vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Dans une galaxie près de chez nous

Le Soleil pourrait être happé par une autre galaxie.
Photo : Agence Reuters
Le Soleil pourrait être happé par une autre galaxie.
Soyons prévenus! Notre galaxie, la Voie lactée, entrera en collision avec sa voisine, la galaxie d'Andromède, quelques milliards d'années plus tôt qu'on ne l'avait imaginé. La fusion entre les deux galaxies aurait ainsi lieu avant que notre soleil ne s'éteigne. À l'aide d'un logiciel de simulations cosmologiques, dénommé Gadget-2, Abraham Loeb et Thomas Cox, du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics de Cambridge au Massachusetts, ont modélisé avec une précision inégalée la rencontre explosive au cours de laquelle notre soleil serait vraisemblablement éjecté dans l'espace intersidéral plutôt que d'être phagocyté par la galaxie d'Andromède.

Dans leur simulation, les deux chercheurs ont pris en compte les plus récentes données sur le mouvement des galaxies d'Andromède et de la Voie lactée ainsi que sur l'influence de la matière sombre sur leurs déplacements. Rappelons que la matière sombre qui compose le quart de l'univers est imperceptible à nos yeux. La force gravitationnelle qu'elle déploie et qui influence son entourage a permis d'en découvrir l'existence.

On sait depuis longtemps que la Voie lactée et Andromède, deux galaxies géantes appartenant au même ensemble galactique, dénommé «Groupe local», s'attirent mutuellement et que cette attraction devrait aboutir à une collision, voire à une fusion des deux nébuleuses dans un avenir néanmoins très lointain. «La trentaine de galaxies composant le Groupe local sont relativement près les unes des autres, ce qui fait qu'elles s'attirent mutuellement sous l'influence de leur force gravitationnelle», explique l'astrophysicien Robert Lamontagne.

Les collisions entre les galaxies sont un phénomène courant qui n'est pas instantané mais qui s'étale sur plusieurs millions d'années, poursuit le professeur de l'Université de Montréal. La petite galaxie du Sagittaire qui fait partie du Groupe local frappe actuellement notre galaxie et l'impact risque fort de la déformer complètement.

La collision entre la Voie lactée et Andromède sera bien sûr beaucoup plus spectaculaire puisqu'elle devrait provoquer l'éjection de notre système solaire.

En 1959, avec les connaissances de l'époque, on avait déterminé que les deux galaxies terminaient une révolution de leur mouvement orbital et qu'elles se frôleraient de nouveau dans environ quatre milliards d'années. Ces prédictions avaient été faites alors qu'on ignorait que toutes les galaxies baignaient dans une substance massive et invisible, la matière sombre. Or cette masse additionnelle — apportée par la matière sombre — accroît l'attraction gravitationnelle entre la Voie lactée et Andromède, et accélère de ce fait leur rapprochement. En tenant compte de cette présence invisible, Loeb et Cox ont calculé que la prochaine rencontre entre les deux galaxies aurait lieu dans moins de deux milliards d'années. Que, pendant une période de 500 000 ans, des étoiles appartenant aux deux galaxies se croiseraient. Plusieurs d'entre elles seraient perturbées par les influences gravitationelles en jeu et pourraient être expulsées de leur propre galaxie ou happées par la voisine. Selon les deux scientifiques, notre soleil devrait quant à lui demeurer dans le giron de la Voie lactée à sa position actuelle, soit à 26 000 années-lumière du centre de la galaxie. Les risques qu'il soit éjecté de la Voie lactée et se retrouve dans une traînée de matériaux distante de quelque 65 000 années-lumière du coeur de la galaxie ne seraient que de 12 %.

Après cette rencontre au cours de laquelle on ne prévoit pas d'impacts majeurs, les deux galaxies s'éloigneront de nouveau et se rejoindront pour finalement fusionner dans quelque cinq milliards d'années. Elles formeront alors une seule et immense galaxie elliptique pivotant sur elle-même, contenant plusieurs centaines de milliards d'étoiles, à laquelle les deux scientifiques ont donné le nom de Mikomeda.

