Institut de design Montréal - Vers d'autres défis
« Soutenir Montréal en tant que ville internationale du design »
Eleni Stavridou, directrice de l’Institut de design Montréal
La grande nouvelle qui fera sans doute beaucoup jaser dans le monde du design montréalais est le départ de Mme Eleni Stavridou de la direction de l'Institut de design Montréal. En poste depuis 1989, Eleni Stavridou a été et demeure une figure importante du design montréalais. Entrevue.
«Nous avons décidé, Bernard Lamarre, le président du conseil d'administration, et moi-même, de tirer notre révérence au début du mois de juin. D'une part, je ne rajeunis pas, et d'autre part, je crois que le mandat que je m'étais donné en prenant la direction est aujourd'hui une mission accomplie. Je voulais faire de Montréal une ville de design et je voulais placer Montréal sur la carte internationale du design. Je crois que c'est fait.»
Elle croit aussi que le temps est venu de procéder à une réflexion approfondie, pratique et intellectuelle sur l'Institut de design Montréal et sur son rôle, son orientation et son avenir. «Je pense qu'il faut procéder à un repositionnement de l'Institut. Mais quelle direction doit-on prendre? C'est difficile pour moi d'être objective à cet égard. C'est pourquoi que je préfère que le milieu engage un débat à ce sujet et qu'il se prononce sur ce qu'il veut que soit l'Institut. Ce repositionnement, c'est le milieu qui doit le faire.»
Deux nouveaux projets
Mais Mme Stavridou ne quitte pas le navire en se tournant les pouces. Le projet qu'elle caresse, soit de réunir à Montréal suffisamment de sièges sociaux d'associations et d'organismes internationaux de design pour y créer un centre international et interprofessionnel de design, a franchi un nouveau pas. «L'International Federation of Interior, qui regroupe les architectes et les designers d'intérieur, a choisi de venir à Montréal.» Elle se joindra aux deux autres associations, l'International Council of Graphic Design (Icograda) et l'International Council of Societies of Industrial Designers (ICSID) qui ont choisi Montréal et qui forment aujourd'hui l'Alliance internationale du design.
Elle a aussi travaillé très fort afin que Montréal obtienne, en 2011, le congrès de l'Alliance internationale de design. «Ce congrès sera LE grand congrès du design dans le monde et sa venue fournira une excellente image de marque à Montréal en tant que ville internationale du design.» Elle s'est rendue cette semaine à Séoul présenter la candidature de Montréal qui affronte, dans le dernier droit, les villes de Melbourne, Bangkok, Buenos Aires et Taipei. «La concurrence est forte et les candidatures aussi, mais je crois que Montréal a les atouts qu'il faut pour l'emporter. De toute façon, il faut être en mesure d'organiser des congrès importants si l'on veut soutenir Montréal en tant que ville internationale du design.»
La réponse officielle sera connue dans les semaines à venir. Par ailleurs, si ce congrès a lieu à Montréal, Mme Stavridou agira en tant que commissaire du congrès, ce qui retardera quelque peu sa retraite du monde du design. Elle participera aussi à des mini-congrès qui se tiendront en Asie, en Amérique latine et en Europe et qui serviront d'événements préparatoires en vue du congrès de 2011.
L'importance d'une discipline
S'il existe un secret de Polichinelle dans le milieu du design montréalais, c'est la passion que Mme Stavridou éprouve pour le design. «Mon coeur est toujours là. J'adore le design et j'aime Montréal.» C'est la raison pour laquelle elle espère qu'après son départ, «les bailleurs de fonds vont continuer à soutenir Montréal et l'Institut.»
Elle qui a passé une partie de sa carrière à convaincre les décideurs de l'importance du design déplore le fait qu'aucun gouvernement du Québec n'ait accouché d'une politique nationale du design. «Une politique nationale du design indiquerait clairement la volonté politique de soutenir le design. Il est toujours plus facile d'obtenir le soutien financier pour des projets lorsque, au départ, on a le soutien moral des politiciens et du gouvernement.»
Elle ne comprend pas non plus que Montréal ne possède pas de Maison du design, comme on en trouve dans plusieurs autres villes. «L'Unesco a reconnu Montréal en tant que Ville internationale du design et nous n'avons même pas une maison digne de ce nom.»
Selon Mme Stavridou, le design ne doit plus se limiter aujourd'hui à la création d'objets pratiques et esthétiques. D'autres défis se posent désormais. «On doit s'interroger sur la place du design sur cette planète.» L'un des défis qu'aura à relever le design dans les années à venir est celui du vieillissement de la population. «Cela va influencer la façon dont nous concevons l'urbanisme, l'habitation et les transports, entre autres.» Et puis il y a le défi que pose l'écodesign. «Là aussi, il s'agit d'un nouvel enjeu appelé à prendre plus d'importance.» Devant de pareils défis, Montréal se doit de conserver son statut de Ville du design. «Mais je demeure optimiste, conclut-elle, Montréal y arrivera.»
