Dans une galaxie près de chez nous
Photo : Agence Reuters
Le Soleil pourrait être happé par une autre galaxie.
Soyons prévenus! Notre galaxie, la Voie lactée, entrera en collision avec sa voisine, la galaxie d'Andromède, quelques milliards d'années plus tôt qu'on ne l'avait imaginé. La fusion entre les deux galaxies aurait ainsi lieu avant que notre soleil ne s'éteigne. À l'aide d'un logiciel de simulations cosmologiques, dénommé Gadget-2, Abraham Loeb et Thomas Cox, du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics de Cambridge au Massachusetts, ont modélisé avec une précision inégalée la rencontre explosive au cours de laquelle notre soleil serait vraisemblablement éjecté dans l'espace intersidéral plutôt que d'être phagocyté par la galaxie d'Andromède.
Dans leur simulation, les deux chercheurs ont pris en compte les plus récentes données sur le mouvement des galaxies d'Andromède et de la Voie lactée ainsi que sur l'influence de la matière sombre sur leurs déplacements. Rappelons que la matière sombre qui compose le quart de l'univers est imperceptible à nos yeux. La force gravitationnelle qu'elle déploie et qui influence son entourage a permis d'en découvrir l'existence.
On sait depuis longtemps que la Voie lactée et Andromède, deux galaxies géantes appartenant au même ensemble galactique, dénommé «Groupe local», s'attirent mutuellement et que cette attraction devrait aboutir à une collision, voire à une fusion des deux nébuleuses dans un avenir néanmoins très lointain. «La trentaine de galaxies composant le Groupe local sont relativement près les unes des autres, ce qui fait qu'elles s'attirent mutuellement sous l'influence de leur force gravitationnelle», explique l'astrophysicien Robert Lamontagne.
Les collisions entre les galaxies sont un phénomène courant qui n'est pas instantané mais qui s'étale sur plusieurs millions d'années, poursuit le professeur de l'Université de Montréal. La petite galaxie du Sagittaire qui fait partie du Groupe local frappe actuellement notre galaxie et l'impact risque fort de la déformer complètement.
La collision entre la Voie lactée et Andromède sera bien sûr beaucoup plus spectaculaire puisqu'elle devrait provoquer l'éjection de notre système solaire.
En 1959, avec les connaissances de l'époque, on avait déterminé que les deux galaxies terminaient une révolution de leur mouvement orbital et qu'elles se frôleraient de nouveau dans environ quatre milliards d'années. Ces prédictions avaient été faites alors qu'on ignorait que toutes les galaxies baignaient dans une substance massive et invisible, la matière sombre. Or cette masse additionnelle — apportée par la matière sombre — accroît l'attraction gravitationnelle entre la Voie lactée et Andromède, et accélère de ce fait leur rapprochement. En tenant compte de cette présence invisible, Loeb et Cox ont calculé que la prochaine rencontre entre les deux galaxies aurait lieu dans moins de deux milliards d'années. Que, pendant une période de 500 000 ans, des étoiles appartenant aux deux galaxies se croiseraient. Plusieurs d'entre elles seraient perturbées par les influences gravitationelles en jeu et pourraient être expulsées de leur propre galaxie ou happées par la voisine. Selon les deux scientifiques, notre soleil devrait quant à lui demeurer dans le giron de la Voie lactée à sa position actuelle, soit à 26 000 années-lumière du centre de la galaxie. Les risques qu'il soit éjecté de la Voie lactée et se retrouve dans une traînée de matériaux distante de quelque 65 000 années-lumière du coeur de la galaxie ne seraient que de 12 %.
Après cette rencontre au cours de laquelle on ne prévoit pas d'impacts majeurs, les deux galaxies s'éloigneront de nouveau et se rejoindront pour finalement fusionner dans quelque cinq milliards d'années. Elles formeront alors une seule et immense galaxie elliptique pivotant sur elle-même, contenant plusieurs centaines de milliards d'étoiles, à laquelle les deux scientifiques ont donné le nom de Mikomeda.
Lors de l'ultime approche, il y aura 30 possibilités sur 100 que le Soleil soit éjecté de la Voie lactée, estiment Loeb et Cox. Ce risque grimpera à 48 % après la collision. Et il atteindra 68 % une fois que tous les débris auront fusionné en une seule et même galaxie.
