % de réduction par rapport au groupe recevant le placebo. Plus important encore, «l'effet du calcium seul n'était plus statistiquement différent de celui du placebo, précise Joan Lappe. Ce qui nous permet d'affirmer que c'est la vitamine D qui induit l'effet le plus important.»
Cette étude clinique randomisée n'était toutefois pas la première à évaluer le lien entre la vitamine D et le cancer, rappellent les auteurs de l'article publié aujourd'hui. Dans le cadre du Women's Health Initiative (WHI), les scientifiques n'avaient observé aucun effet significatif de la vitamine D sur le cancer colorectal, indique Joan Lappe, tout en soulignant que la dose de vitamine D administrée dans cet autre essai clinique n'était que de 400 UI contrairement aux 1100 employées dans l'étude effectuée au Nebraska.
Pour un des experts mondiaux de la vitamine D, le Dr Reinhold Vieth, professeur au département des sciences nutritionnelles de l'université de Toronto, des suppléments d'au moins 1000 UI sont nécessaires pour obtenir une protection contre le cancer et d'autres maladies. À ses yeux, le fait que Santé de Canada ne recommande que 400 UI par jour est complètement ridicule. «Cette dose était conçue pour prévenir le rachitisme chez les nouveau-nés qui sont allaités par leur mère, dit-il. Un adulte est pourtant nettement plus gros qu'un bébé! Un adulte est au moins dix fois plus volumineux qu'un bébé, il devrait donc recevoir 4000 UI», indique le Dr Vieth.
L'accumulation de données sur les bienfaits de la vitamine D semble enfin éveiller les esprits. La Société canadienne du cancer doit annoncer aujourd'hui qu'elle recommande aux adultes habitant le Canada d'absorber quotidiennement des suppléments de 1000 UI de vitamine D durant l'automne et l'hiver.
Rappelons que les rayons ultraviolets induisent la synthèse de vitamine D dans la peau que l'on expose au soleil. «S'étendre au soleil de midi en maillot de bain pendant de courtes périodes de 20 minutes par jour permet de fabriquer entre 8000 et 10 000 UI sans se brûler la peau, précise le Dr Vieth. Mais compte tenu de la latitude à laquelle se situe le Canada, les rayons solaires qui nous atteignent en automne et en hiver sont beaucoup moins directs et donc nettement plus faibles, ce qui fait que notre peau ne parvient plus à produire suffisamment de vitamine D.» D'où l'importance de prendre des suppléments durant cette période. D'autres facteurs influencent la synthèse de vitamine D par la peau. C'est pourquoi la Société canadienne du cancer incite les personnes âgées, celles qui ont la peau foncée ou qui ne sortent pas souvent à à poursuivre leur consommation de suppléments de vitamine D toute l'année.
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