***
Collaborateur du Devoir
«Nous avons décidé, Bernard Lamarre, le président du conseil d'administration, et moi-même, de tirer notre révérence au début du mois de juin. D'une part, je ne rajeunis pas, et d'autre part, je crois que le mandat que je m'étais donné en prenant la direction est aujourd'hui une mission accomplie. Je voulais faire de Montréal une ville de design et je voulais placer Montréal sur la carte internationale du design. Je crois que c'est fait.»
Elle croit aussi que le temps est venu de procéder à une réflexion approfondie, pratique et intellectuelle sur l'Institut de design Montréal et sur son rôle, son orientation et son avenir. «Je pense qu'il faut procéder à un repositionnement de l'Institut. Mais quelle direction doit-on prendre? C'est difficile pour moi d'être objective à cet égard. C'est pourquoi que je préfère que le milieu engage un débat à ce sujet et qu'il se prononce sur ce qu'il veut que soit l'Institut. Ce repositionnement, c'est le milieu qui doit le faire.»
Deux nouveaux projets
Mais Mme Stavridou ne quitte pas le navire en se tournant les pouces. Le projet qu'elle caresse, soit de réunir à Montréal suffisamment de sièges sociaux d'associations et d'organismes internationaux de design pour y créer un centre international et interprofessionnel de design, a franchi un nouveau pas. «L'International Federation of Interior, qui regroupe les architectes et les designers d'intérieur, a choisi de venir à Montréal.» Elle se joindra aux deux autres associations, l'International Council of Graphic Design (Icograda) et l'International Council of Societies of Industrial Designers (ICSID) qui ont choisi Montréal et qui forment aujourd'hui l'Alliance internationale du design.
Elle a aussi travaillé très fort afin que Montréal obtienne, en 2011, le congrès de l'Alliance internationale de design. «Ce congrès sera LE grand congrès du design dans le monde et sa venue fournira une excellente image de marque à Montréal en tant que ville internationale du design.» Elle s'est rendue cette semaine à Séoul présenter la candidature de Montréal qui affronte, dans le dernier droit, les villes de Melbourne, Bangkok, Buenos Aires et Taipei. «La concurrence est forte et les candidatures aussi, mais je crois que Montréal a les atouts qu'il faut pour l'emporter. De toute façon, il faut être en mesure d'organiser des congrès importants si l'on veut soutenir Montréal en tant que ville internationale du design.»
La réponse officielle sera connue dans les semaines à venir. Par ailleurs, si ce congrès a lieu à Montréal, Mme Stavridou agira en tant que commissaire du congrès, ce qui retardera quelque peu sa retraite du monde du design. Elle participera aussi à des mini-congrès qui se tiendront en Asie, en Amérique latine et en Europe et qui serviront d'événements préparatoires en vue du congrès de 2011.
L'importance d'une discipline
S'il existe un secret de Polichinelle dans le milieu du design montréalais, c'est la passion que Mme Stavridou éprouve pour le design. «Mon coeur est toujours là. J'adore le design et j'aime Montréal.» C'est la raison pour laquelle elle espère qu'après son départ, «les bailleurs de fonds vont continuer à soutenir Montréal et l'Institut.»
Elle qui a passé une partie de sa carrière à convaincre les décideurs de l'importance du design déplore le fait qu'aucun gouvernement du Québec n'ait accouché d'une politique nationale du design. «Une politique nationale du design indiquerait clairement la volonté politique de soutenir le design. Il est toujours plus facile d'obtenir le soutien financier pour des projets lorsque, au départ, on a le soutien moral des politiciens et du gouvernement.»
Elle ne comprend pas non plus que Montréal ne possède pas de Maison du design, comme on en trouve dans plusieurs autres villes. «L'Unesco a reconnu Montréal en tant que Ville internationale du design et nous n'avons même pas une maison digne de ce nom.»
Selon Mme Stavridou, le design ne doit plus se limiter aujourd'hui à la création d'objets pratiques et esthétiques. D'autres défis se posent désormais. «On doit s'interroger sur la place du design sur cette planète.» L'un des défis qu'aura à relever le design dans les années à venir est celui du vieillissement de la population. «Cela va influencer la façon dont nous concevons l'urbanisme, l'habitation et les transports, entre autres.» Et puis il y a le défi que pose l'écodesign. «Là aussi, il s'agit d'un nouvel enjeu appelé à prendre plus d'importance.» Devant de pareils défis, Montréal se doit de conserver son statut de Ville du design. «Mais je demeure optimiste, conclut-elle, Montréal y arrivera.»
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