Lors de l'ultime approche, il y aura 30 possibilités sur 100 que le Soleil soit éjecté de la Voie lactée, estiment Loeb et Cox. Ce risque grimpera à 48 % après la collision. Et il atteindra 68 % une fois que tous les débris auront fusionné en une seule et même galaxie.

La possibilité que le Soleil soit accaparé par la galaxie d'Andromède avant que ne se forme la géante Mikomeda est très mince, ne dépassant pas les 2,7 %.

Si le scénario se déroule tel que le prédisent les deux chercheurs, ceux-ci affirment qu'il est concevable que des humains, voire des astronomes, habitent toujours la Terre et puissent être témoins de leur propre fuite dans l'espace intergalactique. N'est-ce pas un avenir palpitant pour nos descendants?






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Normand Chaput
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 01h32
    avis aux ecologistes
    « Il faudrait conserver la terre telle qu elle est maintenant...jusqu a l echafaud? »

  • Christian Rheault
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 03h07
    Quoi ???
    « "Si le scénario se déroule tel que le prédisent les deux chercheurs, ceux-ci affirment qu'il est concevable que des humains, voire des astronomes, habitent toujours la Terre" ...

    Dans 5 MILLIARDS d'années ???

    Wo menute ... Nous avons à peu près terminé de détruire notre écosystème en moins de 100 ans et la plupart des scientifiques se disent "volontairement optimistes" pour la survie de l'espèce humaine dans un avenir rapproché (lire entre les lignes : Etre réaliste n'est d'aucune utilité et serait même dangeureux pour la cohésion sociale).

    5 milliards d'années ? Désolé, il ne restera plus que les rats, les fourmis et peut-être Cher (la chanteuse) pour contempler le spectacle.

    Pffff !!! Allons donc ... Qu'est-ce qu'on a comme manie de s'estimer indispensables nous les humains ... »

  • Mme et M. JMR et IJ
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 08h16
    Dans le ciel du Québec
    « Soyons éclairé, le parlement Québécois sera, demain vendredi, le spectacle politique d'un fait historique. En effet, la galaxie Charest entrera en collusion avec la galaxie Dumont et la petite comète PQ nous épargnera peut-être de l'explosion parlementaire si elle fusionne doucement avec la galaxie Charest. Cependant il est inévitable que le nouvel arrangement parlementaire soit de courte durée. On pense qu'il y aura choc de nouveau lors de la prochaine entrée de la comète Pauline. ivan jobin »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 08h44
    Si descendants il y a
    « «C'est un beau roman, c'est une belle histoire» que nous font là Pauline Gravel et les deux chercheurs de Harvard. Pensons-y : nos descendants «témoins de leur propre fuite dans l'espace intergalactique» ! Mais soyons un peu réaliste. La descendance vivante des dinosaures s'est calculée en millions d'années. Et ils étaient solides, ces grands sauriens ! Je veux bien croire que nous avons sur eux l'avantage de l'intelligence. Mais justement, notre intelligence, de toute évidence plus grande que la leur, ne devrait-elle pas nous rendre un peu réalistes sur nos chances de durer encore un bon quatre milliards d'années. Car c'est seulement là, si j'ai bien compris, que notre soleil aurait des chances d'être éjecté dans l'espace intergalactique. Supposons très imaginairement que nous ayons encore des descendants vivants à ce moment-là, comment pourraient-ils résister à une telle éjection du soleil ? Car rien de cela ne se ferait en douce et il risque d'y avoir de la chauffe ! D'ailleurs notre soleil ne serait-il pas déjà en gonflement pour englober et brûler la Terre et Mars ? Un peu plus de réalisme, svp ! Il serait déjà beau que quelques insectes profondément enfouis sous la surface se soient rendus jusque là. Je doute grandement de leur capacité de témoigner d'une telle «fuite» de leur soleil... Mais soyons beau joueur : «c'est un beau roman.» Merci quand même de nous avoir prévenus. »