La possibilité que le Soleil soit accaparé par la galaxie d'Andromède avant que ne se forme la géante Mikomeda est très mince, ne dépassant pas les 2,7 %.
Si le scénario se déroule tel que le prédisent les deux chercheurs, ceux-ci affirment qu'il est concevable que des humains, voire des astronomes, habitent toujours la Terre et puissent être témoins de leur propre fuite dans l'espace intergalactique. N'est-ce pas un avenir palpitant pour nos descendants?
Dans leur simulation, les deux chercheurs ont pris en compte les plus récentes données sur le mouvement des galaxies d'Andromède et de la Voie lactée ainsi que sur l'influence de la matière sombre sur leurs déplacements. Rappelons que la matière sombre qui compose le quart de l'univers est imperceptible à nos yeux. La force gravitationnelle qu'elle déploie et qui influence son entourage a permis d'en découvrir l'existence.
On sait depuis longtemps que la Voie lactée et Andromède, deux galaxies géantes appartenant au même ensemble galactique, dénommé «Groupe local», s'attirent mutuellement et que cette attraction devrait aboutir à une collision, voire à une fusion des deux nébuleuses dans un avenir néanmoins très lointain. «La trentaine de galaxies composant le Groupe local sont relativement près les unes des autres, ce qui fait qu'elles s'attirent mutuellement sous l'influence de leur force gravitationnelle», explique l'astrophysicien Robert Lamontagne.
Les collisions entre les galaxies sont un phénomène courant qui n'est pas instantané mais qui s'étale sur plusieurs millions d'années, poursuit le professeur de l'Université de Montréal. La petite galaxie du Sagittaire qui fait partie du Groupe local frappe actuellement notre galaxie et l'impact risque fort de la déformer complètement.
La collision entre la Voie lactée et Andromède sera bien sûr beaucoup plus spectaculaire puisqu'elle devrait provoquer l'éjection de notre système solaire.
En 1959, avec les connaissances de l'époque, on avait déterminé que les deux galaxies terminaient une révolution de leur mouvement orbital et qu'elles se frôleraient de nouveau dans environ quatre milliards d'années. Ces prédictions avaient été faites alors qu'on ignorait que toutes les galaxies baignaient dans une substance massive et invisible, la matière sombre. Or cette masse additionnelle — apportée par la matière sombre — accroît l'attraction gravitationnelle entre la Voie lactée et Andromède, et accélère de ce fait leur rapprochement. En tenant compte de cette présence invisible, Loeb et Cox ont calculé que la prochaine rencontre entre les deux galaxies aurait lieu dans moins de deux milliards d'années. Que, pendant une période de 500 000 ans, des étoiles appartenant aux deux galaxies se croiseraient. Plusieurs d'entre elles seraient perturbées par les influences gravitationelles en jeu et pourraient être expulsées de leur propre galaxie ou happées par la voisine. Selon les deux scientifiques, notre soleil devrait quant à lui demeurer dans le giron de la Voie lactée à sa position actuelle, soit à 26 000 années-lumière du centre de la galaxie. Les risques qu'il soit éjecté de la Voie lactée et se retrouve dans une traînée de matériaux distante de quelque 65 000 années-lumière du coeur de la galaxie ne seraient que de 12 %.
Après cette rencontre au cours de laquelle on ne prévoit pas d'impacts majeurs, les deux galaxies s'éloigneront de nouveau et se rejoindront pour finalement fusionner dans quelque cinq milliards d'années. Elles formeront alors une seule et immense galaxie elliptique pivotant sur elle-même, contenant plusieurs centaines de milliards d'étoiles, à laquelle les deux scientifiques ont donné le nom de Mikomeda.
Lors de l'ultime approche, il y aura 30 possibilités sur 100 que le Soleil soit éjecté de la Voie lactée, estiment Loeb et Cox. Ce risque grimpera à 48 % après la collision. Et il atteindra 68 % une fois que tous les débris auront fusionné en une seule et même galaxie.
La possibilité que le Soleil soit accaparé par la galaxie d'Andromède avant que ne se forme la géante Mikomeda est très mince, ne dépassant pas les 2,7 %.
Si le scénario se déroule tel que le prédisent les deux chercheurs, ceux-ci affirment qu'il est concevable que des humains, voire des astronomes, habitent toujours la Terre et puissent être témoins de leur propre fuite dans l'espace intergalactique. N'est-ce pas un avenir palpitant pour nos descendants?
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