  • Christiane Gervais
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 09h39
    Bienheureux les simples et les scientifiques...
    « Que ce doit être réjouissant que de s'emballer pour de telles nouvelles et surtout d'y mettre toute la passion dont on est capable! Oui, vraiment, je vous envie! »

  • Jacques Pauzé
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 11h11
    Les devins
    « Quand on constate qu'on est pas foutus de prévoir correctement la météo une journée à l'avance... On repassera pour les prévisions sidérales de millions d'années d'avance...

    C'est vraiment du pelletage d'étoiles...

    JPA »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    jeudi 31 mai 2007 12h21
    Édifier la Civilisation humaine
    « «...qu'il est concevable que des humains, voire des astronomes, habitent toujours la Terre...»

    Des robots astronomes, plutôt ?... Télécommandés de la Nouvelle-Terre... que nous aurons colonisés entre-temps, si jamais nous nous montrons capables d'édifier une Civilisation humaine aussi viable que les possibilités d'évolution créatrice de notre génome...
    Pour cela, encore faudrait-il laisser tomber la poursuite du Profit comme une fin en soi, base de toute l'activité socio-économique actuelle.
    Le droitiste pour imposer par la force une idéologie à si courte vue, nourrit d'ailleurs une vision très pessimiste et négative de la téléologie humaine, à l'image du Cosmos chaotique : inutile de nous socialiser davantage puisque nous sommes voués à disparaître ! »

  • Alexandre-Frédérik Joly
    Inscrit
    jeudi 31 mai 2007 13h07
    Le temps est une illusion
    « Je suis d'accord avec M. Rheault, davantage, que me études en anthropologie m'ont démontré, qu'encore en 2007, personne ne s'entend vraiment sur l'origine de notre civilisation, soit il y a 12 000 ou 5 000 (la deuxième étant plus souvent retenue ( Moïse ou Summer). Alors terminer un article sur une nouvelle d'astro-physique avec un optimiste astronomique est ma fois assez «kétaine» Sachez Madame Gravel, qu'en astronomie, et davantage en cosmologie, le temps n'est qu'une illusion non mesurable et que l'entré de Sagitaire dans la Voie Lacté c'est passé il y a déjà 43 secondes lumières ou 5173 ans...
    Bonne chance ! »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 15h19
    Quel dommage !
    « Devant une telle perspective, je déplore ne pas être croyant, ce qui me permettrait de rêver de regarder le grand cirque intergallactique du haut du ciel, voire du bas de l'enfer !
    Dommage, une autre occasion manquée !
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Christian Rheault
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 16h06
    Merci, Ô Madame Gervais ...
    « La vue doit vraiment être fantastique de là haut où vous êtes ...

    SVP guidez-nous, Déesse de Riche Satin ... »

  • Alain Senécal
    Abonné
    jeudi 31 mai 2007 22h36
    Hé bien!
    « J'ai hâte de voir ça! »

  • Claude Rompré
    Abonné
    vendredi 1 juin 2007 10h03
    Plan B
    « Ah, bon, l'Univers aurait donc un plan B pour assurer la continuité de la vie sur la Terre. C'est pas beau, ça? »

  • D F
    Inscrite
    vendredi 1 juin 2007 21h17
    Des lecteurs BCBG ennuyants
    « Personne n'a détecté la légère ironie du texte de Madame Gravel? On tue le messager?
    Come on, gang!
    Denise Fournier »

  • Christiane Gervais
    Abonné
    jeudi 13 septembre 2007 16h27
    Pôôôôvre monsieur Rhéault!
    « L'anagramme vous connaissez? Et l'ironie? »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
14 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009